‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 205 sur 276 · HLuc, vit (G. C. S. 1x, p · texte numérisé non relu

HLuc, vit (G. C. S. 1x, p

210. HGen., Xi, 3-4 (G. C. S. VI, p. 119, 1. 24 sq. p. 120, 1. 7 sq.).

jamais détruire complètement cette participation à l’image de Dieu, qui fait le fond de leur nature 211, Cependant l’image du diable ou les images bestiales la recouvrent et la cachent. Elle peut être parfois obscurcie, sans cesser d’apparaître : telle est l’œuvre du péché qui n'est pas ad mortem, qui ne fait pas perdre la grâce du Christ, de ce que nous appelons le péché véniel, qui rend le pécheur charnel, non terrestre *?, Mais s’il a commis un péché ad mortem, alors l’image de Dieu est entièrement recouverte par les images adverses, et il devient un &oyov, il perd la communication du Verbe. Il ne l’est cependant pas comme un animal: un animal est sans raison par sa nature, l’homme par un acte de sa volonté libre; l'animal ne peut jamais devenir un logikon, l’homme n’a pour le faire qu’à changer l’orientation de sa liberté, à supprimer par sa pénitence les images diaboliques et bestiales. Alors l’image de Dieu, qui restait toujours présente au fond de son être spirituel, réapparaît, et le contact est rétabli entre lui et le Verbe: il est de nouveau un logikon. La permanence de la participation à l’image exprime la possibilité qui reste toujours à l’homme de revenir à l’état primitif.

La coexistence de l’image de Dieu et des images bestiales qui la recouvrent et la cachent, fait du pécheur un être intérieurement divisé. Et c’est là une vue profonde, qu’Origène partage, mutandis mutatis, avec Plotin 25, « Ceux qui marchent selon Dieu et s’attachent à ses préceptes, bien qu’ils soient plusieurs, sont dits un par leur unanimité, et malgré leur nombre. Quand il s’agit de commander le bien, l’Écriture parle au singulier. ; quand elle défend de transgresser la loi, elle n’emploie plus le singulier, mais le pluriel... » 24, Dans le mal on ne trouve pas d’unité : celui qui s’approche de Dieu participe à son unité 215, Et cette image de Dieu, que le pécheur contredit par sa vie, est la raison et l’instrument de son supplice ?1$,

Sous quelle forme l’image de Dieu se conserve-t-elle alors ? Non comme grâce sanctifiante, puisque le contact surnaturel avec le Logos est rompu, le pécheur de logikon est devenu un &oyov. Peut-être Origène l’insinue-t-il lorsqu'il parle de ce désir de communion avec

211. Un fragment sur Matthieu, 1v, 16 (73, G. C. S. xx, p. 45), expliquant l’expression « ombre de la mort » exprime la même chose en d’autres termes : «Il a dit : ombre de la mort, et non : mort, parce que le péché ne peut corrompre entièrement l’âme, comme la mort le fait du corps, mais il lui apporte l’ombre de la mort ».

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