In Jo., x, 37 (21) (G. C. S., iv, p. 212, 1. 13). ; J
151. Cf. PRAT, op. cit., p. 170; BuLL, P. G. xvni, col. 1308. On pourrait croire que la distinction de l’oùoix et de l’ômoxeiuevov (ou de l’ôréoraoic) que dénote ce texte soit le signe d’un progrès dans la pensée d’Origène, car un temps assez long sépare les cinq premiers livres de l’In oannem, écrits à Alexandrie, des autres composés à Césarée. Mais on trouve déjà une distinction, du moins une certaine gradation, dans le livre 1, (24 ou 23, G. C. S. 1v, p. 29, 1. 17), toujours à propos du Fils, dans un texte dirigé contre les modalistes, mais qui ne nous intéresse pas, car il ne parle pas du rapport du Fils au Père, Voir sur ce texte BuL (P. G. xvui, col. 1307); PRAT (op. cit., p. 170).
l'homélie XII sur les Nombres 152 et dans le Commentaire sur l’Épître aux Romains 1%, Nous n’y insistons pas, car elles peuvent être l’œuvre de Rufin. Dans le Peri Euchès il y a un texte difficile : « Si le Fils est autre que le Père, comme on le montre dans d’autres textes, selon l’oùotx et selon l’éroxeluevov, il faut soit prier le Fils à l’exclusion du Père, soit les deux, soit le Père seul » 154, Le texte est certainement gâté: les manuscrits portent xar’ oùolav xai bxoxeluevoc, ce qui n’a aucun sens. Delarue et Preuschen corrigent en droxeluevov. D’après le P. Prat, «si on veut faire fond sur un texte corrompu, il faut dire, ou que xur’ oùolav xal Üroxeluevov doit se prendre per modum unius ou qué xur’ odoiav équivaut ici à xt’ idlav odotxv 155, ou que la terminologie d’Origène a changé, et que dans ses premiers ouvrages 156 il donnait à odoix le sens de personne, ce que faisaient encore longtemps après lui saint Denys 157 et Piérius #8 »,
De cette étude du mot oùoix il ne résulte qu’une grande confusion et les interprétations que nous avons données des textes aberrants peuvent paraître assez artificielles. Nous avons heureusement un autre moyen de connaître la pensée d’Origène: c’est de revenir sur les résultats de notre enquête au sujet de la génération du Fils. Nous avons dit 15° qu’'Origène refusait l’analogie d’une génération humaine, parce qu’elle lui semblait introduire une division de la substance divine : le fils humain est d’une nature analogue à celle de son père, mais ils n’ont pas tous deux la même nature concrète, d’une identité numérique. Cette préoccupation ne suppose-t-elle pas un sens réel de l’éuoovotoç ? Et les comparaisons prises par notre auteur confirment cela : la lumière et son rayonnement, l'intelligence et la volonté, la pensée et la parole qu’elle profère, ces expressions montrent l’identité de nature : de même le texte sur la génération par la contemplation, puisque le Fils tire son être et sa divinité de cette vision de la réalité mystérieuse du Père. Ces comparaisons, qu’Origène a choisies volontairement, pour éviter l’impression d’une division de substance, entraînent un assentiment que l’étude du mot oùotx ne suffirait pas
152. HNum., x, 1 (G. C.S. vx, p.95,1. 13 et 16) : «una enim substantia est et natura Trinitatis ».
153. In Rom., Vin, 5 (P. G. xiIv, col., 1169 C sq.) : ce texte vise divers hérétiques dont les modalistes.