‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 51 sur 276 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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€ De même que les prêtres (hébreux) offrent comme première victime celle du sacrifice perpétuel, et ensuite toutes celles que la loi ordonne avant la victime vespérale du même sacrifice perpétuel... de même nous, commençant par la doctrine de l’image notre offrande qui est le Christ, nous pourrons disserter sur beaucoup de points et qui seront fort utiles. Et de même, au moment d’en finir avec ce qui concerne le Christ, nous parviendrons à ce qui est comme le soir et la nuit, en arrivant aux réalités corporelles. » Ce passage est ainsi introduit : « Quelle autre victime du sacrifice perpétuel peut-il y avoir, au sens intelligible, pour le logikon, si ce n’est le Logos dans toute sa force, le Logos appelé symboliquement Agneau, envoyé d’abord pour éclairer l’âme — telle est la victime matinale du sacrifice perpétuel — et offert de nouveau lorsque se termine le séjour de l’intelligence parmi les réalités divines ? Car cette dernière ne peut rester toujours dans les pensées supérieures, tant que le sort de l’âme est d’être unie au corps terrestre qui l’alourdit !. »

Si nous interprétons bien ce texte très difficile, en le rapprochant d’un autre passage de l’In Joannem « C’est une grande chose que de porter les chaussures de Jésus, c’est une grande chose que de se pencher sur sa corporéité d’ici-bas, pour y apercevoir son image qui est en bas ?, et de délier chacune des obscurités du mystère de son incarnation, semblables aux lacets de ses chaussures »3, nous verrons dans ces deux offrandes du Christ les deux manières dont il est image de Dieu. Seul le Logos-Dieu est image immédiate du Père, l'humanité de Jésus n’est qu’une image médiate due à l’intermédiaire du Verbe. Le rôle médiateur entre Dieu et l’homme incombe à la fois, mais de façon différente, à la divinité et à l'humanité. Mais tant qu’il est sur terre, l’homme ne peut rester longtemps dans la vision ou dans la considération de la divinité du Christ : celle-ci ne lui apparaît ordinairement qu’à travers l’humanité.

1. In Jo., vi, 52 (34 et 33) (G. C. S.1v, p.161,1.20sq,l.12sq)

2. Ce texte est reproduit presque mot pour mot dans un fragment édité par Rauer après l’homélie xxiv sur. Luc (G. C. 5. 1x, pp. 159 sq). Mais ce fragment dit plus clairement : « pour apercevoir en bas l’image des réalités d’en haut » (1. 24 sq).

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