Voir, pp. 254 sq
prétation est plus dans l’esprit d’Origène, que celle qui considérerait le Christ comme un intermédiaire devenu inutile #8.
$ 2. — La génération de l’Image
Origène applique souvent au Christ les titres donnés à la Sagesse en Sap., VII, 25-26, ainsi que ceux de l’Épître aux Hébreux, 1, 3 #. Dans le livre I du Peri Archon et dans plusieurs autres textes, chacune de ces appellations est étudiée. Un bon nombre d’entre elles est expliqué par la relation d’origine qu’exprime l’image entre le Fils et le Père: nous voulons maintenant examiner ces explications, et nous verrons en même temps ce qu’il dit à propos de chaque titre.
Nous n’insistons pas sur l'accusation faite par Épiphane, Jérôme, Théophile et Justinien, de considérer le Verbe comme une créature, et non comme un fils. On peut voir les textes cités par G. Bull 5 et sa discussion au sujet des mots yevnrés et yewnrés qu’Origène ne distinguait pas. Bien des passages que nous étudierons dans les pages qui suivent jetteront quelque lumière sur cette question. Origène n’explique pas la génération du Fils par l’analogie d’une génération humaine, car cette dernière est corporelle, et suppose donc une divi-
48. VÔLKER., op. cit., p. 110. « La mystique du Christ est ainsi une étape vers la mystique de Dieu, elle n’a cependant pas, en tant que telle, une simple valeur passagère, mais une valeur durable, positive au sens le plus haut. Il en est toujours ainsl lorsque Origène parle de degrés : le stade que le pneumatique a dépassé n’est pas purement et simplement aboli, mais sous une forme ou sous une autre, qui n’est pas déterminée avec plus de précision, il agit toujours et est toujours présent sous les degrés les plus élevés. Ainsi le Christ crucifié joue encore un certain rôle dans la mystique du Logos, et de même dans les suprêmes hauteurs de la mystique de Dieu, le Logos n’a pas tout à fait disparu — Die Christusmystik ist also Durchgangsstadium zur Gottesmystik, sie hat als solche aber nicht allein einen bloss vorübergehenden Wert, sondern einen dauernden, in hôüchsten Sinne positiven. Es ist bei dem origenistischen Stufengang immer so, dass die überwundene Stufe für den Pneumatiker nicht einfach abgetan ist, sondern in irgendeiner Form, die nicht näher bestimmt wird, nachwirkt und auf der hüheren Stufe vorhanden ist. Wie der gekreuzigte Christus irgendwie auch in der Logosmystik eine Rolle spielt, so ist auch in den letzten Hôhen der Gottesmystik der Logos nicht ganz entschwunden ».
49. Pour la Sagesse PA 1, 2, 5 (G. C. S. v, p. 33 L. 7); In Rom., 1, 5 (P. G., xIV, col. 849 BC), Fragm. in Prov., 1, 2 (P. G. xin, col. 20 A); CC mx, 72 (G. C. S., 1, p. 263, 1. 27 sq.): CC vi, 63, var, 14 (G. CS. 11, p.133, 1.9, p. 231, 1. 11 sq.), Pour l'Epître aux Hébreux PA 1, 2, 5 (G. C. S. v, p. 33, 1. 8 sq); HGen., 1, 13 (G. C.S. VI, p. 17, L. 4); In Cant. 1 (G. C. S. vunr, p. 114, L. 25 sq, P. G. xIn, col. 103 A); Selin Ps. 118, 58 (P. G. xn, col. 1600 B); Fragm. In Ps. 20, 7 (Pitra, 11, p. 476); CC vint, 12 (GACMS 10 p.230;,112).
50. Op. cit., P. G. xvir, col. 1295 B sq. L'expression de « Premier-Né de toute créature », appliquée souvent par Origène au Logos dans sa divinité, ne saurait fournir un argument pour faire du Verbe une créature. Origène l’a lue dans saint Paul (Col. 1, 15); le mot xtiois ne s’applique pas chez Origène à la création seule, mais à tout ce qui procède de Dieu. Le terme propre pour créer est davantage mousiv. Mer. KYRILLOS traduit cette expression par «Premier-Né de toute production », ce qui évite la confusion. Nous avons conservé la traduction traditionnelle de l'expression paulinienne, mais nous avertissons le lecteur pour qu’il ne s’y trompe pas. Voir CC vi, 17 (G. C. S. 11, p. 88, 1. 2x) : le Logos est incréé et l’aîné de toute nature créée.
sion de la substance paternelle : elle ne saurait convenir à Dieu, qui est absolument incorporel 51.
La manière dont le Père engendre le Fils, dont le Modèle produit l'Image, est expliquée de plusieurs façons, les unes déjà traditionnelles, les autres propres à Origène, qui les a empruntées à diverses sources. Nous commençons par les comparaisons qu’on trouve le moins fréquemment dans son œuvre, pour finir par celles auxquelles il paraît être le plus attaché.
Dans une exégèse du Psaume 44, verset 1, « Eructavit cor meum verbum bonum », à la fin du premier livre de l’In Joannem ‘?, Origène compare la génération du Verbe par son Père à l’émission de la parole, exprimant les pensées de l'intelligence. « Ne serait-ce pas ainsi: comme l’éructation de celui qui éructe, et respire par le même coup, est l’émission d’un souffle caché; de même le Père, ne gardant pas en lui-même les principes de la vérité (rù ris &Anbelus Oewpnuara) les éructe, et fait leur empreinte (rouei rdv rümov «èr&v) dans le Verbe, qu’on appelle pour cela l’Image du Dieu invisible. » Le contexte parle du rôle du Logos, qui est de manifester les secrets du Père, et qui pour cette raison même est son Fils : « Le Logos peut être Fils en ce qu’il annonce les secrets du Père, ce dernier étant l’Intelligence (voÿc), comme le Fils est appelé Logos (— Parole). De même que chez nous la parole est la révélatrice des visions de l’intelligence, de même le Logos de Dieu connaît le Père, et puisque aucune créature ne peut approcher de lui sans guide, il révèle le Père qu’il connaît » %, Ces « théorèmes » du Père que le Fils dévoile, ce sont les mystères divins, les vérités contenues en Dieu, et aussi l’ensemble des Idées, logoi et essences, qui forment dans le Fils, à la manière des platoniciens, le monde intelligible, selon lequel le monde sensible a été créé : nous en parlerons à propos du Logos, Image intermédiaire. Origène n'utilise pas ici, comme certains Pères, la distinction stoicienne du A6Yos évdaderéc, le langage intérieur, appliqué au Verbe dans sa préexistence divine, et du A6yoc rpopopuxôs, le langage exprimé, qui est le Verbe incarné. Il ne s’agit que du rapport du Père comparé à l'esprit intelligent avec le Fils, assimilé au langage extérieurement
sr. Voir à ce sujet PA 1, 2, 4 & 6 (G. C.S. v, p. 32, L. 15 sq, p. 35, 1. 8 sq). Voici le dernier texte : « Il faut observer, de peur de tomber dans les fables absurdes de ceux qui imaginent des « prolations », qu'ils (— les gnostiques) mettent en morceaux la nature divine, divisent Dieu le Père, au moins par la pensée : or avoir la moindre idée à ce sujet, quand il s’agit d’une nature incorporelle, n’a aucun sens. Il faut plutôt comprendre cette génération comme la volonté qui sort de l’intelligence, sans couper en parties cette dernière, sans qu’elle s’en sépare. » Ce passage est dirigé contre les hérésies gnostiques, avec leurs syzygies, mariages et générations d’Eons. Origène veut éviter toute idée d’émanationnisme. On trouve la même préoccupation chez Plotin. Cette conception origénienne est confirmée par SAINT JÉRÔME : Apol. adv. lib. Ruf. livre 11, 19 (P. L. xxu1, col. 443).
522 17290) 1138142) (GN CSI De SONT).