‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 249 sur 276 · Entr. Her., 5, p. 132, 1. 4 sq · texte numérisé non relu

Entr. Her., 5, p. 132, 1. 4 sq

du bain, tout homme, pur de toure souillure, parce qu’il est né de nouveau (ou d’en haut) à partir de l’eau et de l'Esprit, est, si j'ose ainsi parler, pur à travers un miroir, en énigme. Mais il y a une autre renaissance, quand le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire; alors tout homme parvenu à cette seconde renaissance dans le Christ sera tout à fait pur de ses souillures, face à face 17, et c’est par le bain de la renaissance qu’il atteint à cette seconde renaissance. Dans cette renaissance à travers le bain de feu et d’Esprit, nous devenons conformes au corps glorieux du Christ, siégeant sur son trône de gloire » 18, Ce second baptême, le baptême de feu, c’est le purgatoire, qui apporte à l’homme souillé par l’existence la purification dernière 1.

Devenu alors complètement céleste, l’homme est conformé parfaitement à la résurrection du Christ. Nous avons étudié le fragment sur les Romains ® qui distingue deux manières de l’être : l’une qui regarde notre vie terrestre et reste imparfaite, sacramentelle, « à travers un miroir, en énigme », lorsque le « saint » dès ici-bas « cherche les réalités d’en haut », la seconde à la fin des temps, parfaite, « face à face », quand la prophétie de Daniel recevra sa réalisation. Cette conformation, c’est la communication complète de la vie même du Christ, de la vie en Dieu : « Celui qui devient conforme à sa Résurrection reçoit de vivre en Dieu » ?1, II entre parfaitement dans « la nouveauté de vie » 2. Il participe alors au repos du Seigneur, au repos qui suit le sabbat, et c’est le Seigneur qui le produit en lui #. Il obtient

17. KLOSTERMANN, l'éditeur de l’In Matthaeum dans l'édition de Berlin, n’a pas compris ce passage, au contraire de DELARUE. Il le présente ainsi : xaOaporarés Ecru dnd bürou < xai Blémer > mpoownmov rpèc rpbownov, ajoutant les mots placés entre crochets : « est tout à fait pur de ses souillures < et voit > face à face ». Il n’a pas aperçu qu’à la purification « à travers un miroir, en énigme » qui est celle du sacrement de baptême, est opposée la purification « face à face », celle du baptême de feu eschatologique, du purgatoire. Origène applique pourtant fréquemment l’opposition des locutions pauliniennes en question à d’autres objets qu’à la connaissance : voir p. 173 au sujet de la liberté. Cette série de textes peut être le point de départ d’une réflexion sur la conception que se faisait Origène du sacrement, à la fois participation inchoative et figure des réalités célestes.

18. In Mt., xV, 23 (G. C. S. x, p.417, 1. 17 sq.) : voir DANIÉLOU, Origène, pp. 72-73.

19. L’In ÿoannem, Xxx11, 7, 8, 9 (6) (G. C. S. 1V, pp. 435, 1. 32 sq.) semble voir dans le lavement des pieds le symbole de cette purification eschatologique. L’homélie x1v sur Luc (G. C.S.1x, p. 99, 1. 16 sq.) parle d’une purification à la Résurrection. L’homélie xx1v sur Luc (G. C.S. 1x, p. 158. 1. 19 sq., traduction de Jérôme) décrit ainsi le baptême de feu, dans un texte qui a des résonances à la fois scripturaires et mythologiques (les fleuves des enfers) : « Ainsi le Seigneur Jésus-Christ se tiendra dans le fleuve de feu, auprès de l’épée flamboyante, et quiconque, après le terme de cette vie, voudra passer au paradis et aura encore besoin de purification, sera baptisé par lui dans ce fleuve, puis il le laissera aller dans le lieu qu’il désire; mais celui qui ne portera pas le signe du premier baptême ne sera pas baptisé du bain de feu. Il faut en effet être d’abord baptisé par l’eau et par l'Esprit, pour pouvoir montrer, quand on sera arrivé sur les bords du fleuve de feu, qu’on a vécu conformément au baptême d’eau et d’Esprit, et qu’on mérite de recevoir alors le baptême de feu dans le Christ Jésus ».

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