‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 5 sur 276 · Histoire et Esprit, p · texte numérisé non relu

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Surtout il ne faut pas essayer de faire entrer sa doctrine dans des cadres qui ne sont pas les siens, s'ils sont ceux de notre théologie contemporaine : il faut l’étudier dans ses articulations propres, suivant ses schèmes et ses représentations favorites. La plupart des grands travaux qui ont été consacrés à Origène depuis la Renaissance jusqu'aux dernières années, ceux de Huet, Redepenning, Freppel, Denis, Mer Kyrillos, de Faye, par exemple, ont été des études d'ensemble qui ont cherché à exposer la doctrine d'Origène suivant des catégories qui forment les grandes lignes de notre théologie contemporaine. Or d’une part ces études étaient prématurées, car les travaux de détail manquaient, et manquent encore en grande partie. Et d’autre part les cadres qu’on imposait ainsi de force à l’Alexandrin, n'étant pas ceux dans lesquels il pensait, laissaient dans l'ombre une grande partie de sa substance et déséquilibraient encore le jugement porté sur lui. Ainsi on qualifiait Origène de pélagien ou de semipélagien pour quelques textes isolés sur la grâce, sans remarquer que la participation de l’homme à l’image de Dieu désigne vraiment notre grâce sanctifiante, et que la pensée d’Origène sur ce point ne mérite guère une semblable interprétation. Nous devons donc l’étudier suivant ses cadres à lui. Il est cependant permis au théologien d’éprouver parfois en lisant ce docteur du IIT® siècle le sentiment aigu de la continuité de sa foi et de mettre en rapport tel thème origénien avec tel aspect de la théologie actuelle, qui exprime sous d’autres expressions la même réalité vivante.

Il faut enfin tenir compte du caractère propre d'Origène. Il n’a rien d’un esprit systématique, ni d’un rédacteur de Somme, de même que sa théologie n’est pas notre théologie scientifique. Il y a certes une unité dans son œuvre, celle d’une géniale vision du monde, mais il ne s'agit pas alors du « système » rationnel au sens étroit qu’on a recherché trop souvent en lui, non sans faire subir à sa pensée des déformations et des mutilations mortelles. Le P. Prat s'élève avec raison contre ce principe posé par Denis © : il faut juger l’auteur moins sur ce qu’il dit que sur ce qu’il doit dire d’après ses principes. Ce rationalisme outrancier, contraire à toute saine critique historique, n’aboutit qu’à torturer l’auteur étudié, en faisant entrer de force son exubérante richesse dans la logique sèche et pauvre de son critique. Il est difficile de mesurer combien cette recherche du système a nui à l'étude d'Origène : elle est responsable de la place démesurée donnée au Peri Archon dans son œuvre parce qu’on a cru voir dans ce livre un premier essai de Somme Théologique. Origène est un des auteurs les moins systématiques qui soient. C’est un impulsif, qui suit jusqu’au bout son texte ou son idée du moment, sans se préoccuper pour l'instant de le contrebalancer par une autre qui rétablira la vérité complète. Dans un second passage 1l développera la conception complémentaire et l'équilibre sera ainsi trouvé, mais pour celui qui a eu la patience de lire toute son œuvre, ou du moins tout ce qui en reste. On comprend qu’on ait cru dans

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