‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 53 sur 276 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La synthèse entre les sources helléniques et les sources bibliques de l’image qui s’impose aux docteurs chrétiens est plus délicate à opérer que celle qu’ont eu à faire les Juifs hellénisants : à cause de la révélation du Christ, deuxième personne de la Trinité. À côté d’affirmations de Jésus comme : « Le Père est plus grand que moi »1, saint Paul proclame l'égalité entre le Fils et le Père ? et saint Jean leur unité ÿ.

Plusieurs questions se présentent à notre recherche. Il nous faut d’abord établir le fait: c’est le Logos-Dieu, non le Verbe incarné, qui est au premier chef l'Image de Dieu; et nous essaierons en même temps de préciser le concept d'image dans ce cas. Ensuite nous devons chercher comment Origène se représente la production de l’Image à partir du Modèle, en d’autres termes, puisque nous verrons la notion d’image recouvrir celle de fils, la génération du Fils par le Père. Alors deux importants problèmes se poseront à nous. L’Image, qui est le Verbe, est-elle consubstantielle au Modèle, comment Origène a-t-il compris cette consubstantialité, et distingue-t-il vraiment la génération de l’Image de la création des êtres faits selon l’image ? Ensuite l’Image est-elle, comme la métaphore peut le suggérer, et comme l’enseignent Platon, Philon et Plotin, une dégradation du Modële, une reproduction affaiblie, ce qui est en contradiction avec l'égalité des Personnes au sein de la Trinité chrétienne ? Enfin nous examinerons l’Image dans son rôle d’intermédiaire, de médiatrice, quand elle transmet aux logika, c’est-à-dire aux anges et aux hommes, l’exemplarité qui la constitue elle-même.

$& 1. — L’Image invisible du Dieu invisible

Origène cite souvent Colossiens, 1, 15 « l’image du Dieu invisible », de préférence à 11 Corinthiens, 1v, 4, où le mot « invisible » ne figure pas. C’est que ce terme exprime un des attributs divins qu’il a le plus à cœur, l’incorporéité absolue. Son insistance montre qu’il ne manquait pas de contradicteurs, même au sein de la grande Église,

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