‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 198 sur 276 · CC IV, 02-03 (GC Sp: 365,1 15 8q., p.206, IL 10 eq · texte numérisé non relu

CC IV, 02-03 (GC Sp: 365,1 15 8q., p.206, IL 10 eq

158. N'oublions pas que les animaux sont dits ni bons ni mauvais, maïs i ndifférents : HLev., XVI, 6, voir p, 190.

159. Le P. Huco RAHNER (Mythes grecs et Mystère chrétien, traduction H. Voisin, Payot 1954, p. 228) parle à propos de ce texte du « profond chapitre d’Origène dans lequel il montre comment les animaux ne sont pour ainsi dire que des symboles et des allégories devenues visibles des passions humaines, comment ils se trouvent en quelque sorte sous la domination du démoniaque parce que constituant une partie non encore sauvée de la création, un reflet seulement de ce qui, dans les profondeurs de l’âme humaine, se présente encore comme forces démoniaques menaçantes et qui n’ont pas encore éprouvé la rédemption ». Il résume bien le thème des images bestiales, mais interprète plutôt largement CC 1v, 93.

images d’êtres sans raison 1%, » Mais, cette importante réserve posée, il ne cache pas qu’il y a en l’âme des dispositions qui tendent à la configurer aux animaux, à lui donner les images bestiales. « La passion dans une âme humaine est un point de ressemblance avec l’être sans raison: si l’âme s’y établit, elle tombe dans une nature bestiale 161, » Nous devons donc sacrifier nos passions sur l’autel de Dieu, comme les Hébreux immolaient des victimes animales. « Celui-ci offre à Dieu un veau, lorsqu'il vainc l’orgueil de la chair, une brebis lorsqu'il contraint les mouvements déraisonnables et sots, un chevreau lorsqu'il domine la sensualité 162, »

Dans une Homélie sur le Lévitique 1, Origène établit trois catégories parmi les hommes : les hommes au sens plein du mot, c’est-àdire les chrétiens vivant consciemment leur religion; les animaux purs, simples fidèles qui ne l’approfondissent pas; les animaux impurs, les pécheurs. « L'Église elle aussi a des animaux, c’est un Psaume qui le dit: Les hommes et les bêtes, tu les sauveras, Seigneur 164, Ceux qui s’appliquent au Verbe de Dieu et à une conduite raisonnable sont appelés hommes. Ceux qui vivent sans de telles occupations, ne cherchent pas à savoir, mais sont des fidèles, sont dits des animaux, mais purs. De même qu’il y a des hommes de Dieu, il y a des brebis de Dieu. » Moïse, Élie ont été des hommes de Dieu. « Tu veux apprendre quelque chose des brebis de Dieu ? Il dit par le prophète : Mes brebis sont des brebis saintes, dit le Seigneur 155, Et de nouveau le Sauveur dit dans l'Évangile : Mes brebis entendent ma voix 166. Je pense qu’il n’aurait pas dit des hommes qu’ils entendent sa voix. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende comment les brebis entendent sa voix et les hommes sa parole. Les animaux impurs sont les hommes qui sont en dehors du Christ, et dans lesquels il n’y a ni raison ni religion. Si tu vois leurs cadavres, c’est-à-dire leurs péchés, te dit le législateur, ne les touche pas, ne t’en souille pas, n’aie pas contact avec eux. »

Tout ce que nous venons de voir, à propos des images bestiales, à propos de la ressemblance qu’il y a entre le pécheur et l’animal, va nous aider à résoudre le problème que pose une étonnante accusation,

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