REMARQUES SUR LA DOCTRINE GHRÉTIENNE OU ROUYBAV TESTAMENT
Les graves erreurs de l'Ancien Testament dont je viens de parler furent enfin relevées par Jésus-Christ , le sublime fondatenr du christianisme, qui, sans jamais dire qu*il cherchait k changer la religion mosaïque qu'il a scrupuleusement pratiquée jusqu'à sa mort, a seulement enseigné à ses disciples à mieux la comprendre, en appelant simplement nue nouvelle alliance h doctrine qu'il leur professait. C'est ainsi que , venu près de dix-sept cents ans après Moïses , il complète enfin la grande œuvre de cet illustre réformateur, en faisant comprendre que TÉtre Suprême, en qui se réunissent toutes les perfections, ne saurait jamais être la cause du mal ; mal qui n'est dû qu'au simple hasard et souvent aux hommes eux-mêmes, par leurs penchants charnels et l'abus qu'ils font des facultés que le Créateur leur a accordées pour subvenir k leurs besoins. C'est Jésus -Christ qui le premier parmi les Hébreux proclama le dogme de ïimmortalité de t Esprit et celui du jugement de Dieu après la mort, où ia bonté de l'Éternel réserve la félicité éternelle à ceux qui , par leurs actes dans ce monde , ont mérité sa miséricordieuse m. 1
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bienveillance. Dogmes dont on ne trouve pas, ainsi que je Tai souvent fait remarquer autre part, la plus légère allusion dans tout rAncièn iTestament , et qui constituent le second principe fondamental de toute morale et de toute religion.
C'est également Jésus-Christ qui , en conséquence de ces derniers dogmes, leur dit que, loin de n'attacher de valeur qu'aux biens terrestres, c'est au contraire ceux-lk précisément qu'on doit au besoin sacrifier, et cela jusqu'à la vie même , pour se rendre dignes de mériter la béatitude éternelle au sein du Créateur , vers laquelle seule doivent tendre tous les efforts des hommes.
Il fit également comprendre aux Juifs , contrairement à la loi de Moïses , que ce ne sont point des sacrifices d'objets d'art ni des holocaustes qui peuvent réparer, aux yeux de l'Être Suprême, les moindres fautes que les hommes ont commises , mais bien le sacrifice de leurs penchants vicieux offert avec le repentir sincère de ces mêmes fautes, ainsi que le retour à la vertu après avoir réparé le mal qu'ils ont fait; enfin , que la seule oblation qui puisse être agréable à Dieu est de lui consacrer ainsi entièrement leur cœur en lui vouant leur amour.
. Il leur dit en outre « contrairement aux lois de Moïses, que loin de vouer leur haine k ceux qui ne sont pas de la même dation qu*eux , leur premier devoir envers les hommes était de les aimer tous comme des frères, étant tous, au même titre, les enfants du même Dieu, leur créateur ; de ne jamais porter de jugement contre leurs semblables , dans la crainte de se tromper et d'être moins méritant que ceux qu'on se sent disposé de censurer ; disant que , les hommes voient facilement une paille dans l'œil de leui^prochain^ tandis qu'ils ne voient pas la poutre quils ont dans le leur ; de ne jamais se venger d'une offense reçue , mais d'en laisser la réparation k Dieu Sfeiil» qui rendra k chacun selon ses œuvres; précepte qui doit aller jusqu'au point que , si l'on reçoit un soufflet sur fune dês joues on doit plutôt présenter t autre pour en reoe-*
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voir un second, qne de ée rendre soi -mênle justice par la vengeance ;
Qu'au lieu de haïr ceui qui font le mal , le> devoir de rhomme est de leur rendre le bien en échange, et d'implorer leur pardon auprès de rÉternel. Sublime précepte , dont il a donné lui-même le plus bel exemple , quand il fut mis k mort, disant, en «'adressant h TÉternel : Pardonneleur, mon Dieu, ils ne savent pas ce qu'ils font. Enfin, Jésus- Christ dit a ses disciples que, pour mieux régler leur conduite à l'égard de leur prochain , pour rester agréables à l'Être Suprême , ils ne doivent jamais faire aux autres ce qu'ils ne voudraient pas qui fût fait à eux-mêmes. Maxime admirable dans sa rigoureuse précision^ renfermant dans si peu de mots toutes les règleil et les devoirs des relations sociales.
Mais je serais obligé de transcrire ici l'histoire entière de Jésus-GhrIst si je voulais citer tout ce que son enseignement a d'admirable , et je renvoie pour cela à I'Évangile même , le Livre de sa doctrine morale et religieuse , recueillie par quelques-uns de ses disciples. C'est dans ce Livre que se trouvent, ainsi que je l'ai dit, les sublimes commentaires ou plutôt le complément de la loi mosaïque, Livre qui constitue aujourd'hui le véritable Livre canonique de ses innombrables sectateurs , divisés malheureusement eh différentes communions^ selon les interprétations qu'on a cru devoir faire du texte de l'Évangile, d'après les quatre auteurs qui nous ont transmis . sous forme historique , les entretiens de Jésus-Christ avec ses disciples; vu qu'il n'est fait nulle part mention d'une véritable doctrine spéciale, formant Loi, qu'il aurait cherché à établir k la place de la Loi mosaïque , qu'il a , ainsi que je viens de le dire , simplement expliquée, pour en faire mieux comprendre l'esprit. Il est même très-probable que les quatre Évangiles que nous possédons ne sont que de simples fragments de ces sublimes entretiens qui soient venus jusqu'à nous; cela ressort du
moins de la forme sous laquelle les quatre Évangélistes les ont écrits, les uns rapportant des faits sur lesquels les autres se taisent; tandis qu'ailleurs, ils répètent fort souvent la même chose en se copiant. Ce qui prouve qu'ils n*ont pas tenu de journal régul'rer des enseignements de leur Maître et n*ont écrit que plus tard , ce dontils se sont souvenus. Cette opinion est d'autant plus fondée que les Évangélistes entrent souvent dans des détails minutieux sur des choses de trèspeu d'importance , pendant que, d'un autre côté, ils rapportent si peu de faits différents, qu'il est impossible qu'il n'y en ait pas eu beaucoup plus d'un grand intérêt, durant les trois ans que Jésus-Christ a été au milieu d'eux.
La douceur de caractère de Jésus-Christ, sa rigoureuse vertu , les sublimes paroles de son enseignement et la parfaite pureté de sa morale religieuse excitèrent d'abord l'admiration de ceux qui eurent le bonheur de le connaître, et dont beaucoup devinrent ses disciples. Cette haute idée qu'il donna de sa sagesse, ainsi que la sublimité de sa doctrine . si parfaitement conforme aux véritables principes de la vraie religion, basée sur l'amour sans bornes pour Dieu et le bonheur de la félicité éternelle, principes dont toutes les vertus ne sont que les rigoureuses conséquences et dont il donne le plus touchant exemple, rélevèrent tellement dans l'esprit de ses disciples intimes ou Apôtres que, dans un élan d'enthousiasme, Saint Pierre le nomma le Fils du DiEtJ vivant (Saint Matthieu, XVI, 16); titre qu'il n'a du reste non-seulement jamais accepté , mais contre lequel il a en quelque sorte formellement protesté, en ne se nommant d'abord lui-même autrement que le Fils de l'homme : dénomination assez usuelle chez les Hébreux pour désigner le genre humain ou simplement une personne. Ce terme est souvent employé dans ce sens dans l'Ancien Testament, surtout par le Prophète Ézéchiel, qui en fit un fréquent usage. Enfin, après sa mort, l'enthousiasme d'admiration porta les premiers sectateurs de Jésus -Christ, qui prirent le nom de
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CHRÉTIENS , k enchérir encore sar les Apôtres, en le consî-^ dérant non- seulement comme le Fils de Dieu, mais ils l'assimilèrent k la Divinité elle-même, en le proclamant identique avec le Créateur ; admettant qu'il ne formait avec Ini et l'Esprit divin ou le Saint-Esprit qu'uM seul et même Dieu, formé ainsi de trois personnes ou Trinité; croyance qui devint bientôt le dogme fondamental de toutes les sectes chrétiennes qui se sont établies , k l'exception de celles des Ariens et des Unitaires , qui , tout en adoptant les principes de morale théologique enseignés par Jésus-Christ, rejetèrent toutefois le dogme de son essence divine.
Ce dogme de la Trinité n'est fondé que sur un passage de la Première £ pitre eaiholiqw de l'Apôtre Saint Jean, Chap. Y, 7 , où il est dit : « Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ctel, le Père^ la Parole et le Saint-Esprit^ et ces troiêlà sont un. » Or ce passage a été écrit après ta mort de Jésus-Christ.
Cette opinion d'une Divinité unique, formée cependant de trois personnes, a souvent été l'objet de fortes discussions. Ceux qui la soutiennent, et ce sont la plupart des théologiens chrétiens, prétendent qu'on doit l'accepter, d'abord parce qu'elle est enseignée dans les Actes des Apùtres ; et ensuite comme reconnue vraie par l'Église , qui se fonde sur la décision du Concile Œcuménique deNicée (en 325), qui condamna la doctrine des Ariens. Les catholiques romains allant jusqu'au point de ne pas même permettre la moindre réflexion k ce sujet, ainsi que sur aucun autre dogme, pour tâcher d'en comprendre la possibilité , ont soin de déclarer que ce sont des mystères incompréhensibles pour l'intelligence humaine, et que la plus simple discussion k ce sujet, voire même le plus léger doute, constituent déjà un grave péché.
Les Protestants soutiennent bien la même thèse , mais ils permettent toutefois le libre examen sur cette grave question, afin que chacun puisse trouver d'uue manière quel-
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eénqneles prenveis d'après lesquelles il pourrait se convaincre qu'il se peut que trois personnes n'en constituent cependant qu'une seule. En effet, est-il bien possible à un homme de s'imposer volontairement une croyance à laquelle il ne croit pas? Or cette difficulté ne re[)Ose que sur une simple faute de logique de la part de ceux qui enseignent ce dogme, voulant d'une part, pour tenir fermement au texte de l'Écriture Sainte, qu'on conisidère le Créateur, le Saint-Esprit et Jésus eomme trois Êtres différents , tandis que de l'autre on doit aussi ne croire qu'à un seul Dieu.
Quant au Saint-Egprit^ l'explicatioti est facile, si Ton considère ce nom comme un simple synonyme des autres désignations sous lesquelles on nomme la Divinité, qui, en réalité, n'a qu'un seul nom, celui de Dieu, tandis que toutes les autres dénominations sous lesquelles on parle d'elle ne sont que celles de l'un de ses attributs. C'est ainsi qu'on nomme Dieu \ Être Suprême^ V Éternel^ \e Tout-Puissant^ le Créateur ^ fi'est-à'^ire celui qui e^i au-dessus de toute chose, qui n'a ni commencement ni fin, dont le pouvoir est illimité, et qui a tiré Tunivers du néant; et c'est également ainsi que Dieu qui n'est qu'Esprit peut aussi être désigné sous le nom de Saint'Eêpritr
Pour ce qui est de Jésus-Christ, comme troisième personne de la Trinité, l'affirmation pourrait encore être soutenue jusqu'à un certain point, si l'on voulait s'en tenir ririgoureusement au texte de l'Apôtre Saint Jean, et ne considérer le Sauveur que simplement comme la Parole de Dieu^ c'est-k-dire comme V Interprète par lequel le Créateur a parlé aux hommes ; en d'autres termes que sa parole doit être considérée comme étant celle de Dieu même ; maïs il y a loin de Ik à une identité parfaite avec le Créateur. Enfin, si allant plus loin encore , on voulait regarder Jésus^Christ comme étant réellement le Créateur incarné, ainsi que le prétendent la plupart des sectes chrétiennes, admettant que JHeu a pris en Im la qualité physique d$ Vespéee humaine^ de
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même qu'on dit qu'il a pris la forme d*une colombe^ lors du baptême de Jésus , il faudrait du moins qu'on restât conséquent avec ce dogme, et ne pas soutenir tantôt que le Christ est le Créateur même, tantôt qu'il n'est que le Fils de Dieu, et tantôt, en le considérant comme le Messie (Christ) ; c'est-àdire comme n'étant que le descendant du Roi David ; car ici commence le grand embarras de Tinextricable thèse paradoxale des orthodoxes.
En effet, comment comprendre que le Créateur, sous la forme d'une colombe , soit descendu sur lui-même , ayant aussi en même temps la forme de Jésus? Ensuite, comment Jésus a-t-il pu appeler le Créateur son Père, et être ainsi à la fois le Fils de lui-même, et dire, comme on le verra plus loin, qu'il retourne auprès de son Père, etc.? Enfin comment a-t-il pu adresser des prières k lui-même, mvioui \e PcUer? Ce sont là de ces contradictions qu'il est impossible d'expliquer , et par cela seulement qu'on a adopté inconsidérément un principe erroné qui fausse tout, à quoi il se trouve inêlé.
Quant à la croyance que Jésus-Christ est le Fils unique de Dieu, titre qu'il n'a, ainsi que je l'ai déjà dit, non-seulement jamais accepté et contre lequel il s'est même formellement prononcé, comipe on le verra un peu plus bas, elle n'est fondée d'abord queswr un rêve de Saint Joseph, ensuite plus particulièrement sur une simple exclamation d'admiration de Saint Pierre , et enfin sur la prétendue annonciation faite à Marie par l'Ange Gabriel, qu'elle était enceinte parla vertu du Saint Esprit, événement dont parle seul Saint Luc dans la compilation de son Évangile ; tandis que n'ayant écrit que longtemps après la mort de Jésus- Christ , il ne Ta très-probablement pas même connu ; pendant que Saint Matthieu et Saint Jean, les deux principaux Évangélistes qui ont été du nombre de ses Apôtres, ni même Saint Marc, le quatrième ÉvangéKste , mais qui ne fut pas non plus Apôtre, ne font absolument aucune mention de ce grand événement qui au-
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rait précédé la naissance de Jésas-Gbrist, quoiqu'ils eussent le plus grand intérêt à faire connaître cette prédiction , pour faire croire à Torigine divine de leur maître , et par là mieux assurer le triomphe de sa sublime doctrine.
Or ce silence des trois principaux Évangélistes sur un fait aussi important constitue déjà une forte preuve que rasserlion de S^int Luc n'est qu'une simple invention de sa part, ayant tous les caractères d*un véritable Mythe. Mais ce qui le prouve mieux encore , c'est que non-seulement dans la ville où habitait la famille de Jésus , où il était connu comme fils de Saint Joseph (Saint Matthieu, XIII, 55), personne ne crut à son extraction divine, pas même ses parents, ainsi que cela ressort d*un passage de ï Évangile de Saint Jean (VII, 5), où il est formellement dit que ses propres frères ne apurent point en lui. Or personne mieux que ses parents ne put connaître sa véritable filiation. Par Tanaiyse purement historique des quatre Évangiles que je donne ci-après, où je n*ai pas cru devoir me permettre d'avancer ce qu'on pourrait appeler une opinion fondée sur une interprétation quelconque, sans Tabandonner comme telle au jugement du lecteur, et surtout jamais une opinion contraire à la lettre du texte , on verra quel degré de foi on peut attacher à la véracité de chaque Evangéliste ou historiographe de Jésus-Christ, et spécialement de Saint Luc , qui n'a été que le secrétaire de Saint Paul, dont il a écrit l'histoire des voyages apostoliques ; sous le titre A" Actes des Apôtres , ouvrage dont le premier Livre , qui en forme comme une espèce d'introduction et parle de l'histoire de Jésus -Christ, en fut séparé plus tard sous le titre àJ Évangile de Saint Luc , et où, k l'instar de Saint Marc, qui n'était également pas Apôtre, cet auteur a d'ordinaire copié plus ou moius fidèlement Saint Matthieu ou Saint Jean, et cela fort souvent k la virgule près; ce qui prouve qu'il n'était, de même que Saint Mabc, nullement témoin des faits quils rapportent; et lorsqu'ils parlent d'événements dont les autres Évangé-
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listes ne foAt pas mention, ce sont pour la plupart précisé* ment ceux dont la réalité est la pfus douteuse , étant d'or-, dinaire en contradiction avec ce qui est dit dans les Évangiles de ces Apôtres ; observation qui s'applique plus particulièrement k Saint Lijg , qui parait avoir recueilli tout ce qu*on disait de Jésus -Christ, sans avoir peut-être eu Tintention d'écrire spécialement l'histoire de sa vie^ mais uqiquement une Notice devant servir d'avant-propos aux Actes des Apôtres.
Or si Saint Marc, et surtout Saînt Luc, ont en grande partie puisé dans les Évangiles de Saint Matthieu et de Saint Jean , ils n'ont pas dû se faire scrupule d'emprunter également divers faits k d'autres, et rapporter même de simples histoires populaires , ou des variantes , semblables k celles que nous trouvons souvent ^ de nos jours , sur les événements actuels.
Personne ne nourrit au fond du cœur le sentiment d'une plus profonde admiration que moi pour les sublimes qualités de lésus* Christ, dont la douceur de caractère, l'ineffable bonté portée jusqu'k la plus généreuse indulgence , et surtout la piété si rigoureusement pure, commandent la plus respectueuse vénération pour lui ; pour lui qui a porté sa fervente foi et l'amour envers le prochain jusqu*k se vouer k la mort des martyrs , pour sceller de son sang la nouvelle alliance en Dieu , qu'il a formée dans sa personne, entre ses disciples , en donnant par Ik aux hommes le sublime exemple de mieux aimer souffrir le supplice le plus affreux que de faiblir le moins du monde dans l'épreuve de leur foi en Dieu, sacrifice par lequel il a réellement été , comme on le verra plus loin, le Sauveur de l'humanité entière, en faisant comprendre aux hommes quels étaient leurs véritables devoirs envers TËtre Suprême. Mais ma conscience ne me permet toutefois pas de Télever dans mon esprit jusqu'k l'assimiler k la Divinité même , en acceptant comme article de foi l'assertion de ceux qui, de leur propre chef, l'ont pro-
iO THEOLOGIE DB LA NÀTUBE.
elamé le Fils unique du Dieu éternel , et cela conlrairemeDt à ce que Jésus*Ghrist a plusieurs fois dit lui-même ; et je puis moins encore adopter l'opinion simplement émise par les premiers chrétiens, qui , allant plus loin encore dans leur enthousiasme , le déclarèrent identique avec le Créateur même. Véritable blasphème par lequel ils ont rabaissé la Divinité au niveau des hommes, en prétendant que l'Être Suprême était descendu jusqu'à prendre la forme d'un simple paortel , pour instruire les hommes dans la sainte doctrine qu'il voulut leur enseigner, où il s^ offrit en holoeauste pour raeheter le genre humain. Or on verra plus loin , par l'analyse que je donne des Évangiles, combien ces diverses croyances sont peu fondées.
Heureusement pour la plus sainte des vérités, Jésus-Christ et ses Apôtres ont eqx - mènes prévenu cette grande erreur dans laquelle sont tombés les hommes , en donnant d'avance a cette opinion, soit formellement., soit implicitement, de nombreux démentis. C*est ainsi que précisément Saint Matthieu {Évangile l^ Verset 18) , et Saiot Luc (Évangile I , Verset 26) , qui fournissent M texte sur lequel on se fonde pour établir la preuve de T^ssence divine de Jésus, donnent en même temps la preuve du contraire, en établissaqt sa généalogie comme descendant du Roi David ; le premier Chap. I, 1 , et le second Chap. III, 23 , cetui-lk en le disant formellement fils de Joseph ; et celui-ci en y ajoutant toutefois , pour être conséquent (Verset 23) , qu'on le croyait fils de Joseph.
Mais cela n'est pas tout, les deux Ëvangélistes no s'accordent même nullement sur la série des ancêtres de Jésus, si ce n'est pour faire descendre Joseph de Zorobabèl et de Salathel, père de ce derner ; lies deux listes étant du reste complètement différentes, ne s'accordent pas même sur le nom du père de Joseph , que Saint Matthieu nomme lacob , tandis que Saint Luc l'appelle Héli ; et selon le premier de ces deux Ëvangélistes, il serait descendu de Salomon, fils de
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David; et^ suivant le second, dç Nathan, autre fitsdece roi. Enfin , les deux généalogies sont loin de s'accorder même sur le nombre des générations. Or toutes ces différences si essentielles prouvent qu'au moins Tun des deux historiens a été fort mal renseigné « et bien certainement ce n'est, en conséquence , pas Dieu qui les a inspirés. Four faire mieux apprécier l'immense différence qui existe k ce sujet» non-seulemept entre les deux Évangélistes, mais aus$i entre en% et la Chronique , pour la généalogie de Zorobabel, je transcris ici ces généalogies en les ipettant en regard les unes des autres.
Tableau généalogique de Joseph , Père de Jésus ,
depuis le Roi David.
P CIROIVIQDE,
m, rer$9t 10.