‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 93 sur 154 · L'ALLEMAGNE. LUTTE CONTRE LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

L'ALLEMAGNE. LUTTE CONTRE LA PAPAUTÉ

Nous avons montré plus kaut ce qui caractérisait les races germaniques. Nous avons dit aussi que c'étaient les traditions de la généralité ou de l'unité primitive des peuples descendant des races de l'orient de l'Asie , qui maintenaient parmi les Germains leur esprit pratique , qui ne se payait pas de rêves, d'abstractions vagues et inutiles ni d'illusions, sans qu'ils fussent pour cela matérialistes. Nous avons aussi esquissé à grands traits l'opposition qu'ils formèrent à l'introduction de la religion chrétienne dans leurs contrées, religion essentiellement basée sur les élaborations vagues et nullement scientifiques des races sémitiques. Quelque chrétiens de nom que fussent les empereurs d'Allemagne de la maison de Saxe et ceux d'origine salienne, leurs luttes contre la papauté (1), fut la lutte du germanisme ^ de l'esprit raisonnable, de l'esprit pratique et juste, de la raison d'Etat, contre le sémilisme , l'extravagance, l'orgueil ignorant , le mysticisme vide , l'esprit "turbulent , anarchique et appauvrissant , représentés par la papauté. La lutte de l'empire d'Allemagne contré Rome et la moyenne et la basse Italie, n'est donc que celle du vrai pouvoir qui, avec les traditions nationales , avait arrangé et qui maintenait les choses sociales dans leur assiette, contre le pouvoir spirituel ou sa- ''* cerdotal qui , sous le manteau de la religion , voulait mettre la main sur cet ordre de choses pour le dénaturer, le délier, le rompre par l'arbitraire et l'imagination anarchique, au grand préjudice du bonheur physique et moral des populations.

(1) Pour contrebalancer la puissance impériale, la papauté fonda un fief normand dans le sud de Tltalie. Mais peu de temps après , les Normands eureat le bon esprit de se tourner contre ©lie.

Toutes ces querelles de l'empire et du sacerdoce ne venaient d'aucune autre cause que de la dignité et de la moralité de la race germaine vis-à-vis de ce sang sémitique arabe d'où sortaient presque tous les pontifes et grands prêtres de Rome.

L'introduction du sang et des- idées des races déviées du désert dans les grands centres commerciaux et maritimes de l'Italie pendant l'antiquité , et qui s'étaient perpétués et qui se perpétuent, devait naturellement manifester sa pernicieuse influence sur l'ordre social pendant le moyen âge. Le pape fanatisa une grande quantité de villes, et profita contre l'influence de l'empereur ou du pouvoir temporel régulier, de l'esprit individualiste , anarchique de la bourgeoisie des cités qui; sous le nom de Guelfes, combattirent pour la suprématie de révoque de Rome.

C'est après la mort de Frédéric II (1), prince instruit et dernier représentant, pour ainsi dire , de l'esprit germanique, que 1 empire d'Allemagne commence à décliner. L'esprit de la race sémitique devenu prépondérant en Allemagne, on vit la décadence sociale arriver à grands pas. Les villes s'affranchissent, tout en se donnant le surnom d'impériales; elles constituent entre elles des ligues commerciales; les évoques parviennent dans un travail infatigable à passionner le cœur contre la tête, de nombreuses institutions religieuses sont fondées, entre autres les chevaliers allemands de la Vierge ou ordre teutonique de Marie, etc. Enfin l'esprit germaniquB , fatigué du vêtement étranger, où on l'avait enserré par la ruse et la lassitude, sut se retrouver au sein de la nation. U se fait une insurrection universelle contre le pouvoir romain, les doctrines du compatriote de Maroboduus, du Bohême Jean Hussetde ses disciples, agitent l'Allemagne; mais alors aussi de religieuse qu'elle était, la question devient sociale, et les paysans allemands se révoltent et font une guerre terrible contre toute autorité; les classes ouvrières, abîmées par le faux démocratisme de l'Eglise, s'insurgent contre les bourgeois, les commerçants, patriciens ou familles.

L'Allemagne était mûre pour l'établissement d'un nouvel

(1) En Tannée 1153, Frédéric Jer proclama que depuis l'anéan— tissement de la liberté romaine, rauiorité et la loi étaient pas-* sées du peuple par les mains de Jules César à Tempereur; que,

{»ar conséquent, à lui seul appartenaient la toute-puissance dd ^autorité comme la majesté de la loi.

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ordre social. Luther vint: mais, faute de science , de donnée doctrinale , il ne fit que dépouiller le christianisme de ce qui donnait vie et prestige , le beau dans la forme produit par les arts. Et il relança son {>euple dans une arène où il continue à s'escrimer dans le vide , au sein de la nature universelle, morale et physique dans laquelle il est appelé à vivre et à séjourner.

Nous voyons donc en Allemagne , comme dans toutes las autres pays, la lutte de l'esprit pratique contre la fiction, les débris de la synthèse antique luttant contre l'individualisme et l'idéalisme cérébral contre l'idée réelle, multiple, symbolique et unitaire.

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