CHAPITRE PREMIER. DIEU UN CHRÉTIEN
voir comment Tesprit , en passant d'un à troiSy entre et agit pour former le monde (4).
La science moderne, si majestueuse, puisqu'elle contient la connaissance de Dieu , ses attributs et ses modes de création, qu'elle est grosse d'une nouvelle synthèse théologique et que nous donnons , qui est destinée à régir les sociétés incessamment, nous montre aue l'esprit et tout ce qui le représente ou le symbolise danSie monde physique, est trois De là, les nombres et la progression triple oui ont donné et qui donnent la loi des voix, des sons et de la conception des êtres et production des espèces; — et la progression double et quadruple qui a donné et qui donne Vargile, les matrices, les formes plastiques et les corps, c'est-à-dire les instruments matériels qui rendent les sons. Tout cela est établi et prouvé de point en point à l'heure présente. Les savants, ne connaissant pas le vrai sens des traditions ni ce qu'elles renferment, disent avoir acquis des découvertes nouvelles par leurs observations. Mais on avait depuis longtemps ce qu'ils croient avoir découvert, quoique l'on soit très loin de méconnaître les grands services que la science et eux ont rendus depuis ces derniers siècles.
Tout, y compris la production du monde, a été fait, so fait présentement et se fera jusqu'à la consommation des temps avec proportion , poids et mesure , omnia in mensura , et numéro , et pondère disposûisti , dit le livre de la Sapience (2). Quand on ne connaît pas le principe et ensuite ces proportions , on ne peut régir et conduire les choses sensibles et vivantes qui constituent les contrées de la terre, les sociétés et les nations. Dieu agit sans cesse , et en agissant il opère par des modes. Or, comment l'homme et les gouvernements opéreraienl-ils bien , s'ils n'opèrent à son imitation? Il est clair que s'ils so mettent à agir à l'aventure , sans lois principes , prises dans le grand modèle , qui
(1) Pour cacher sa pauvreté scientifique, le christianisme n^embrasse que des généralités de la nature dont il ne connaît aucune loi de détail. Dieu crée et administre le monde, il compte les cheveux de- la tête, etc., etc. Mais on ne dit pas par quelles lois, par quels modes. Le christianisme exprime tout cela par de pompeuses figures qui sentent leur'source, Torientalisme obscur, la parure de l'imagination, le bavardage ambitieux et entièrement vide.
(*) Ch. 11, V. 21. On sait que le livre de la Sapience est sorti de récole d'Alexandrie et qu'il a été écrit du temps de Phiiou, Aussi la sentence citée cst-ellc toute pythagoricienne.
dfHà LIVSE II. LE MOYEN AGE.
est le Diea trois, travaillant d'une manière auguste dans râtelier du inonde , les hommes doivent se fourvoyer, ce qu'ils ont effectivement fait. Us ont créé , formé et édifié tontes leurs choses sans proportion , poids ni mesure. Et comme ces choses faites irrationnellement par eux sont venues et viennent heurter les choses qui sont créées de Dieu même et qui sont gouvernées d'une manière rationnelle , elIe'S se sont constaimnent brisées contre de plus fortes
2u*elles. Et c'est effectivement aussi ce que l'on remarque, ar dans le monde fait et maintenu par Dieu, c'est-à-dire dans l'univers physique, tout est animé et en mouvement, et rien ne se choque , rien ne se heurte. Cet effet est produit par la nature intime de l'esprit premier , qui produit les formes et la disposition qu'on remarque dans la nature. Le christianisme ne montra scientifiquement en aucune manière cet ordre et cet intérieur divin avec ses modes d'action, et il est vide d'une synthèse sociale. La donnée fondamentale chrétienne n'est point un principe , puisqu'on n'en peut faire sortir logiquement rien de réel , rien de vivant, rien de lumineux eta'efficace pour le monde, pour l'expliquer, le comprendre, et par là , servir à le gouverner (1).
Avec le dieu du christianisme , avec ce dieu vide, avec ce dieu purement nominal et inefficace qui a créé le monde à un jour donné, sans dire comment il l'a arrangé , sans donner le mode de son action , tout Vordre physique reste ou tombe à la merci de la ruse, de la violence, de la mauvaise -oi.
' L'esprit premier a des lois pour produire ou créer et conserver; dans les choses et les êtres en les produisant , il y met des lois qui deviennent leurs lois d'existence et dévie. Avec ce dogme vide, enseigné par le prêtre chrétien , il n'en est rien , on n'en sait rien ', il n'en est pas parlé. Les choses ont été créées , voilà la loi, voilà le fait; n'en demandez pas davantage, car il n'en sera pas dit plus. En demander plus, c'est un mystère, et dans le mystère c'est être indiscret et impie que de vouloir soulever le voile.
Mais pourtant les choses produites ont des lois qu'il importe de connaître , puisque l'homme est au milieu d'elles et se sert d'une partie d'elles? lois qui sont une émanation , une portion dévidée de la loi multiple et infinie quant à la
(1) Il n'y aurait pas même de médecine avec Tidée chrétiennejuive. Les médecins de valeur sont obligés de violer en tous points, de marcher sur la tête de la loi chrétienne pour guérir.