CHAPITRE. PREMIER. LES FRANCS
l'excès OU l'autre extrême, et il se perd. La race phénicienne perdit dans la Gaule et la Celtique , comme partout ailleurs où elle apparut , l'élément de la terre , disons-nous, l'élément celtique ou indo-caucasique et l'élément germain de même nature , plusieurs des tribus gauloises et celtes qui étaient venues originairement de la Germanie par des stations successives sur les deux rives du Rhin^ et qui, en s'avançant dans la Gaule, étaient devenues gauloises.
Par leur introduction en force dans Ta Gaule aux iv» et V* siècles ,. les Francs primèrent et subordonnèrent cet élément gaulois gâté en quelques siècles par l'immixtion des races orientales phéniciennes. La race germanique aurait certes dès le règne de Clovis , et sous la première race dynastique , fondé un bon gouvernement et une brillante société si elle avait eu les monuments écrits de l'Orient, si elle avait eu les bibliothèques des Orphiques ou Thraces, c'est-à-dire des Macédoniens d'Alexandrie et la science grecque qui avaient péri dans les provinces méridionales de la Gaule, en Italie, et en général dans tout l'Occident, par la révolution sociale amenée par le christianisme et les incendies de livres et destructions de monuments ordonnés et consommés par les papes , les prêtres , les sectaires et la masse fanatique des nouveaux croyants , par conséquent anarchique ; sectes et sacerdotes dont les idées et les sentiments n'étaient point préférables à ceux de la race phénicienne marchande , ne vivant que des yeux et de la matière, qui anarchisait les esprits, comme un certain parti le fait encore aujourd'hui , dans un déluge de formes sans unité. Ces idées nouvellement écloses étaient bien inférieures socialement, scientifiquement, philosophiquement et religieusement aux idées et au culte orphiques de la race de la terre , Pelasse . Thrace et caucasique, c'est-à-dire à l'ancêtre de la race des Francs.
Les Francs donc, à l'état de nomades cavaliers ou tout au moins peu sédentaires depuis des sièclesdansla Germanie, n'ayant la civilisation: caucasique orphique qu'à l'état de mémoire, ne pouvaient, arrivés dans les Gaules, lire d'autres livres que les productions chrétiennes, toutes mystiques et qui, au lieu de la profonde science orphique ou grecque, ne contenaient qu'un sentimentalisme mélancolique, sans aucune science quelconque. Ils ne pouvaient donc pas fonder un ordre social supérieur. Ils furent obligés, malgré Texcellencedeleur nature pour le progrès, qui provenait de . leur esprit de vérité et d'observation, ainsi que l'avait très
bien vu Tacite, auprès de l'esprit mensonger et pervers de ses compatriotes devenus phéniciens, ils furent obligés, disons-nous, de vivre dans un pur et simple monde agricole, rural, sans science ni beaux-arts. Ils se convertissaient au christianisme, ils le disaient du moinsaùx prêtres etsurtout aux évêquesqui les contrecarraient et lestourmentaient dans toutes leurs tentatives de créations sociales temporelles. Car il leur importait peu devoir le peu pie heureux et grand; ils ne le désiraient que soumis et obéissant.
Par la transfusion du sang chananéen. phénicien et carthaginois dans les populations des Gaules, le christianisme put s'y introduire plus facilement qu'en Germanie, franche de tout contact méditerranéen. Nous voyons en effet des communautés chrétiennes à Lyon et à Vienne en Dauphiné(1), en 177. Les signatures âes pièces du concile d'Arles, en 314, nous font connaître qu'il y avait des évoques à Bordeaux et à Rouen. En Germanie, au contraire, le christianisme nes'^impose que beaucoupplus tard. Vers l'année 300, ou bientôt après, il n'y avait que quelques chrétiens isolés au sein des Allemands des bords du Rhin. Il en fut de même chez les Golhs. Les Goths sont le premier peuple germanique où le christianisme ait pu prendre un pied assuré; ce fut dans le courant du iv« siècle, d'abord les Vibigoths, et ensuite les Ùslrogoths. Les Vandales, les Gépides et les Rugiens se convertirent ensuite. Tous ces peuples étaient Ariens. Les Bourguignons, dans les Gaules, devinrent catholiques au commencement du v* siècle, ensuite Ariens sous leurs dominateurs visigoths, et redevinrent catholiques au commencement du vi» siècle. Les Suèves, en Espagne, furent d'abord catholiques, après, ariens vers 469, jusqu'à ce qu'enfin ils rentrassent avec tous les peuples visigoths au vi* siècle, dans le catholicisme. Ce n'est que vers la fin du v« siècle ou au commencement du vi«, que le christianisme s'introduit chez les Francs, bientôt après chez les Allemands et plus tard chez les Lombards. Les Bavarois, d'origine gauloise, des contrées du Languedoc (2), se convertirent dans les vu* etviii siècles ; les Frisons, les Hessois et les Thuringes dans le vni«, les Saxons seulement dans le ix^siècle (3). Winfried échoua en 713 dans la conversion des Frisons. A peine réussit-il chez les Hessois en 722. En 729,
(1) Eusèbe, Hist. ecclés.y 1. ?, ch. 1 à 3.
(2) César, Guerre des Gaules^ !. vi, ch. 24. (i) Griiïini, Myth. allemande.