Phèdre, 252 D (iv, 3, p
qui dans leur harmonie et leur régularité d’êtres raisonnables reproduisent le plus parfaitement les Idées. L’imitation se fait par la vertu et la justice d’après la République : « Il ne sera jamais négligé par les dieux, celui qui s’efforcera de devenir juste et de s’assimiler à Dieu, autant qu’il est possible à un homme, par là pratique de la vertu » #5. Le Théétète dit de même : « La fuite (du sensible) est l’assimilation à Dieu dans la mesure du possible : cette assimilation, c’est de devenir juste et pieux avec sagesse » 16, Dans les livres V-VII de la République, la vertu est représentée par la conformité avec le Bien, l’Idée suprême.
Pas plus que l’expression en termes d’image de la relation de l’âme au divin, nous ne rencontrons explicitement chez Platon de réflexion sur l’image intermédiaire : le platonisme postérieur trouvera chez lui les éléments de sa triade d’hypostases, mais ils n’y sont pas systématisés aussi strictement que chez Numénius ou Plotin. La principale source en est le Timée : c’est d’une part le Démiurge, organisateur du monde, qui tantôt se distingue, tantôt se confond avec son Modèle, c’est-à-dire avec l’ensemble des Idées 17; c’est d’autre part l’âme du Monde. Le Démiurge, fusionné avec le Modèle, devenu le lieu des Idées, sera la seconde hypostase; l’Ame du Monde est la troisième; la première est l’héritière de l’Idée du Bien. La relation d’image est déjà indiquée entre le Dieu intelligible, le Modèle, et le Monde animé, dieu sensible. Une autre source est constituée par les Lettres IT et VI : il faut en parler, bien que leur authenticité ait été discutée, car sur elles s'appuient aussi les platoniciens postérieurs. Origène cite un passage de l’Épiître II 1: il y est question d’un premier principe, roi de l’univers, fin du nes cause de tout ce qui est beau, puis d’un second et d’un troisième principes, sur lesquels n’est donné aucun renseignement. Origène rapproche ces derniers des Séraphins d’Isaïe et des Chérubins d’Ézéchiel, en qui à plusieurs reprises il voit le Fils et l'Esprit 2, En un autre passage ?! il reproche à Celse, qui connaît si bien son Platon, de passer sous silence un texte qui parle du Fils de Dieu: il s’agit de la fin de l’Épître VI 2. Le Dieu de l'univers est dit le chef des êtres présents et futurs, et le père de celui qui en est le chef et la cause à,