‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 208 sur 276 · Ezéch., XXVIIL · texte numérisé non relu

Ezéch., XXVIIL

un néologisme, naturé, repuomuévo ») 24, Nous pouvons aussi déduire cette conclusion d’une affirmation parallèle : seuls les bienheureux au ciel atteignent la liberté pleine et entière, la liberté « face à face »; les « saints » qui sont sur terre, ne l’ont qu’incomplète « à travers un miroir, en énigme», car ils sont encore soumis à la chair 2%, Si l'esclavage de la chair restreint déjà la liberté de celui qui, vivant en ce monde, a sa citoyenneté dans le ciel, à combien plus forte raison est esclave le pécheur qui se donne à la chair, et celui qui est son père, le diable, le premier Terrestre. Nous savons d’ailleurs que les accusations de saint Jérôme et de Justinien 2% sont sujettes à caution, car ils semblent avoir souvent mal compris Origène, ou transformé en affirmations certaines les hypothèses qu’il a coutume d'émettre par manière d’exercice dans ses discussions. Il n’entre pas dans notre propos de voir si notre auteur a vraiment tenu la possibilité de mondes successifs, et dans quel sens, si cela se concilie avec la restauration universelle et les autres éléments de sa doctrine, et comment nous devons entendre cette restauration.

Si nous comparons la conception que se fait Origène de la récupération de l’image de Dieu avec celle de Plotin, nous trouvons entre elles quelque ressemblance. Pour Plotin l’âme n’est pas changée intérieurement par son attachement au corps, elle est seulement recouverte et salie par la matière : la catharsis ou purification lui fera retrouver sa pureté originelle 227, De même chez Origène, l’image de Dieu subsiste au fond de l’âme, cachée par celle du Terrestre : il faut enlever la seconde pour que la première apparaisse. Mais il y a entre eux bien des différences. D’abord pour Origène la purification de l’âme n’est que le début du progrès spirituel, qui s’accomplira d’une manière plus positive par la pratique des vertus. Ensuite et surtout, cette conversion est affaire de grâce, elle n’est possible que par la Rédemption du Christ, et son action qui se poursuit dans l’âme.

$ 5. — Comment se fait la restauration du selon-l’image ?

Le Christ seul donne à l’homme le moyen de se défaire des images diaboliques et bestiales, pour retrouver en lui sa participation à l’image de Dieu. De nombreux textes l’affirment. C’est la raison de l’Incarnation. « Notre Sauveur, Image de Dieu, ému de pitié pour l’homme fait à sa ressemblance, lorsqu'il le vit, ayant déposé son image, revêtir celle du Malin, prit sur lui l’image de l’homme, et vint à lui 228, » Il est notre Isaac, qui creuse à nouveau dans notre âme les

224. In Jo., xx, 21 (19) (G. C. S. 1v, p. 353, L. 23). L’habitude de pécher retient le pécheur sur la voie de la conversion : CC 11, 65 (G. C. S. 1, p. 259, 1; °2),

Page 1