‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 189 sur 276 · Voir page · texte numérisé non relu

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pas péché ad mortem, ne peut être dit fils du diable, il reste fils de Dieu, puisqu'il n’a pas perdu la grâce du Christ; mais on ne peut nier que Satan ait quelque prise sur lui. Il y a des degrés dans chacune des deux filiations : on peut être fils plus ou moins, selon l'importance des péchés commis d’une part, et suivant la perfection de notre connaissance de Dieu d’autre part 198,

Cette participation au démon, que traduisent l’image et la filiation, n’est, comme l’affirme Tavares Bettencourt, « qu’une manière positive d’exprimer la participation négative au Verbe » 1%, On l’acquiert ou on la renforce par une action &Aoyos qui diminue en l’homme ses qualités de logikon. Ainsi le diable singe Dieu et son Verbe, mais en les renversant : il est « celui qui feint d’être le Logos, et n’est pas le Logos (l&oyos A6yos de In Ÿo., 11, 3) 0, celui qui se proclame la Vérité et n’est pas la Vérité, mais le Mensonge » 111, Cette « déraison » du diable et de ses fils, les pécheurs, apparaîtra plus nettement quand nous aurons étudié les images bestiales, imprimées par le péché sur l’homme.

Avant de passer à ce sujet, il faut nous arrêter à une identification, qui en dit long sur les sentiments qu’éprouvait Origène envers le pouvoir impérial : l’image de César, que portait la monnaie du tribut selon l’épisode évangélique 1? est la même chose que l’image du diable, le Prince de ce monde: cela s’harmonise avec le thème des anges (ou plutôt des démons) qui gouvernent les nations, et dont les chefs temporels sont les symboles.

Plusieurs textes ont rapport avec l’épisode du tribut à César. D'abord un passage des Homélies sur Luc, dont nous citons un fragment grec, que confirme à peu près exactement la version hiéronymienne 11, «De même que la monnaie porte l’image du dominateur des nations, de même celui qui fait les œuvres du Prince de ce monde 14 porte son image : le Sauveur nous exhorte à la rendre, à la déposer, et à porter l’image que nous avons reçue au début, et qui est selon la ressemblance de Dieu. En conséquence de cela, Paul nous dit : Comme nous avons porté l’image du Terrestre, portons celle du Céleste. C’est ce que montrent ces paroles : Rendez à César ce qui est à César. » « Rendez à César ce qui est à César » signifie donc: restituez au

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