‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 44 sur 276 · Démonstration, 22, p · texte numérisé non relu

Démonstration, 22, p

183. Irénée applique à l'Esprit l’appellation biblique de Sagesse. Pour Origène, conformément à Z Cor., 1, 24, elle est une des dénominations du Fils et même la dénomination suprême, l’&pxh, passant avant celle de Verbe : In Ÿo., 1, 39 (42) (G. C.S. IV, pp. 51 1. 5 sq).

184: Ado. Haër.; 1147; 21 %p 368); ir, 30/11, p.120) "111, 38, 2 (IL p.132); IV, 62, 2 (11, p. 206); v, 6, 1 (li, p. 333).

Logos dans sa préexistence divine seule, il s’agit du Verbe incarné. « L'image de Dieu c’est le Fils, à la ressemblance duquel l’homme a été fait. Et c’est pour cela que le Fils est apparu à la fin des temps, afin de montrer que son image lui ressemble. » C’est donc l'Homme- Dieu, tel qu’il existait de toute éternité dans les desseins divins, qui a servi de modèle à l’homme 155. On peut en déduire que l’image du Verbe en l’homme ne comprend pas seulement le spirituel, mais toute la réalité humaine, et l’accent est mis fortement sur la corporéité, puisque l’image est souvent mise en relation avec la chair etle radoue 156,

Pour la première fois parmi les écrivains ecclésiastiques, Irénée distingue l’image et la ressemblance. L'image se trouve dans la nature humaine, corps et âme, et elle ne peut être perdue. La ressemblance est d'ordre surnaturel : donnée à Adam, perdue par la chute, elle nous est rendue dans le Christ. Elle consiste surtout dans la présence de PEsprit Saint dans l’âme 187. Le mot de nveüux est en effet tantôt employé pour la troisième Personne divine, tantôt il est question de lesprit qui est en chacun comme une participation au Saint Esprit 18 : de là une division tripartite de l’homme en corps, âme et esprit que nous retrouverons chez Origène; le corps et l’âme sont le siège de l’image et l’esprit celui de la ressemblance 1%.

L’infusion de l'Esprit Saint provoque en l’homme, comme saint Paul aussi l’affirme, un véritable changement dans l’être, il lui rend son essence primitive. La chair, c’est-à-dire l’homme naturel, corps et âme, tout en restant ce qu’elle est, s’oublie et prend la manière d’être de l'Esprit 1%, Le sauvageon est ennobli par le greffon enté sur lui 11, Ce changement ne se produit pas d’un coup, mais la ressemblance est le résultat d’un long progrès : la possession de l’Esprit Saint n’est donnée que partiellement dans cette vie. L’assimilation complète à Dieu ne se produira que dans le monde des ressuscités, apportant la vision de Dieu, la communion avec lui, la gloire, l’immortalité, privilèges de l’homme spirituel ou parfait. La ressemblance, réalisant enfin le projet divin de la création de l’homme, compromis par la

185. Démonstration 22, p. 383; cf. Adv. Haer., 11, 31, 1 (M, p. 121); V, 16,1 (x, p. 368). l 6

186. Il ne faudrait pas en déduire avec Harnack que seul le corps porte l’image du Logos, car la chair et le plasma désignent en fait toute la nature humaine : cf. A. STRU- KER, 0. cit., pp. 93-94. La raison profonde de cette conception doit être cherchée dans la doctrine de la récapitulation : cf. bid., pp. 85-86. LE (

187. Adv. Haer., v, 6, 1 (11, p. 334) : celui qui n’a pas l'Esprit «imaginem quidem habens in plasmate, similitudinem vero non assumens per Spiritum ».

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