‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 92 sur 276 · Cf. p · texte numérisé non relu

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commun des Trois, il en fait le bien propre du Père, auquel les autres participent : le Fils se rapporte au Père et non à leur nature commune : cette relation est inhérente à la notion d’image et nous l’avons déjà rencontrée dans les textes que nous avons étudiés à propos de la génération 197, Cette manière de voir n’est pas blâmable, et on peut aussi mettre une hiérarchie entre les trois Personnes divines, pourvu de limiter cette hiérarchie à leurs relations d’origine. Mais il ne semble pas qu’Origène en soit resté là. L’apologiste anonyme qu’a lu Photius, après avoir affirmé que la théologie trinitaire d’Origène est orthodoxe dans son fond, avoue cependant que sa réaction contre Sabellius l’a mené à des outrances : « Au sujet de la Sainte Trinité, il (— l’apologiste) ne dit rien des opinions hérétiques (reprochées à Origène). Origène n’a, d’après lui, jamais erré sur la Trinité. Il s’est opposé à l’hérésie de Sabellius, qui faisait alors beaucoup de mal, et il a essayé de présenter très clairement la Trinité des personnes (rpocérav) avec toutes leurs différences : mais il a été entraîné ainsi au delà de ce qui convenait dans la direction opposée, en sorte qu’il a paru un précurseur des imbécillités ariennes » 18,

La lutte contre le Sabellianisme n’est pas seule responsable du subordinatianisme d’Origène, Philon et la philosophie du Moyen Platonisme y ont aussi leur part. Car il ne se contente pas de rapporter le Fils et l’Esprit au Père et de donner au Père une primauté d’honneur en tant que source de la divinité, comme le feront couramment les théologiens grecs, même après Nicée; plusieurs de ses textes montrent une réelle inégalité de puissance entre le Fils et le Père, ils semblent faire vraiment de l’image une copie affaiblie du modèle comme chez Philon et Plotin. Cela ne s'accorde guère avec la distinction que nous l’avons vu mettre entre l’image filiale, qui est le Logos, et l’image plastique, que sont les hommes 1%, L’image plastique traduit toujours un manque : nous l’avons lu dans le texte même d’Origène 200, Mais un fils n’est pas nécessairement inférieur à son père par ses qualités humaines, il ne lui est subordonné que par son origine. Un autre élément a contribué à cette conception : l’attribution du rôle médiateur au Logos-Dieu dans sa divinité même, et non seulement au Logos incarné à cause de sa double nature. Or pour faire le lien entre Dieu et le monde, pour habituer les hommes à la révélation de Dieu, il sera

197. C’est ainsi que le Père est seul à 6e6ç ou à abdré0eoc, le Fils est 0866 sans article, recevant du Père sa divinité (Zn o., 11, 2-3 : G. C. S. IV, p. 54, 1. 12 sq), que le Fils est appelé dans le Contre Celse (v, 39, G. ©. S. 11, p. 43, 1. 22) 6 Sebtepos 6e6c (il faut noter à la décharge d’Origène que cette expression n’est que la reprise d’une formule de Celse et des platoniciens, et qu’elle reste isolée dans son œuvre). De même l’Entretien avec Héraclide (2, p. 122, 1. 9 sq), tout en affirmant de façon orthodoxe l’unité et la dualité des personnes, en parle maladroitement comme de deux Dieux, qui sont d’une autre façon un seul Dieu.

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