GE, Li 27e
237. HGen., 1, 13 (G. C. S., vi, p. 16, 1. 18 sq.). Autre texte sur le Verbe cause exemplaire des êtres : PA 1, 2, 6 (Justinien, Mansi 1x, col. 525 E Ou GC SV, p. 36, 1. 10 sq.) «ayant donc été faits selon l’image, nous avons le Fils, notre prototype, comme vérité de ce qu’il y a de bien en nous (r@v ëv uiv naAëv TÜmœv) ».
là la distinction qu’il y a sur ce point entre le Verbe et l’homme, distinction à laquelle Origène semble rester à peu près fidèle : seul le Verbe est dit Image de Dieu, l’homme n’est pas appelé ainsi, mais seulement selon-l’image #58. Ce caractère est un don que reçoit l’homme à la naissance. Mais en d’autres textes Origène montre le Fils comme le modèle que l’homme doit imiter pour renforcer en lui-même cette image et parvenir à la ressemblance : nous insisterons là-dessus dans la seconde partie de ce livre. Citons seulement le texte suivant, tiré du commentaire du Pater Noster dans le Peri Euchès %°: il s’agit de ceux qui récitent cette prière : « Toutes leurs actions, leurs paroles et leurs pensées, recevant du Logos Monogène sa propre forme (Leuoppouevx xar” adrév) imitent l'Image du Dieu invisible, et deviennent selon l’image du Créateur, qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et qui fait pleuvoir sur les justes et les injustes : en sorte qu’il y a en eux l’image du Céleste, le Céleste qui est lui-même l’Image de Dieu. Les saints étant ainsi une image de l’Image (eixov elxévoc) puisque l’Image est le Fils, ils reçoivent l’empreinte (éroudtrovrai) de la filiation, en devenant conformes (oiuuopoot), non seulement au corps glorieux du Christ, mais à celui qui est dans le corps ?50. Ils deviennent conformes à celui qui est dans le corps glorieux, étant transfigurés (erauoppobuevo) par le renouvellement de leur esprit 21, » Le Logos n’est donc pas seulement le modèle auquel se conforment les saints, mais l’agent de leur rénovation intérieure puisqu'ils reçoivent du Logos lui-même sa forme : la nécessité de la grâce pour le progrès intérieur est clairement affirmée.
Le rapport de l’homme au Verbe est aussi exprimé par le concept de participation. Tous les êtres participent à Dieu, puisque Dieu est « celui qui est ». De même « tous ceux qui sont raisonnables (rationabilia) participent au Verbe de Dieu, qui est la Raison (Verbi Dei, id est Rationis, périphrase de Rufin pour rendre ce que le grec exprime par le seul mot Logos), et ainsi portent en eux quelques semences, pour ainsi parler, de la Sagesse et de la Justice, qui est le Christ » 262, Dans l’In Joannem il est écrit: « De même que le Dieu de l’univers est le Dieu (6 0e6c) et non simplement Dieu (6e6s sans article), de même la source du Logos qui se trouve en chacun des logika est /e Logos (6 A6yoc), et on ne peut nommer et appeler légitimement comme le premier Logos le logos qui est en chacun » #3, Il ne faudrait pas,
258. Sur la différence entre l’Image et les selon-l’image, voir les textes cités, p. 107, note 174.