‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 244 sur 276 · Voir p · texte numérisé non relu

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231. Voir VôLKER, op. cit., pp. 153-156; H. CH. Purcu, Un livre.…., p. 535; BARDY, La spiritualité d'Origène, pp. 91-93; DANIÉLOU, Les sources bibliques de la mystique d’'Origène, p. 137 sq.; BIGG The christian Platonists of Alexandria, p. 200.

la pratique de la vertu, il parlera parfois d'imitation du Christ et de Dieu, semblant miser sur l’effort humain et oublier la grâce; parfois du Christ formant le fidèle et se formant en lui, en ne disant rien de l'action propre de l’homme. Certains textes ne seraient pas déplacés chez les philosophes qui ignorent la grâce; d’autres au contraire présentent le Verbe ou l'Esprit comme le levain qui fait monter la pâte humaine, ou la puissance qui mène à maturité la semence. De même le rapport entre la contemplation et la ressemblance est réciproque : en contemplant on devient semblable, mais pour contempler il faut déjà être semblable. Avec Origène la théologie n’est pas encore parvenue au stade analytique qui fait surgir les problèmes, mais il a un sens exact de la synthèse concrète.

Le P. Karl Rahner a raison de protester contre « le synergisme extrinsèque entre la grâce et la liberté humaine » prêté parfois à Origène. L'action vertueuse est tantôt attribuée à Dieu sans parler de l’homme, tantôt à l’homme sans parler de Dieu. Ne serait-ce pas qu’elle est à la fois tout entière de Dieu et tout entière de l’homme? On ne peut pas dire avec justesse que l’action de Dieu et celle de l’homme coexistent ou collaborent, car elles ne font pas deux, l’action de Dieu est intérieure à l’action humaine. Le selon-l’image, qui est un don de grâce, l’amorce de notre divinisation et de notre filiation, non seulement une puissance, mais un début — Origène ignore la distinction du naturel et du surnaturel — constitue « notre principale substance », et la montée vers la ressemblance est le développement de ce germe. Il serait intéressant d’étudier dans quelle mesure Origène pénètre dans le mystère de l’existence du libre arbitre, chez un être essentiellement formé par sa participation à Dieu.

Il nous faut maintenant achever cette ascension spirituelle. Si le Saint-Esprit, qui se mélange dès ici-bas à l’âme pour la faire progresser de l’image à la ressemblance constitue « les arrhes de notre héritage », il prélude ainsi à l’héritage céleste qui coïncidera avec la ressemblance complète : lorsque le partiel se sera évanoui devant le parfait, lorsque ce qui est « à travers un miroir, en énigme » aura cédé la place au « face à face ».

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