‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 222 sur 276 · Luc, III, 15, Joan · texte numérisé non relu

Luc, III, 15, Joan

94. Matth., xiv, 2, Marc, Vi, 14, Luc, 1x, 8 : Hérode Antipas croit que Jésus est Jean ressuscité.

os. Entr. Her. 14 (p. 150, 1. 23 sq.) : cf. pp. 137-138.

ner, adoucir, apprivoiser par le Logos. Enfin un beau passage du Contre Celse affirme que les statues des chrétiens « ne sont pas faites par des artistes, mais sculptées % par le Logos de Dieu et formées en nous : ce sont les vertus, imitations du: Premier-Né de toute créature », qui est appelé plus loin « le Prototype de toutes les statues, l'Image du Dieu invisible, le Dieu Monogène ». Chacun collabore à ce travail, car les chrétiens, dans la mesure où ils dépouillent le vieil homme pour revêtir le nouveau, « font en eux-mêmes des statues » du Créateur, « celles que veut le Dieu de l’univers ». Ces chefsd'œuvre dénotent un art si parfait « qu’il n’y a pas de comparaison possible entre le Zeus Olympien sculpté par Phidias, et l’homme fait suivant l’image du Dieu Créateur » ??.

Cette « forme » de lui, que le Logos met sur nous, s’étend à toutes nos actions. « L’Époux désire que toutes nos pensées et tous nos actes soient marqués de son caractère % ». « Toute action, parole et pensée (de ceux qui disent le Notre Père), formées par le Logos Monogène selon lui, imitent l’Image du Dieu invisible et deviennent selon l’image du Créateur »®: l’imitation du Verbe est donc identifiée par ce texte avec notre formation par le Verbe. Nos paroles doivent être semblables aux monnaies dont on trafique dans le gazophylacium du Temple, c’est-à-dire « aux paroles divines portant imprimée l’image du grand Roi »1%, Aïnsi recevons-nous sur le front la marque (oppæyis, xapaxrhp) qui fait échapper les élus aux châtiments de l’Apocalypse : cette marque n’est autre que la ressemblance du Verbe 101,

Il ne suffit pas de dire que le Christ nous forme, il faut ajouter que le Christ se forme en nous, selon les vertus qu’il est. Cette pensée fait la transition entre le thème que nous venons de traiter et celui qui va suivre : elle montre que l’imitation du Logos ou la formation selon lui ne désignent pas seulement une conformation qui reste extrinsèque, mais que la ressemblance du Christ est une véritable présence du Christ en nous. Nous avons vu pareïillement que la cause de notre qualité de logika s'exprime, soit par le logos qui est en nous,

96. DELARUE corrige en note TPavoÜLEVx par TOPVOULEVX OU TETOPEUHLÉVE.

97. CC vin, 17 (G. C.S. p.11, 234, L. 24 sq). Autres textes similaires dans le Contre Celse : 111,68 (G. C. S. 7, p. 261, 1. 8 sq.) ceux qu’on n’aurait pu corriger par des châtiments « le Logos les a transformés, les formant (uoppooxc) et les marquant (ruvroac) selon sa volonté »; vi, 68 (G. C. S. 11, p. 138, I. 12 sq.) “ Il appelle ceux qui sont chair afin de les former d’abord selon le Verbe fait chair, pour ensuite les élever de façon à ce qu’ils le voient comme il était avant de devenir chair ». La comparaison de la statue se trouve chez Clément et chez Plotin.

Page 1