‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 65 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. GAULOIS, CELTES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. GAULOIS, CELTES

solu. En parlant des Tenctères, Tacite dit que les chevaux se transmettent dans les successions avec les pénates et les autres droits. Ils reviennent à Tun des fils, non pas, comnne les autres biens , à Tatné , mais au plus hrave et meilleur cavalier. Ce droit d'aînesse n'était pas l'entière propriété des biens , mais Tadministration par l'aîné au bénéfice de tous.

« Les femmes vivaient enveloppées de chasteté , sans contact corrupteur avec les séductions des spectacles , les excitations des festins. Les adultères étaient très rares ; le châtiment en était immédiat , et il appartenait au mari. On ne pardonnait pas à la femme qui s'était prostituée ; ni la beauté, iii la jeunesse, ni la fortune, ne pouvaient lui trouver un époux. Personne, chez ce peuple, ne riait des vices. Etre corrompu ou corrompre ne s'appelait point la mode du siècle. On trouvait encore plus de vertus dans les cités , où les vierges seules se mariaient et où il n'était permis

Su'une seule foisà la femme de former l'espérance et le vœu 'être épouse. De môme qu'elle n'a qu*un seul corps, continue Tacite, qu'une seule âme, elle prend un seul époux ; sa pensée, son désir ne vont pas au delà , et dans l'être auquel elle s'unit, ce n'est pas, pour ainsi dire, un mari, mais le mariage quelle aime. »

Aucun raffinement ne distinguait dans l'éducation le maître du serviteur. Les serviteurs des Germains , d'ordinaire des vaincus étrangers , n'étaient pas distribués par classes dans les différentes espèces de services, chacun d'eux avait son habitation , ses pénates, où il se gouvernait à son gré. Le maître exigeait, comme on le fait d'un fermier, un certain tribut en blé, en bestiaux , en vêtements ; l'esclave ne devait rien au delà , ce qui n'était pas l'esclavage. Il était rare qu'on frappât les serviteurs ou qu'on les punît par les fers ou les corvées.

Les races germaniques et franques étaient bonnes et douces primitivement; mais elles furent corrompues et rendues méchantes, implacables et inexorables par les évêques et les autres sacerdptes. Car le petit prêtre pour monter dans la hiérarchie catholique ou sacerdotale se fait tyran , et cela toujours, même aujourd'hui.

Tel est le pays qui devait plus tard recevoir le christianisme.

Un écho important de la donnée symbolique antique retentissait donc encore assez fortement dans la religion et la constitution politique et domestique des Germains; d'une

manière plus faible dans la Gaule et la Celtique, où l'action romaine , la domination politique . administrative et le commerce maritime , exercé par les Phéniciens et les Carthaginois, avaient grandement altéré les dogmes et les rites religieux domestiques et politiques.

^ C'est grâce à la position géographique de la France , c'est grâce aux beautés et aux richesses qui sont son partage , à la facilité du caractère , à la sociabilité , au besoin de communiquer et de propager les idées conçues par la race d'hommes qui s'y est développée , que nous allons voir dans la suite prendre aux Français toutes les grandes initiatives qui nqjis restent à retracer. Car, après la décadence de Borne, c'est la France par les Francs et non plus les Gaulois qui tiendra désormais sous son sceptre guerrier et intellectuel toutes les destinées de la société européenne. Mais c'est en Franceaussi que s'introduira d'abord le christianisme, puis que naîtra la féodalité; c'est la France ensuite qui attaquera la hiérarchie ecclésiastique, et c'est en France enfin qu'éclatera la grande révolution politique et sociale de la fin du xviip siècle et d'où datera une ère nouvelle dans la civilisation.

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