DU stoïcisme
Chez les stoïciens toute substance est force , et toute vie action. On voit par la science à l'heure qu'il est , qu'ils voyaient loin ou que s'il y avait des documents sur le fond des choses de leur temps , ce qui est probable , surtout en Egypte , qu'ils avaient accepté le bon côté du savoir, car aujourd'hui toute substance montre force et vie action. Ces phénomènes à peine de deux jours encore, de cha(nes humaines faisant tourner des objets , une table , un chapeau , un vase ; au surplus , puisque la pile , qui n'est que la réunion alternative de deux métaux différents, reliés par une substance conductrice, produit un courant électrique qui est une force, une chaîne de mains d'hommes différents, placés selon de certaines positions , n'est pas autre chose qu'une pile faite avec des ôtres organisés, ou dits vivants, au lieu de métaux différents, dits inorganiques et non vivants, quoiqu'ils le soient à leur manière tout aussi bien que les premiers. Pour les stoïciens, Vâme, Dieu, lanaturesont des forces. La sensation, la volonté, la raison, sont des actions. Mais le stoïcisme, quoique parlant peu des essences et des substances intelligibles , ne les niait pas et les comprenait mieux que les théoriciens et les dialecticiens exclusifs qui l'avaient précédé. Car sa science sur la réalité est vraie , et puisqu il voyait juste sur les corps et les êtres , quand ils arrivent à l'état ostensible et tangible , il voyait juste aussi sur ce qu'ils peuvent être dans leurs germes, c'est-àdire dans leurs principes et leurs formes intelligibles ; seulement les stoïciens ne montraient pas assez que dans l'action ou la force ,^ il y a trois personnes en action dans la main de l'un ou de Dieu, ou père. Us parlent trop de deux sans faire entendre qu'il y a trois principes (1).
(1) Voir Vacherot, Ecole d'Alexandrie, !«' vol., p. 93 et 94.
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488 UTRE m. TKMPS MODEMMBS.
iO. LES MÉTAPHYSICIENS.
Voilà la vérité. Le contenu de ce livre est la vérité même revêtue des formes. M«is de certains esprit* rêveurs, exclosivenient occupés de la métaphysique des livres, au/^aient mieux aimé que cetle œuvre fût' davantage dans leur sens, c'est-à-dire dans un vague, et eût roulé sur des facultés de l'esprit qu'ils appellent les facultés de l'esprit , et presque ses lois : comme Tentendement, la mémoire, l'attention , la réflexion, la volonté, le jugement, etc., etc.
Mais où toutes ces facultés, qui sont incontestables , peuvent-elles conduire? Elles existent comme faits, comme les bras , les yeux de l'homme qui existent aussi et qui servent chacun à sa manière, aux fins que Thomme-être est destiné à remplir. L'homme a besoin de comprendre , Dieu lui a donné une intelligence; il a besoin de se ressouvenir, d'examiner, de vouloir, Dieu lui a donné la mémoire, la ré^ flexion, la volonté. Mais rien de tout cela n'est synthétique et ne montre le fond des choses. Or , tout ordre social est uo ensemble lié ; si les idées générales sont fausses ou irrationnelles aux principes vrais , tous les faits sociaux matériels et moraux sont faux également. Ainsi les idées sur la propriété , sur la paternité, sur le mariage, sur la souveraineté, le gouvernement, la famille , les mœurs , le droit de succès^ sion , les partages, l'habilalion. sur la justice, sur l'administration , etc. , seront également faux. Et ce n'est pas en disant que l'homme, les coudes appuyés sur les genoux et la tête dans ses mains , découvre tels et tels ordres de pensées en lui, telles et telles simultanéités d'affections, qui lui feront voir avec profondeur et vérité tels et tels faits généraux de la nature ou du monde, les conséquences à tirer de ces faits, l'ordre des choses qui ne sont pas faites par lui , mais par la nature ou Dieu, les modes de production de ces choses, leurs lois aussi bien que les siennes, à lui, l'homme. Le sens déraison , les intentions visibles de l'esprit qui fait ces choses en les produisant, etc., etc. ; si en définitive celui qui fait de la métaphysique , n'est doué d'un grand jugement, d'une faculté d'à-priori très supérieure, et d'un grand talent d'observation pour, en examinant et jugeant les choses qu'il a sous sous les yeux , en signaler les vices , et en montrer les moyens et principes de redressement.