In.70:,xx, 0(G. C.u1SS IV, p
21. In Jo., xx, 16 (14) (G. C. S. 1V, p. 347, L. 3) : citant Yoan., vIrt, 47. 22, In J0., XX, 132 CF. p. 180.
23. In Jo., xx, 17 (15), 33 (27) (G. C. S. 1v, p. 348, 1. 33, p. 371, 1. 6). 24. 1n70.,:2x%; 33 (27)(G: CAS AN, p'870, li7/sa.).
parfaite #5, Un fragment sur Jean 1, 12 met de même une différence entre « croire au nom de Jésus », ce qui donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu, et « croire en lui ». À ceux qui croient en son nom, «est donné le pouvoir, c’est-à-dire l’aptitude à devenir enfants. S'ils progressaient, et si, au lieu de croire seulement en son nom, ils croyaient en lui, ils ne seraient plus enfants de Dieu en puissance (Suvéuer) mais en acte (èvepyelx) » 26,
La venue du Logos dans l’âme, apportant en nous le onépux de Dieu ??7, c’est-à-dire la puissance à devenir ses fils, est analogue au selon-l’image — puisque l’Image est le Fils — et à la qualité de logikos. On devient fils de Dieu à mesure que la semence du Logos grandit en nous, et que le Christ se forme en notre âme. « Ignores-tu que de cette semence du Verbe de Dieu, le Christ naît dans le cœur des auditeurs ?.. L'âme conçoit de cette semence du Verbe, et elle forme en elle le Verbe conçu. » #. La croissance du Christ en nous, le passage de oxépux à réxvoy qui en résulte — n’oublions pas que seul le Fils Unique fait les fils adoptifs — est analogue à ce qu'Origène exprime ailleurs, en des termes plus inspirés de la philosophie grecque, par la distinction de l’image et de la ressemblance.
On peut se demander si le passage de l’image à la ressemblance constitue vraiment le développement d’un germe, ou si la ressemblance finale n’est que la restauration de la similitude première, détruite par le péché. Dans ce cas il ne s’agirait plus d’un progrès réel, mais seulement comme chez Plotin d’un nettoyage. Plusieurs textes sembleraient le montrer. D’abord l'affirmation du Peri Archon que « toujours la fin est semblable au début »2?. De même le commentaire fait par l’In Joannem de cette phrase du Christ : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’achever son œuvre » %, N'est-ce pas absurde, pense Origène, de prétendre que l’œuvre du Père dans le Paradis terrestre était inachevée, pour que le Fils vienne la parfaire? En réalité le Fils répare seulement les dommages faits par le péché dans les créatures raisonnables %l. Le Contre Celse présente de même l’apocatastase comme la fin du mal. Cependant les textes concernant l’image et la ressemblance, en s’appuyant sur le récit de la Genèse, affirment bien un progrès réel, puisque seule l’image est donnée sur le moment, la ressemblance est réservée pour la fin. Origène semble mettre entre le selon-l’image et le selon-laressemblance un relation de puissance à acte, comparable à celle
25. In Jo., xx, 34 (27) (G. C. S. 1V, p. 372, L. 32 sq.). 26. Fragm. in Jo,. vi (G. C. S. 1v, p. 480, 1. 12 sq.). 27. Fragm. in Luc., 42 (G. C. S. 1x, p. 253, 1. 10). 28. HLev., xu1, 7 (G. C. S. vi, p. 466, 1. 23). 29. Voir p. 153, note 38.
o. foan., IV, 34.
2 F Jo., xt, 37 (G. C. S. 1V, p. 262, 1. 12). 32. CC vu, 72 (G. C. S. ui, p. 289, 1. 4 sq.).
de orépuax à réxvov %, Si on pense que le récit d’où est tirée la distinction est celui de la première création, c’est-à-dire celui qu'Origène entend des intelligences préexistantes, il semble difficile d’éliminer l’idée d’un progrès réel entre la vie d’avant la chute et celle de la fin des temps. Que cette solution ne s’harmonise guère avec les passages que nous venons de mentionner, cela est évident. On ne peut guère parler d’évolution, puisque les deux séries de textes se trouvent à la fois dans les mêmes livres. Peut-être y a-t-il là, dans la pensée d’Origène, une contradiction non surmontée entre sa vision platonicienne et sa vision chrétienne du monde #4,
$ 2. — L’imitation de Dieu et du Christ
Certains textes mettent dans l’imitation de Dieu la voie du progrès spirituel #5, le passage de l’image à la ressemblance, imitation qui est le résultat de la propre activité de l’homme #6 et dépend de sa liberté 7. Les principaux points sur lesquels porte l’imitation sont surtout la bonté de Dieu, même envers les ennemis. « La ressemblance avec Dieu et l’imitation de celui qui aime tous les êtres et ne haïit rien de ce qu’il a créé se manifeste. dans celui qui aime ses ennemis et prie pour ceux qui le persécutent. » Comme Dieu fait lever son soleil, « ainsi chacun des fils de Dieu, ayant l’amour en lui comme un soleil, le fait lever sur les mauvais ». Comme Dieu fait pleuvoir, « ainsi le saint envoie sa prière comme une pluie sur ceux qui sont au dessous de lui parce qu'ils le persécutent »%, « Le Seigneur est longanime, et l’homme
33. Le Commentaire sur l’Epître aux Romains (traduction de Rufin) applique la distinction de l’acte et de la puissance à l'habitation du Logos dans l’âme (/n Rom. vint, 2 : P. G:. xIv, col. 1162 C sq.) : « Nous devons savoir qu'il y a une différence entre la puissance et l’acte — les Grecs les appellent Sivauic et èvépyeix. Ainsi, un nouveau-né est un homme raisonnable en puissance, car il peut devenir raisonnable s’il grandit. Et il est charpentier, pilote ou grammairien en puissance, car il peut le devenir. Mais, tant qu’il est enfant, il n’est rien de tout cela en acte, c’est-à-dire en réalité, en fait. S'il commence à être raisonnable ou à pratiquer quelque métier, il reçoit ces qualités en acte, dans une certaine mesure. De même le Christ, Verbe de Dieu (= Logos), est présent en puissance, nous devons le croire, en nous et en tout homme, commela raison dans les enfants; mais je pourrai seulement affirmer qu'il est en moi en acte, lorsque j'aurai confessé de bouche que Jésus est Seigneur, et que je croirai de tout mon cœur à sa résurrection d’entre les morts ». Origène cite comme argument scripturaire, pour la présence du Logos en puissance Yoan., 1, 26 « Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ignorez », pour la présence en acte Maith., xVII1, 20 « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». On voit de nouveau que s’il distingue d’une certaine façon la signification naturelle et la signification surnaturelle du Logos, il les met en continuité ou même les confond l’une avec l’autre.
34. Voir BUERKE. art. cit., pp. 20-23; DENIS, op. cit., pp. 162, 353. Sur l’ensemble de la question MERKI, op. cit., pp. 61-63; KYRILLOS, It, pp. 264-265.) D’après Irénée, Adam avait avant la chute l’image et la ressemblance, mais cela n’excluait pas une possibilité de progrès, car il les possédait d’une certaine façon à l’état enfantin : voir p. 66.