CC v, 16 (G. C. S. 11, p. 17, 1. 30 sq
Dieu, et de piété, qui est en l’homme « désir qui conserve, même chez les déchus, quelques traces de la volonté divine » 7, La permanence du selon-l’image sous l’accumulation des images diaboliques et bestiales serait donc un désir inefficace, une nostalgie, maintenant un déchirement intérieur dans l’esprit humain, qui ferait une bonne part du tourment du damné. Mais par l’action du Christ, le seul médecin qui puisse nous guérir du mal 218, ce désir inefficace peut devenir efficace, et la permanence du selon-l’image être la source de la conversion.
Le selon-l’image semble bien, d’après Origène, persister ainsi, même chez les démons et les damnés. Mais cela veut-il dire, comme le prétend saint Jérôme, qu’il aurait professé leur salut final 2, l'existence avant l’apocatastase de mondes successifs, et la transformation possible d’un même personnage, tantôt en homme, tantôt en ange, tantôt en démon 22 : cela suppose que les démons et les damnés conserveraient toujours la possibilité de revenir à leur situation première, non seulement, parce que l’image de Dieu subsiste en eux, cachée par les autres, mais aussi parce que leur libre arbitre resterait toujours capable de se retourner vers le bien. Nous avons montré qu’il y avait cependant chez Origène une conception de la liberté plus profonde et plus vraie que celle-là : celui qui adhère au bien se libère, tandis que celui qui choisit le mal en devient l’esclave 2?! : il pourrait en arriver dans le cas des démons et des damnés jusqu’à perdre son libre arbitre et ne plus être capable de redresser une volonté irrémédiablement asservie.
Cette dernière conclusion ressortira des pages qui vont suivre : seul le Christ donne au pécheur la force de se convertir, ce qui suppose que ce dernier n’en saurait trouver la possibilité dans un libre arbitre que le péché a, semble-t-il, enchaîné. Origène présente aussi cette affirmation à titre d’hypothèse dans le Peri Archon ?2: la malice invétérée des démons se serait transformée par l’habitude en nature. Mais il ne se décide pas alors clairement entre cette alternative et celle de leur salut final. L’7n Yoannem est plus explicite au sujet de l’Antichrist, fils du diable, qui estle Mensonge personnifié : s’appuyant sur une phrase d’Ézéchiel #3, il affirme « que personne n’est tel par la substance (5rooréoe:) reçue à la création, mais qu’on le devine par suite d’une conversion, par le libre choix de la volonté, qui a ainsi changé la nature » (mot à mot : « qu’on s’est ainsi, pour employer