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s'applique à ceux « qui ont toujours le Seigneur devant les yeux de l'esprit %, Cette métamorphose de l’homme commence sur terre, mais elle n’est évidemment parfaite qu’au ciel. Dès cette vie on peut connaître, à travers l'humanité du Christ, sa divinité qui la transfigure, et donc être changé en son image, mais de façon partielle « per speculum et in aenigmate ».
« Nos connaissances certaines au sujet de Dieu, lorsqu'elles sont contemplées par une intelligence (voÿc) rendue apte à cela par sa pureté éminente, pourraient être identifiées avec la gloire du Seigneur qu’on vit alors (à la Transfiguration) : en effet l'intelligence qui s’est purifiée, qui a dépassé tout le matériel, pour être à même de contempler Dieu avec certitude, est divinisée par ce qu’elle contemple. Tel est le sens de la glorification qui apparaît sur la face de celui qui contemple Dieu, qui vit en lui, et demeure dans une telle contemplation; cela est exprimé en figure au sujet de la face de Moïse que glorifiait la divinisation de son intelligence ». Une citation de II Cor., 1, 18 suit ce texte 140, La contemplation transforme donc en Dieu l’âme qui s’est auparavant purifiée : idée apparentée certes à la philosophie de Plotin, mais qui est à examiner dans l’ensemble de la spiritualité d’Origène, telle que nous l’exposons en ce chapitre: si la contemplation divinise, il en est de même de l’imitation du Christ et de la pratique des vertus. On ne peut choisir une de ces voies sans les autres, car la contemplation elle-même exige impérieusement des conditions morales, comme Origène l’affirme en une infinité de passages 1,
L’organe par lequel nous contemplons Dieu, c’est-à-dire la « face dévoilée », est selon l’'Homélie III sur Ézéchiel le principale cordis nostri, équivalent hiéronymien et rufinien de l’hyeuomxév. « Cette face, dont parle l’apôtre, est recouverte chez beaucoup et dévoilée chez peu. Celui qui met sa confiance dans une vie immaculée, une pensée saine, une foi vraie, celui-là seul n’a pas le voile du désordre, du mensonge, et du péché, mais à cause de la pureté de sa conscience, il contemple la gloire du Seigneur la face dévoilée. » Il faut affermir ce visage spirituel par l’étude de l’Écriture, pour qu’il ne flotte pas à tout vent de doctrine 12, On voit encore combien étroitement se mêlent chez Origène mystique et morale. Dans le Contre Celse ##, cette même face est expliquée par l'intelligence (voÿc), la partie la plus haute de l’âme : « En disant que Dieu est intelligence, ou plutôt qu’il est au delà de l’intelligence 1# et de l’essence (odoix), qu’il est simple,