Cf. p
206. In Ÿo., x11, 25 (G. C. S. 1V, p. 249, L.4 sq.). Le texte des deux dernières phrases comporte des lacunes : nous suivons la reconstitution de DELARUE (P. G. xiv, col. 411 AB).
l’affirme bien des fois — elle ne peut absolument pas être dite consubstantielle à Dieu. Un fragment sur Luc 27 le confirme à propos de la filiation divine des hommes. Il cite Joan, 1, 12-13 pour montrer qu’on devient fils de Dieu, « non à partir d’une semence périssable, mais par l’action du Logos vivant de Dieu, qui demeure en nous », et il continue : « Il parle ainsi, non pour nous mener jusqu’à la nature de Dieu, mais pour nous communiquer la grâce, et nous gratifier de sa propre dignité ». Si le plus profond de notre être est une participation de l’essence divine, nous voyons en quel sens Origène le dit, et combien il est soucieux de maintenir les distances. Il n’y a pas là soupçon de panthéisme 208,
Cette communication de la nature divine que suppose l’image est l'unique source de la dignité humaine. Origène souligne pour cette raison, comme toute la tradition chrétienne, la valeur incomparable — car elle est divine — de la personne de l’homme. On le voit souvent dans sa discussion avec Celse. Ce dernier prétend que, s’il y avait une Providence, elle ne s’occuperait pas plus des hommes que des autres créatures. En prétendant que Dieu s'intéresse à eux particulièrement, Juifs et chrétiens font preuve d’un orgueil risible. Ils sont semblables à « une troupe de chauves-souris ou à des fourmis sortant de leur trou, à des grenouilles réunies en conseil au bord de leur marais, ou à des vers qui tiennent leur assemblée dans un coin de bourbier » 2%? et qui discuteraient gravement sur les attentions que Dieu a pour eux. Origène répond que la grandeur de l’homme ne vient pas du corps, mais du logos qui est en lui, et qui lui donne une certaine parenté avec Dieu
Bien des textes soulignent la beauté que l’homme tire de sa participation à l’image 21, Elle est vraie de tout homme, même des plus humbles, et il nous faut les respecter en conséquence 211 : « Menés par notre vanité et notre orgueil, nous méprisons ceux qui nous sont inférieurs, oubliant que Dieu a dit de chaque homme : Faisons l’homme selon notre image et notre ressemblance ». La création de l’homme selon l’image rend l’amour du prochain inséparable de celui de Dieu : « Le second commandement est semblable au premier, parce qu’il parle de l’amour de l’homme, qui est fait selon l’image de Dieu, et peut-être selon sa ressemblance » 22, Le « connais-toi toi-même » que