‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 91 sur 276 · In Jo., 11, 2 : cf. p · texte numérisé non relu

In Jo., 11, 2 : cf. p

$ 4. — L’Image est-elle une reproduction affaiblie ?

Cette conception origénienne de l’unité de nature s’explique par les hérésies trinitaires auxquelles il a dû faire face, sans donner prise à leurs critiques. Pour sauvegarder l’unité de la Trinité, la « monarchie », les uns faisaient du Fils un simple homme que Dieu aurait adopté : ils refusaient la préexistence du Christ dans le Logos. Les principaux de ces adoptianistes étaient les deux T'héodote, Artémon, Paul de Samosate. À l'opposé les modalistes, appelés en Occident patripassiens — puisqu’en conséquence de leur doctrine ils prétendaient que c’était le Père qui avait souffert et était mort sur la Croix — confondaient les trois dans une personne unique: après Praxéas et Noet, Sabellius voit dans le Père, le Fils et l'Esprit trois dénominations, trois modes du même Dieu, correspondant à trois opérations ou manifestations. On trouve de nombreuses traces de la polémique d’Origène contre les modalistes et contre les adoptianistes 1%, En face des premiers, il affirme, sans équivoque possible, la personnalité propre du Fils et de Esprit, et contre les seconds la préexistence du Christ avant l’Incarnation et sa divinité. Mais il n’a pas moins de souci d’assurer l’unité de la Trinité : nous l’avons vu faire préciser par l’évêque Héraclide 196 à la fois l’unité et la diversité des personnes. C’est pourquoi, tout en distinguant nettement les trois hypostases, il les unit par une unité d’essence conçue en fonction de leurs relations d’origine : le Père est la source d’où sont sortis le Fils et l'Esprit; mais il donne à l’un et à l’autre, non une essence propre, qui serait issue de la sienne et en serait séparée — il n’y a pas de xpoBorñ dans la génération du Fils, le Fils ne sort pas du Père, l’essence paternelle ne subit aucune division—, mais le Fils et l'Esprit possèdent aussi par tout leur être la nature du Père, qui devient ainsi le bien commun des Trois. Ainsi l’unité est sauvegardée, ainsi que la diversité.

Jusque-là la pensée d’Origène est parfaitement orthodoxe et trouve vraiment la solution légitime entre les hérésies opposées. Mais nous avons vu qu’au lieu de se représenter la nature divine comme le bien

195. Ainsi In Rom., vx, 5 (P. G. xiv, col. 1169 C) « ou ils séparent comme il ne le faut pas le Fils du Père, attribuant au Père une nature, au Fils une autre (— les adoptianistes); ou ils les confondent mal, croyant à un Dieu composé des trois ou même simplement à un seul Dieu appelé de trois noms (= les Modalistes) » . Cela est expliqué plus abondamment dans un catalogue d’hérésies conservé par un fragment sur Tite (P. G. xiv, col. 1303 C sq). Au sujet des modalistes voir les textes de l’In Yo. étudiés pp. 102 sq. On trouve le même exposé des deux hérésies dans In Ÿo., 11, 2 (G. C. S. 1v, p. 54, L. 23) : « On peut résoudre ainsi une question qui trouble beaucoup de gens : ces derniers veulent être croyants, mais craignent d’affirmer deux dieux et tombent ainsi dans des doctrines fausses et impies : ou bien ils nient que l'identité du Fils soit autre que celle du Père, et ils affirment que celui qu’ils appellent Fils l’est seulement de nom, et est le même Dieu : ou bien ils refusent au Fils la divinité et ils lui attribuent une identité ({St6rnrx (?)) et une subsistance (odoiav xarà meptypapñv) autres que celles du Père ».

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