‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 150 sur 154 · M. WRONSKI · texte numérisé non relu

M. WRONSKI

M. Wronski s'est créé un système, système qui a pris sa source dans les élucubra tiens transcendantes mais cabalistiques juives de Kant , et puis il s est fait le subjectif de cet ensemble d'idées qu'il présente alors aux autres, en se citant partout lui-même à la troisième personne comme l'o^jeetiff c'est-à-dire comme Dieu sous le nom ù'absolu, de la philosophie absolue, de messianisme.

Par son individualité, M. Wronski n a jamais raisonné ni ne raisonnera juste sur la nature des choses et sur leur premier principe. Il a composé exprès, pour quelques hommes riches, une philosophie. II imprime avec luxe cette philosophie, mais il est resté solitaire avec son système.

M. Wronski, comme cabaliste, est insaisissable partout. Cependant voici quelques lignes, 2e partie, de la philosophie dite absolue , pages 46 à 48 , qui paraissent plus claires : 0 Mais, arrivée ainsi à la création de l'homme, la philosophie spéculative, formant notre philosophie absolue, se trouve arrêtée tout à coup parce que, en outre des qualités physiques comme créature appartenant au monde créé , l'homme , comme être raisonnable,possede desqualités hyperphysiques, nommément une spontanéité, et même une virtualité créatrice , qui le détache de ce monde créé, et qui, à l'instar de l'absolu ou du principe inconditionnel duquel-sont ainsi dérivées toutes les réalités existantes, le plaçant au rang d'un nouveau créateur, destiné à produire une création spéciale indépendante de celle du monde créé, et par conséquentindépendante, du moins dans ses buts, de la loi de création suivant laquelle, dans ce monde, se sont développées toutes les réalités existantes. Or, c'est cette création spéciale, formant la fonction auguste de l'homme, et ayant pour but l'accom-

480 LIVRE m. TEMPS MODERNES.

plissement de la création divine du monde, qui devient alors l'objet de la philosophie pratique constituant la partie essentielle du messianisme, en ce qu'elle requiert la connaissance des destinées finales des ôlres raisonnables : destinées qui instituent la loi du progrès, d'après laquelle, et indépendamment de la loi de création, s'opère ainsi celte spéciale et complémentaire création humaine. Seulement, dans sa réalisation physique , sous les conditions du monde créé qu'elle doit accomplir, cette création humaine rentre nécessairement sous l'influence inévitable de la loi de création; comme on en voit un exemple dans notre tableau génétique de la philosophie de l'histoire formant une partie de cette nouvelle philosophie pratique, où les buis absolus du développement progressif de l'humanité, par lesquels l'être raisonnable parvient ainsi à créer lui-même sa propre immortalité, sont fixés par la loi du progrès, mais où les moyens de réaliser ce développement dans le monde actuel ou créé, sont soumis nécessairement à la loi de création. »

Il résulte de ce passage, que tous les raisonnements, raisonnements interminables et arcaniques. si l'on peut s'exprimer ainsi, de M. Wronski, thaumaturge, alx>utissent dans le fait, capital chez lui, delà création ou faculté de création de l'homme par sa spontanéité, ou lia spontanéité dont il est doué, à reconnaître que l'homme pour cela , peut créer, mais est obligé de se conformer aux modes de création de l'être absolu et à l'ordre de ses créations faites, ou à la création physique naturelle qui forme le monde au milieu duquel il est.

Or, tous ces ambages de sa part ne sont que des ténèbres pour tout le monde, des jonjgleries pour en imposer et se montrer comme divin aux autres. Mais on peut voir, en le suivant encore dans ce passage que nous venons de transcrire de la page 48, toujours 2* partie, que,sa doctrine est toute de sa fabrique , et non la science des lois de Dieu môme découvertes par lui.

« Il s'ensuit que la nouvelle philosophie pratique , telle qu'elle s'établit aujourd'hui dans la doctrine du;me68ianisme, embrassedeux objets essentiellement distincts, savoir : d'une part , les lois qui , par la création divine du monde , sont prescrites à l'action libre ou spontanée de l'homme . et qui constituent notoirement les lois tnorales, destinées à l'établissement d'un ordre libre et spontané parmi les hommes, en leur qualité de créatures; et de l'autre part, les lois qui, pour l'accomplissement humain de la création divine, sont

Page 1