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Il n’en est pas de même chez Origène. Les index de l’édition de Berlin montrent combien rarement les mots éxa0fs ou &ré@eus sont employés par lui. Certes l’idée n’est pas absente de son œuvre: il ne faut pas s'attacher à la matière et aux corps 27. Il reproche à Celse d’être emporté par sa « passion imbécile et aphilosophique » ?#, c’est-à-dire par sa haine contre le christianisme, et il montre les ravages que fait cette passion dans les jugements du philosophe païen, lui ôtant la modération et l'équilibre qui devraient être l’apanage de la créature raisonnable 22?, Mais M. Vülker montre combien le concept de l’apathie a été christianisé par lui, comme d’ailleurs par Clément, qui y introduit les aspects passifs de la charité chrétienne ?*. D'autre part l'amour est pour Origène supérieur à l’apathie #1, Nous sommes loin de la conception passablement égoïste qui est celle de l’apathie stoïcienne comme de l’ataraxie épicurienne ou pyrrhonienne. L'homme ne cherche pas son bonheur en se fermant sur lui-même. Comme la doctrine de l’image le montre il a son centre hors de lui: le saint est dans un certain sens un passionné.
On ne trouve guère, dans l'itinéraire spirituel que nous avons décrit, centré autour du thème de l’image, d’allusion explicite aux sacrements. Certes le baptême est plus ou moins sous-entendu dans la conformité à la mort et à la résurrection du Christ, et l’eucharistie quand il est question du pain vivant descendu du ciel. Mais ils sont plutôt contenus dans le signifiant que désignés directement. Cette question de l'attitude d’Origène envers le sacramentalisme et les sacrements est fort délicate et demanderait une étude d’ensemble.
Bien loin de reprocher à Origène de verser dans le pélagianisme ou le semipélagianisme, on peut admirer — à condition de prendre sa pensée dans son ensemble et non dans tel ou tel passage séparé — l'équilibre de la réponse qu’il donne au problème de la grâce. Comme la question n’a pas été encore clairement posée à la conscience chrétienne, il ne la traite guère dans son ensemble, mais il insiste tantôt sur un aspect, tantôt sur un autre, suivant le texte scripturaire qui l’inspire ou les hasards de son développement. Pour ce qui concerne
227. Par exemple, In Fo., xx, 22 (20) (G. C. S. 1v, p. 355, 1. 16), cf. p. 145; In Jo., xx, 16 (14) (G. C.S. 1V, p. 348, 1. 5) : cf. p. 133, note 32.