Théétète 176 B (vIlr, 2, p
5. PA 11, 6, 1 (G. C. S. v, p. 280, I. 2 sq.). Origène est persuadé, comme saint Justin, que tout ce qu’il y a de bien dans la philosophie grecque a été pris aux Ecritures.
Il nous faudra d’abord examiner dans ce chapitre l’interprétation qu’Origène donne du témoignage de Moïse sur la création de l’homme selon l’image. Ensuite nous chercherons dans lequel des trois éléments qui constituent le composé humain se trouve le selon-l’image. Nous essaierons d’expliciter en quoi consiste la participation à Dieu et au Verbe qu’il exprime. Enfin, après avoir examiné si Origène, selon l’accusation de saint Jérôme, a vraiment tenu la consubstantialité entre l’homme et Dieu, et dans quel sens il l’a fait, nous le verrons montrer dans le selon-l’image l’unique source de la dignité humaine.
$ 1. — Les deux créations de l’homme
Nous avons dit que Philon rapportait les deux récits de la création de l’homme selon la Genèse à deux actes différents, et nous avons exposé les explications multiples qu’il en donnef, Ce thème est exploité de nouveau par Origène, sous l'influence visible de Philon : ne spéculet-il pas lui aussi sur l’emploi des verbes rowïv et rAdrrew et sur le sexe de l’homme créé ? Mais les interprétations d’Origène ne sont guère celles du penseur juif, et elles s’harmonisent, comme nous le verrons, avec ses conceptions propres. Bréhier voyait dans l’antériorité du Terrestre par rapport au Céleste, telle que la présente saint Paul”, une intention polémique contre Philon. Les deux schèmes se retrouvent dans Origène, et nous étudierons dans le chapitre suivant les rapports de l’image du Terrestre et de l’image du Céleste, qui tiennent dans son œuvre une place encore plus grande que le thème des deux créations, inspiré par le Juif alexandrin.
De nombreux textes, appartenant à tous les moments de la carrière d’Origène, relatent cette double création 8. Car le second récit n’est pas une simple répétition du premier, comme certains le pensent ?, mais il a un sens différent. La première création, celle qui est faite selon l’image, concerne notre essence principale, ce qu’il y a de meilleur en nous, l’âme , car il n’est pas question du corps dans la relation qu’en donne la Genèse !!, La seconde est celle du corps, en qui l’image ne saurait se trouver l?, Nous n’insistons pas sur ces idées, que nous traiterons plus abondamment à propos du lieu du selon-l’image.