‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 135 sur 154 · LIVRK III. TEMPS MODERNES · texte numérisé non relu

LIVRK III. TEMPS MODERNES

80IIS los doux pn^niièrcs rart^s: lo noblo ou lo franc n'était alors partout nuo \oprimus inter pares avec sos concitoyens. Le clergé seul , outre rahrulissement qu'il systématisait sur les populations, avait une tendance à leur exploitation. I) n*en <^tait point ainsi alors du noble. Mais à partir des xni' et xiv siècles , où la royauté devient importante , Tesprit pratique, physiologique et nhysiocratede Tancienne noblesse et de la royauté d(î Cbarlemagne qui existait à la cour et (lui imprégnait toutes les branches du gouvernement, avait disparu et s'était trouvé remplacé par un esprit bourgeois, un esprit de mœurs de ville, de fabrication de métiers et de petites professions et états, qui constituent la vie de la ville, et alors la royauté nouvelle et l'esprit de son administration allaient en s'imprégnant de ces choses et en les répandant de plus en plus sur toute la surface do pays, contre le vrai esprit de la terre, de l'agriculture et de l'industrie.

C'est dans l'intervalle do ces quatre ou cinq cents ans qu'une foule de nobles d'origine purement urbaine furent laits par la royauté , qui leur décorna des écussons pour honorer les richesses commerciales et de bazocho que cette royauté n^nanjuait en eux, c'est-à-dire dans un nombre plus ou moins grand de familles qui existaient à la ville. Alors ces nobles nouveaux, pour asseoir leur écusson et se donner un nom de lieu, plaçaient tout ou partie de leur fortune dans l'acquisition de manoirs et de domaines qui ne cessaient de

Easser tous les jours en décret ^ur les vieilles familles noies ruinées par l'abandon de la royauté devant les bailliages et les parlements.

C'est sous la domination de cette nouvelle noblesse que tous ces points de basse et odieuse tyrannie et exploitation des populations dont il a été parlé plus haut, avaient été établis. La royauté et l'ordre monarchiqueen1789 n'avaient

i)Ius rien de ressemblant que le nom avec la monarchie des ^'rancs représentée par Charlemagne. C'est l'arrivée, comme il a été dit ailleurs, de la famille des Capets, bourgeoise d'origine ou au moins par ses .mœurs, qui commença à introduire ces mœurs individualisantes et anarchiques qui fonctionnent en plein sous leurs successeurs, surtout à partir do Louis XI. En 1789, une révolution était nécessaire pour broyer et remettre à la raison tout ce parti de faux nobles (jui opprimait le territoire, exploil^ait de toutes manières et dégradait les f)opulations.

En examinant bien l'histoire , on découvre que toutes les grandes idées anarchiques., tous tes mauvais systèmes

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sociaux n'ont presque tous été produits que par des prêtres, poussés et encouragés par des évéques et des papes. Ces prêtres devaient presque tous leur éducation à l'argent et aux biens enlevés par violence ou soustraits par hypocrisie aux races laïques et sociales. L'abbé Sieyès publia son pam~ phlet sur le tiers , l'abbé Dubos son ouvrage sur l'établisse- • ment de la monarchie française. L'un et l'autre ont perdu l'ordre social et abimé les classes vertueuses d'élite et traditionnelles. Ce sont des destructeurs qui ne réédifient rien.

Tous les débris bons et épars du pouvoir temporel pendant le moyen âge , provenaient de l'esprit droit , de l'esprit pratique et aimant le beau et le bien , que les Francs inoculèrent aux Gaulois et aux Celtes poussés dans une voie d'éducation religieuse et sociale par l'influence des races de la Méditerranée , al par celle des Romains et des évoques gaulois plus tard. Fréret , tout vrai savant qu'il était , par jalousie d'origine contre la noblesse , Fréret , né d'un procureur au parlement de Paris , n'a-t-il pas débuté par un mémoire lu à l'Académie des inscriptions en 1744, qui n'était qu'un pamphlet contre l'origine des races franques et seigneuriales du territoire dans le moyen âge? Et cela afin de déprécier les races nobles de son temps et d'exalter indirectement sa classe bourgeoise à lui ! Cela montre une chose , c'est que les classes bourgeoises produisent des livres et se font des bibliothèques dans le sens des passions envieuses et orgueilleuses qui fermentent dans leur cœur.

En rapprochant ce fait de «Fréret , en 171 4-, des produc- . tiens et de la mise en circulation sousformes manuscrites de plusieurs écrits du comte de Boulainvilliers , et puis de cette réponse violente anonyme contre lui , réponse orgueilleuse d'un conseiller au parlement de Rouen , bourgeois de race , où il exalte l'argent et l'argent seul ; cette production au sens torturé , dans le même esprit que l'aboé Dubos , fils d'un marchand de Beauvais, et membre d'une des académies comnie Fréret , en rapprochant , disons-nous , ces différents faits qui surgissent là , à quelques années ^leulement d'intervalle , de 1714 à 1730 , on voit que la faction bourgeoise le prenait sur le plus haut ton vis-à-vis de toutes les classes de la nation , et que Louis XIV , dans l'action qu'il venait d'imprimer à la suite, de Richelieu et dans le même esprit dans la société , ne fut qu'un tyran , qu'un orgueilleux , digne émule en tout , des tyrans de l'ancienne Sicile. Car ce roi bouleversa et détruisit , avec Richelieu , tous les grands rapports hiérarchiques de rnng et de condl-

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tiens , d'inég^ilitéà et de diversités qoi seols ooRStitomt l/iute société reliée sar les principes étemels de la ojtarv de» choses. Il les bouleversa et les détniisît aa profit eido- 2ïif d une faction bourgeoise de traGc . d'argent et de bazoclie , sans aucune élévation de cœur ni d'esprit. Cest soos le re<:ne de ce despote altier. et sous celui de ce IavoUb XIII qui mit la France sous la protection de la Vierge , que la plu» grande partie de la noblesse provinciale 8*est a&ibiie et a péri par Tabandon et la misère. La race des avocats parlementaires . alors et pendant les quatre-vin^ premières années du xvin* siècle . Ta minée et fait ruiner par le sophisme et le mensonge dans les affaires judiciaires qu'elle lui faisait susciter.

Sous ce dévergondage et cette insolence bourgeoise , suscités et nourris par Richelieu et Louis XIV , il se fit une réparation dans la noblesse , comme il s*en est fait une plus tard au commencement de ce siècle : une portion sans vertus , composée uniquement de faiseurs sans répugnance, et qui se mariaient avec la bourgeoisie . épousant presque exclusivement ses filles pour leur dot , et puis qui faisaient faire nobles leurs beaux-pères et beaux frères. Et voilà ce qui introduisit dans les corps nobiliaires cette armée de natures individualistes , sèches et cupides, sans cœur, sans élévation d'âme, et qui n'a rien de noble que rarmoirie qu'on leur ex|)é(lia!l , et que nous voyons rouler dans les rues sur les panneaux de leurs carrosse?. Une grande partie de ces châteaux tous frais , bâtis çà et là , dans les campagnes , mais surtout à la vue des gra ndes routes depuis cent , cent vingt, cent cinquante ans: et sur les modes toutes nouvelles , de purs hôtels bourjîeois de la ville ; une grande partie de ces cnâleaux et hôtels a été élevée par cette fraction de faiseurs en question , qui n'avaient d'habileté que d'accepter des mœurs subversives . les mœurs de leurs feinmrs , filles d'avocats , de procureurs , de tabellions, de bijoutiers, d'orfèvres, de banquiers, etc., aux manières raides et sèches avec les populations de la terre. Nous avons vu une répétition de tout cela sous le règne de Louis- Philippe , avec d'autres formes et des modifications diverses. — L'autre portion de la noblesse , bonne , morale . aux mœurs simples , aux traditions celtes et germaniques , douée de répugnance pour tout ce matérialisme innovateur, j)Our toutes ces immoralités, vivait avec les populations dans ses vieux et respectables manoirs . leur faisait le plus de bien que stîs moyens lui pormrttaiont. (^cttc portion si

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respectable de la noblesse ne courait pas après les dots marchandes et banquières; elle n'en épousait pas les mœurs ; elle se mariait entre elle et avec les familles dignes et ver> tueuses qui surgissaient de temps en temps de l'agriculture pratique ; elle ne s'enrichissait pas comme l'autre , elle allait même en déclinant de fortune. Mais cela lui était égal , elle restait toujours aisée , vertueuse et d'exemple au suprême jusqu'en 1789. Elle avait traversé à cette époque plus de cent ans sans décUiier par trop , quoique restée sans appui , tout en mariaffrt se^ filles et ses sœurs à des hommes honorables et aux mœurâ bonnes.

Mais quand la fraction bourgeoise, si criminellement exaltée pendant les cent cinquante années précédentes par cette race des Bourbons si superficielle d'esprit et par l'autre fraction de faiseurs nobles, comme nous l'avons dit, déborda en masse dans les affaires et les mœurs, avec ses doctrines d'égalité de partage aux femmes et de nivellement ; alors un travail de sape, de brisement, de pulvérisation et de démolition de toutes ces familles et de tous ces manoirs antiques et simples mais respectables de la noblesse vertueuse, vmt la trouver et abîma sa position sociale.

L'agriculture, la population rurale est aujourd'hui aplatie et nulle, comme force par elle-même et intelligence ; elle ne signifie presque rien, il n'en était pas de même avant 1789. Le monde, tout mauvais qu'il était quant à ses dogmes, était pourtant, par la vie pratique dans la campagne, beaucoup plus conforme à la loi universelle, en ce sens, qu'il contenait en lui des inégalités , des diversités de positions , de rangs etde fortunes qui rendaient la population rurale analogue à l'ordre du monde. Depuis des siècles, depuis surtout le retour des lumières après les croisades , il s'était formé lentement , mais graduellement, une foule de positions aux familles moyennes, aisées et même riches, et qui n'étaient pas ou ne se disaient pas nobles, qui vivaient dans l'indépendance d'éducation et de lumières et des besoins matériels. Cela avait donné une multitude d'esprits et de natures vigoureux, éneipques et moraux. Ces esprits et ces caractères se trouvèrent en présence de l'explosion dans la révolution de 1789, et se levèrent et partirent comme spontanément dans la grande levée de 1792, pour repousser, expulser tous ennemis quelconques et fonder, sinon l'idée générale et synthétique qu'ils n'avaient pas, mais au moins les sentiments nouveaux, la grande indépendance d'esprit et de raison, la grande moralité qui les caractérisaient, avec

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beaucoup de bonnes idées, de facultés pratiques qui se seraient promptement dévelop{)ées et auraient produit le plus grand bien en politique. Mais ils furent obligés de dépenser toutes leurs forces et les énergies de leur esprit et de rester étcrnelleoient d^ns les camps et des guerres sans fin, coniiDe cela a eu lieu effectivement paria lutte des partis, Tanarchie et rencbevétrement dune multitude de mauvais sentiments qui compromettaient constamment I9 RévoluUou, et, qui ne provenaient tous que de la bot^^f^^oisie, des populations lettrées des villes, qui se faisaient ua ^vjer de la foule toujours remuante des faubourgs, et qu'il est sifadie, en lui donnant le change, de faire combattre contre les nieiileures choses, contre les choses de ses propres intérêts, à elle, population des faubourgs. La révolution de 1789, menée et dirigée par des écrivains de la bourgeoisie, qui étaient poussés euzmême par la bourgeoisie, tenta de dissoudre et de neutraliliser les traitants, ce parti si formidable, si oppressif et si immoraj, sans le vouloir chez beaucoup, par le funeste ordre d'idéies, qui forme le domaine de reprit, ici, dans nos ' régions. Elle le fit d'abord par différentes jauUê académgués et parlementaires de tribune, de 4789 à 17^, et que Ton vit dans l'Assemblée constituante etTÂsseroblée législative. En 1793, la Révolution essaya d'entrer dans le vif des questions parla traduction en actes dans l'ordre établi, des nouvelles conceptions sociales de l'esprit. Mais lœ chefs de la révolution, alors Robespierre et Saint-Just. n*ayant pas une notion distincte et claire de la loi générale, multiple et unitaire des chosi^s, tant temporelles que spirituelle, succombèrent à la tâche. Malheureusement l'esprit humai|[i n*étiiil pas assez avancé alors. Si le savoir avait été eu 1793 à la hauteur qu'il a atteinte depuis , la révolution se serait accomplie. Au 1) thermidor, les avocatsqui peuplaient la Convention et qui formaient une partiedela grande fraction oppressive et exploitante dont nous avons parié précédemment, que le mouvement révolutionnaire et de réforme avait pour but de mettre à la raison , éclatèrent sur le coup et déjà, pour travailler à rétablir le vieil ordre social.

Ni ces hommes généreux et purs de la Révolution , ni aucun des hommes du temf)s n'avaient la lai générale ; elle existait pourtant bien jusqu'à un certain point dans les bibliothèques et dans les traditions générales, puisqu'elle avait régné dans les temps antérieurs. Mais comme on avait adopté depuis le retour des lumières, la maxime de Racon et des grands explorateurs de l'ordre réel, de ne rien croire qui ne rot an-

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paravant démontré vrai par robservalion , on ne pouvait pas admettre cette vérité ou la loi contenue dans les livres, si elle n'était prouvée par la science. Il y avait bien déjà alors presque assez de travaux scientifiques pour l'établir ; mais ce ne fut pas considéré comme suffisant. Si la Révolution française a avorté en partie dans sa mission de réédification, ellefuton ne peut plus conséquente et logique dans sa tâche de démolition de l'ancien ordre social, dégénérescence et abâtardissement de celui du moyen âge. Depuis l'ouverture des états généraux du 5 mai 1789, au iO août 1792, les idées révolutionnaires et de réforme se condensent, s'élaborent et se développent à l'intérieur de la France, et elle commence aussi la guerre et la lutte avec l'absolutisme de l'étranger. Au 17 juin 1789, le pouvoir royal et de l'aristocratie tombe dans la main de la bourgeoisie. Dans la nuit du 4 août, l'Assemblée nationale anéantit nominativement la féodalité. En octobre, le roi est forcé de venir habiter Paris. Depuis cette époque , jusqu'au 14 juillet 1790, LouisXVI simule une entente entre lui et l'Asssemblée nationale. La vérité se découvre, et lirritation s'élève au sein des partis. La monarchie tombe dans la détresse , mais le trône est sauvé par les constitutionnels libéraux. L'Assemblée nationale constituante, qui n'a rien constitué, croit sa tâche terminée, et le 21 septembre 1791, son président prononce ces paroles plus emphatiques que vraies : « L'Assem blée nationale constituante déclare qu'elle a rempli sa mis sion et que ses séances sont terminées. »

L'aveuglement de l'assemblée législative et les girondins, comme les premières attaques de l'absolutisme étranger contre la Révolution , amènent la chute de la monarchie chrétienne en France. Au simulacre d'unité de pouvoir, se substitue le règne de la commune qui avance l'avènement de la République. — Alors aussi, de bourgeoise qu'elle était, la Révolution devient populaire. Le pouvoir passe de la bourgeoisie aux mairisdu peuple. La devise républicaine de liberté, égalité, fraternité est arborée. Des luttes terribles s'établissent dans l'intérieur de la France, et la guerre se poursuit avec énergie sur les frontières et à l'extérieur. Le soupçon fondé et la crainte motivée amènent malheureusement les journées de septembre. La Convention Nationale arrive. Elle décrète tout d'abord la pensée de 1792, la République; elle décrète qnae la royauté csi abolie en France, elle le décrète d'enthousiasme, de sentiment, sans discussion et par un simple assis et levé. Alors s'engage la lutte entre la Gironde et la

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Montagne, entre Tillusion, l'abstraction dissimulée, et la volonté de la réalisation entière de rabstraction nue. Les deux partis sont d'origine chrétienne. Le premier peut sans vouloir, le second veut sans pouvoir. La déloyauté et la chicane avocassière étaient chez les girondins ; la droiture et le sentiment chez les montagnards , qui malheureusement n'avaient pas la loi delà forme nouvelle de la société. L'embarras réactionnaire des girondins est mis de côté : ils tombent. Sous le masque de la dissimulation et du patriotisme, le mal chez la bourgeoisie s'installe au lieu et place de la commune honnête et forte de 1792. Ce mal se coalise avec celui qui existe et croit dans une fraction de la Convention Nationale. La bassesse chez les uns, la lâcheté chez les autres , neutralisent des natures bonnes d'une certaine manière au fond, mais corruptibles par peur. Le vandalisme et l'athéisme calculés et systématiques de la commune sont punis dans les Hébertistes. Danton , le grand tribun populaire , si fort dans la lutte , mais si impuissant dans le calme, parvenu à ses désirs, voyant son égoïsme satisfait, pense que la Révolution doit s'arrêter, et la Révoluion lui passe sur le corps. Elle en fait do même de ses amis, bons comme hommes privés , mais insuffisants comme hommes politiques qu'ils avaient voulu être. Ensuite s'élève la défiance du vice contre Robespierre et ses amis, qui veulent arrêter la terreur, faite par leurs ennemis pour anéantir les témoins incommodes de ces derniers. L'arme trop chanceuse du sentiment dont se servit Robespierre, lui attacha toutefois le public. Mais le sentiment ne fut pas assez fort contre le pharisaïsme des idées bourgeoises et des maux qu'elles entraînent; le 9 thermidor est fait, et la société retombe sous le poids de l'esprit enfanté par le courant antérieur, sous cet esprit d'individualisme qu'un bourgeois fameux .de nos jours a si bien , mais si cyniquement résumé en ces mots : chacun pour soi, chacun chez soi.

Après le 9 thermidor, le gouvernement révolutionnaire est supprimé. La République française, mais seulement telle de nom , se développe militairement et diplomatiquement en dépit de ses adversaires intérieurs et de ses ennemis de l'étranger. Alors aussi, la France retombe lourdement dans un matérialisme monarchique et militaire. Lorsque les choses et les temps sont mûrs, l'empire s'établit.

A la chute de l'empire, s'élève une ère nouvelle, l'ère du mercantilisme matériel et industriel dont se saisit exclusi*vement la bourgeoisie. Alors la société se remplit d*hésita*

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tion sur sa* direction , les arts et les sciences sont forcés d'abdiquer leur prépondérance morale et intellecluelle ! Ils sont soumis à Y utile, et tués.

Quand on médite sur les misères de la situation depuis soixante ans , on saisit facilement qu'elles viennent de la première révolution manquée de 1789. Par cette révolution, en effet, la France se trouva agitée et soulevée seule en Europe. L'Europe se souleva dès lors contre elle, et par ce soulèvement de rEurope. les partis, les classes et les factions vieilles et décrépites dans le pays purent lever la tête et retenter mille fois des entreprises contre le mouvement de rénovation qui s'opérait , parce qu'ils sentaient , ces partis et ces classes usées, qu'ils avaient les nations européennes pour auxiliaires. Le mouvement de 1789 devait régénérer et retremper le corps social ; mais , par toutes les différentes causes que nous montrons dans ce livre, ce mouvement fut manqué, comme nous venons de le dire, parce qu'il fut trop faible, parce quil ne triompha quen pactisant et en faisant transaction] avec la noblesse bourgeoise et Vesprit clérical. Et ces deux partis : la classe cléricale et la fausse noblesse, qui ne furent pas vaincus quoiqu'usés, et qui ont continué et continuent de vivre presque sur leur ancien pied , est ce qui pèse sur la société depjiis 1789 , et fait le malaise , les maux affreux , les maux d'impuissance de la situation présente.

La révolution de 1789 vint vingt ans trop tôt. Le mouvement intellectuel du xvui* siècle , mené par des hommes de lettres et des savants , tous d'origine bourgeoise , fut précipité par eux lorsqu'il n'en était encore qu'au sentiment et aux raisons vagues du besoin de rénovation, par Rousseau surtout. Il fallait que ce mouvement continuât vingt ans de plus pour se répandre intellectuellement dans l Europe , afin d'empreindre l'Europe du môme sentiment contre les vices, les nombreux abus et défauts politiques, et enfin du môme besoin de rénovation qu'en France. Car, d'une part, par cette marche continuée , il prenait de la profondeur : ce qui n'était que vague et déclamation d'abord , devenait profond , précis et bien su. Alors , la révolution venant à éclater, les cours et aristocraties étrangères se trouvaient dans l'impuissance de lui faire obstacle par la présence du même sentiment chez elles ; et d'autre part, en se soulevant et en abattant en France, on le faisait sans idéologie, sachant ce que Von devait mettre à la place du vieux. Il n'en fut rien de tout cela. La première classe révolutionnaire ,

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celle qui était sur le premier plan, était, comme nous l'avoiis dit, la bourgeoisie. Or. cette classe, alors comme aujourd'hui , est composée d hommes à spécialités, d*espriU savants ou critiques, mais fragmentaires, qui ont toujours été impuissants a rien fonder. Il aurait fallu une influence relative de la classe propriétaire et agricole, de la classe du sol : mais parles dangers que courait la Révolution, menacée par l'Europe qui se soulevait contre elle, elle fut obligée de courir au plus pressé, c'est-à-dire dans les camps et de se battre, de se battre toujours. Dans cette lutte gigantesque , sans cesse renaissante, elle périt, ou au moins tout ce qu'il y avait d'énergie et de génie dans son sein, qui aurait pu fonder en abattant s'il était resté tranquille à l'intérieur, mt moissonné dans les combats.

De là tous les maux depuis soixante ans et ceux de la situation présente, de ceux des mouvements manques de 1830 et de 1848, qui mirent et qui continuent de mettre toutes les influences et les forces sociales et du budget dans les mains des avocats et des hommes d'argent, des fabricants et des banquiers, qui ne sont que des hommes impuissants en po* litique et exclusivement occupés d'intérêts et de misères ou d'intrigues vaniteuses. L'ensemble de leur établissement politique est étayé par le clergé qui se fait leur appui.

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