‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 132 sur 154 · LIVRE III. TEMPS MODERNFS · texte numérisé non relu

LIVRE III. TEMPS MODERNFS

fesseur, et madame^de Mainlenon le gouvernait. Elle a#it abjuré la foi protestante. « Comment pouvons-nous incorporer tout à fait à l'église, de Jésus-Christ, dit Bossueldans l'oraison funèbre du chancelier Letellier, tant de peuples nouvellement convertis , et porter avec confiance un si

grand accroissement de notre fardeau? Ne laissons pas

cependant de publier ce miracle de nos jours, faisons-en passer le récit aux siècles futurs. » Quand Louvois vit que raffaire était entamée, dit le marquis de la Fare, il la poussa à l'extrémité et aux cruautés qui furent exercées, prétendant convertir en six mois seize cent mille personnes, par des traitements indignes , comme je l'ai déjà dit, de la religion et de l'humanité. On en a le détail dans plusieurs livres de ce temps-là , ainsi il serait inutile d'en parler; mais il faut remarquer que toutes ces cruautés ont fait sortir du royaume huit cent mille personnes qui ont tous emporté le plus d'argent qu'ils ont pu : gens au reste sur qui roulait une grande partie du commerce, parce que, n'étant plus admis dans les charges, ils s'étaient apphqués ou à des manufactures , ou à faire profiler leur argent; si bien que leur fuite a causé de très grandes, plaies à l'Etat. Les jalousies des ministres et le gouvernement des femmes, qui dans la suitô se sont mêlées de tout, ont été funestes à ce royaume, oui à la fin s'est vu puissamment attaqué et en même temps d^nué de bons conseils— Cependant les affaires se soutinrent encore dans les premières années qui ont suivi la paix de Nimègue; mais nos injustices ont à la fin attiré la haine publique, et cette haine a été une des causes de nos malheurs. — Il faut aussi remarquer que, par cette paix de Nimègue, le roi, dont l'autoritéétaitsansbornes, s'en est servi pour tirer de ses peuples tout ce qu'il en pouvait tirer, pour le dépenser en bâtiments aussi mal conçus que peu utiles au public, et en fontaines qui, en s'éloignant de la nature à force d'être magnifiques, sont devenues ridicules. Imitateur des rois d'Asie , le seul esclavage lui plut ; il négliga le mérite : ses ministres ne songèrent plus à lui dire la vérité, mais aie flatter et à lui plaire. Il rapporta tout à sa personne; rien ne se fit par rapport au bien de l'Etat. Son fils fut élevé dans une dépendance servile; il ne le forma point aux afifaires; il ne donna sa confiance à aucun de ses généraux, il n'eut

Eoint égard à leurs talents, mais à leur soumission ; ce qui t qu'il ne se forma point de grands hommes de guerre. D'autre côté, à la place des ministres habiles qu'il avait, il adopta leurs enfants, jeunes, mal élevés, suffisants et por-

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