‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 162 sur 276 · Cf. pp. 206 sq · texte numérisé non relu

Cf. pp. 206 sq

181. Le manque de distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel est signalé par: TAVARES BETTENCOURT, Doctrina ascetica Origenis.…, pp.74-75 ; DANIÉLOU, Origène, pp. 290-291; Capiou, La ÿeunesse..., p. 364; KarL RAHNER, La doctrine d’Origène sur la pénitence, p. 79 : cf. p. 243, note 224.

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D'autre part la participation et l’image se distinguent de ce qu’elles sont chez Plotin par le fait que le Dieu et le Logos origéniens sont nettement personnels, et constituent par conséquent les causes et les agents volontaires de cette communication. Les « dieux » ne reçoivent pas seulement en eux quelque chose de la réalité du Père et du Verbe, les fils et les logika ne sont pas seulement les reflets du Fils Unique et du Logos; mais ils sont faits dieux, fils et logika par l’action volontaire des deux Personnes divines. Le Monogène est le faiseur de dieux, il donne aux hommes le pouvoir de devenir fils, la qualité de logikon est expliquée souvent par la présence du Logos-Dieu en personne au centre de l’âme. La participation et l’image sont bien une grâce, un don libre, ce qu’elles ne semblent pas être chez Plotin à cause du caractère nécessaire de ses générations d’hypostases.

Le selon-l’image, le logos qui est en chacun, la participation au Verbe, constituent vraiment pour Origène l’essence de l’homme, ou plutôt l’élément le plus haut de son essence 182, C’est, comme nous l’avons vu, en opposition avec la condition propre du Christ, une participation partielle, accidentelle, — c’est-à-dire qui peut changer —, et médiate. L’essence de l’homme n’est pas pour Origène, comme on l’a dit parfois, le libre arbitre, la liberté-choix. L’insistance de notre docteur à ce sujet s’explique par la place que prend dans son œuvre la polémique antignostique, mais on trouve chez lui une conception plus profonde et plus réelle de la liberté. C’est celle que supposent les textes du Peri Archon sur l’union de l’âme de Jésus avec le Verbe: l’âme adhérant au Logos avec un tel amour qu’elle en est inséparable, qu’elle participe au caractère substantiel de la divinité, et qu’elle en reste absolument impeccable : n'oublions pas que l’âme de Jésus est en cela le modèle de toutes les autres, bien qu’elles ne puissent parvenir à sa perfection. C’est pourquoi seuls les bienheureux au ciel atteignent la liberté parfaite: « La liberté qui est ici-bas celle des saints #5 n’est pas encore la liberté complète, mais elle est à travers un miroir, en énigme; et c’est pourquoi les saints se disent serviteurs, par comparaison avec cette liberté qui leur sera donnée face à face 184, Qui peut, étant encore dans la chair, obtenir la liberté entière, de manière à ne plus être l’esclave de la chair 185? », Le but de la liberté humaine est cette adhésion d’amour, et en elle l’essence de l’homme s’achève : « Quand l’homme sera parvenu à un si haut degré de perfection, qu’il aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, et le prochain comme soi-

182. In Jo., xx, 22 (20) cité p. 145 « Notre principale substance est dans le fait d’être selon l’image du Créateur ».

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