‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 4 sur 276 · Voir la bibliographie · texte numérisé non relu

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pectes comme la plupart des traductions de l’époque, et sous le prétexte qu’elles représentent un « origénisme populaire », où pour des raisons de prudence l’auteur aurait atténué ses « témérités » et camouflé sa vraie pensée — supposition qui nous paraît correspondre fort mal au tempérament d'Origène — on supprime du même coup une bonne part du spirituel, du pasteur et du chrétien. Suivant les conseils du P. de Lubac 1 : « En ce cas plus qu’en d’autres le vrai remède n’est pas l’abstention : il au contraire l’utilisation massive. Pour avoir chance d'atteindre l’Origène authentique, il faut multiplier les citations. Les passages parallèles se contrôlent alors, se déterminent et se commentent mutuellement, surtout quand viennent en regard, par exemple, une phrase du latin de Rufin, une autre du latin de Férôme, une troisième enfin conservée dans l’original. Or la chose n’est pas rare, et de ces confrontations se dégage une impression d'unité ». Telle est la méthode que nous avons suivie, et le lecteur nous pardonnera la lenteur, peut-être la lourdeur, de la marche qu’elle impose, en goûtant le charme qui se dégage des textes origéniens.

IT semblerait inutile d’avertir le critique d’Origène qu’il doit s’en tenir à une méthode strictement historique et faire un effort pour entrer dans la mentalité d’un chrétien du IIIe siècle. Et cependant la principale source des incompréhensions, disons même des scandales, soulevés par la pensée d’Origène, est qu’on a cherché chez lui la solution de problèmes qu’il ne s’est pas posés, qui ne se posaient pas encore à la conscience chrétienne, du moins avec l’acuité et sous la forme que lui donneront les hérésies et controverses postérieures : alors on s'étonne de ne pas trouver dans ses expressions une prudence et une circonspection qu’il ne pouvait pas avoir, car sa sensibilité de théologien ne pouvait être aiguisée comme la nôtre par une histoire bimillénaire, qui nous a appris le danger de formules ambiguës, quoique orthodoxes d'intention. On soulignera ainsi chez lui des spéculations rendant un son arien, nestorien ou eutychien, pélagien ou semi-pélagien, et on fera de son œuvre un ramassis d’hérésies contradictoires. La vraie méthode semble là aussi dans une utilisation massive des textes qui se remettent au point l’un par l’autre. Et par delà des spéculations qui peuvent parfois nous paraître maladroites, parce que nous leur demandons ce qu’elles ne songent pas à nous donner, on trouvera la pensée authentique, la clef des intentions qui président à ces essais, dans les conceptions sous-jacentes qu’impliquent un bon nombre de textes : nous en constaterons plusieurs exemples dans l’étude qui suit.

Il faudrait aussi, pour comprendre Origène de façon authentique, des études de vocabulaire qui n’ont guère été faites jusqu'ici, car les mots qu’il emploie ont parfois un sens assez différent de celui que nous leur donnons. Nous en verrons un exemple pour le mot oywés qui semble avoir chez lui un sens surnaturel, qui n’est pas la signification philosophique et naturelle de notre mot raisonnable : et cette confusion de sens est peut-être responsable des critiques qu’on a faites à l’apocatastase origénienne.

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