‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 46 sur 276 · Ibid., V, 10, 2 (11, p · texte numérisé non relu

Ibid., V, 10, 2 (11, p

chute, est comme une création continue par les « mains » de Dieu, puisque le don du Pneuma qui la constitue vient de Dieu seul.

À sa création Adam avait reçu à la fois l’image et la ressemblance, les dons naturels et les surnaturels, non comme un privilège personnel, mais pour les passer à ses descendants. Erik Peterson 1%? se demande à ce sujet pourquoi malgré cela Adam n’est jamais appelé « homme parfait », titre réservé aux ressuscités qui ont retrouvé la ressemblance. Il trouve la réponse dans le texte suivant : « Autrefois on disait que l’homme avait été créé selon l’image de Dieu, mais on ne le montrait pas. En effet le Logos était encore invisible, lui à l’image de qui l’homme a été fait. Et c’est pourquoi l’homme perdit si facilement la ressemblance. Lorsque le Logos de Dieu s’est fait chair, il les confirma l’une et l’autre : il manifesta vraiment l’image, en devenant ce qu'était son image, et il établit solidement la ressemblance, en rendant l’homme semblable au Père invisible par le Verbe visible » 1%, E. Peterson en conclut qu'Adam n’était pas encore l’homme parfait parce que le Christ n’était pas encore visible et qu’il lui était possible de pécher et pour cela de mourir. La venue du Christ seule donne à l’homme la faculté de devenir l’homme parfait selon l’image et la ressemblance. D'ailleurs Irénée dit aussi que le premier homme n’a pas reçu les dons surnaturels de façon achevée, mais qu’il était dans un état d’enfance 14,

Irénée n’appuie pas sur Gen., 1, 26, comme le fera Origène, la distinction de l’image et de la ressemblance: elle est chez lui en liaison avec l’ävaxepaaiwous paulinienne. Il ne semble pas qu’il l’ait empruntée directemnt à la philosophie grecque: elle vient plus vraisemblablement des gnostiques qu’il combattait 15.

La notion irénéenne de l’image reste plus conforme à l’esprit de Gen., 1, 26 que ne l’était celle de Philon, que ne le sera celle de Clément et d’Origène, car le corps n’en est pas exclu. « Par les mains du Père, c’est-à-dire par le Fils et l'Esprit, l’homme est créé selon la ressemblance de Dieu, non seulement une partie de l’homme. L'âme et l'esprit peuvent en effet être une partie de l’homme, mais non l’homme lui-même : l’homme parfait résulte du mélange de l’âme, qui reçoit l'Esprit du Père, avec cette chair, qui a été façonnée (plasmata) selon l’image de Dieu, de manière à former une réalité unique 1%, » Ce texte, qui concerne directement la recréation de l’homme parfait à la fin des temps, affirme que la chair a été façonnée au début selon l’image de Dieu, et montre chez Irénée un sens de l’unité de l’homme qu’on ne trouve pas chez d’autres écrivains ecclésiastiques plus influencés par la philosophie grecque. Il se sépare aussi de la tradition hellénique

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