‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 247 sur 276 · Cor · texte numérisé non relu

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ils voient dans le corps terrestre le germe d’où sortira le corps céleste, à la fois identique au premier et différent de lui, comme la plante l’est de sa graine H, Mais l’idée d’Origène a aussi une origine philosophique : c’est sa conception de lamatière, proche de celle de Plotin 12. La matière est le support des qualités, mais elle n’a elle-même aucune qualité : elle peut les recevoir toutes, mais elle est pure puissance. Elle ne saurait déterminer le corps. D'ailleurs elle se renouvelle constamment dans l'organisme et ce dernier garde son identité malgré ce perpétuel écoulement. Le principe qui assure la permanence du corps n’est pas à chercher en elle, mais dans une « forme corporelle » (rù eidos rù oœuarixév) 15, Ainsi de même qu’à la seconde création Dieu a façonné notre corps terrestre avec du limon, à la consommation des siècles il modèlera notre corps glorieux avec une matière céleste 14, cette forme corporelle assurant lidentité personnelle de l’un et de l’autre.

La résurrection des élus est l’image de celle du Christ: nous trouvons ici le sens ultime de cette conformité à la mort et à la résurrection du Christ dont nous avons plusieurs fois parlé. Un fragment sur la première Épître aux Corinthiens, qui traite abondamment de la résurrection des morts, commente ainsi les paroles de saint Paul, lorsqu'il voit dans celle du Christ le symbole de la nôtre 15. « Si le Christ est ressuscité des morts et s’il est le premier-né d’entre eux, aucun premier-né ne peut être d’une autre nature (étepoyevé&c) que ses cadets, et il faut que sa résurrection soit homogène (éuoyevñ) à celle des ressuscités. Ruben, fils de Jacob, est l’aîné, et ses frères sont de même nature que lui: Ruben n’est pas d’une nature, et Siméon, Lévi ou les autres d’une seconde; la même chose peut être dite de tous les aînés. S’il a porté un corps, sa résurrection a été corporelle, si bien qu’on l’a vu manger, comme le dit Jean dans son évangile. Mais les hérétiques se représentent autrement la résurrection de ceux qui croient au Christ : ils ne peuvent pas montrer comment Jésus est le premier-né des morts ». L’Entretien avec Héraclide affirme de même que la résurrection des corps est une conséquence de celle du Christ 16,

Après la mort trouve place d’abord une ultime conformation à la mort du Christ. « Au sujet de la renaissance (mayyeveoix) au sortir

11. Voir fragm. in I Cor., Lxxx1v sur I Cor., xV, 20-23 (J. T. SAXAD A0 I33284:) qui développe tout cela : il est traduit par le P. PRAT, op. cit., pp. 88 sq.

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