‹ Théologie de la nature (volume 2)Chapitre 2 sur 79 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Comment les orthodoxes , qai tiennent fermement à la lettre des Évangiles qu'ils regardent comme articles de foi, peuvent-ils se tirer de cette difficulté de faire descendre Joseph à la fois de Salomon et de Nathan , dont un seul a cependant pu être le véritable ancêtre de Zorobabei , dont k son tour Joseph serait descendu aussi par deux lignées entièrement différentes, tant par l'individualité des personnes que par le nombre des générations ? Je laisse aux sophistes les plus habiles à expliquer cette difficulté, ou plutôt ce mystère ; car c'est ainsi qu'il faut l'appeler quand on ne sait plus que répondre.

Il ressort déjà de ces deux généalogies , et en outre de divers autres passages des Évangiles (Saint Matthieu, XIII, 55, et Saint Jean, VII, 5) mentionnés plus haut, que, même du vivant de Jésus, ses compatriotes et jusqu'à ses parents le crurent fils de Joseph.

Quoique les deux généalogistes ne s'accordent pas quant k la filiation des ancêtres de Saint Joseph , ce qui prouve seulement qu'ils se sont trompés , ils ne peuvent toutefois être dans Terreur sur le fait même de cette descendance de Jésus -Christ. Car s'il avait été considéré par ces Évangélistes eux-mêmes comme le Fils de Dieu , ils n'auraient pu lui reconnaître des ancêtres et prétendre qu'il était de la famille de David. Il y a donc, comme on voit ici , une contradiction évidente entre lopinion générale • ment admise alors que Jésus était descendant de ce roi , ce que lui et ses disciples soutenaient eux-mêmes; et la croyance qui prévalut plus tard , qu'il était le Fils unique de Dieu, opiuion qui ne fut adoptée, ainsi qu'on Ta vu, que sur le dire des deux Evangélistes Saint Luc et Saint Matthieu, dont le premier avoue lui-même avoir recueilli, partout où il a pu , les renseignements qu'il a pu se procurer sur la vie et les actes de Jésus-Christ, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer plus haut.

Les Juifs croyant avec foi aux prophéties de leurs anciens

14 THltoUMKlt DB LA tfATt^ti.

Sages, qui leur avaient annoncé rarrivéô^l'uD Meêsie (en hébreu Mésghuh c'est-à-dire ùint^ en gfee CnkisTOs) qui devait les délivrer du joug des étrangers et naître dans la famille de David » il était de là plus important pour les disciples d^ Jésus-Christ de croire que leur maître était en eifet un descendant de ce grand roi^ que d'admettre « sur la seule assertion de Saint Luc» qu'il était le Fils réel de Dieu conçu du Saint-Esprit, ce dont personne n'a du k*este jamais parlé du vivant de Jésus-Christ, la vision de Saint Joseph dont parle Saint Mathieu n'ayant été qu'un rêve. Ce n'était donc pas alors une vérité généralement connue des Apôtres que Jésus était d'une essence divine, ce qui ressort déjà d'une manière évidente de la question que Jésus adressa un jour à ses disciples, leur disant (Évangile de Saint Matthieu, XVI, 13):

« Qui disent les hommes que je suiêy tHot\ le Fils dé T homme? »

14. a Et ils lui répondirent : Les uns disent fue tu es Jean/* Baptiste; les autres^ Êlie, et les autres ^ Jérémie^ ou l* un des Prophètes. »

15 a il leur dit : Et vous^ qui dites-vous que je $uis? i»

16. c 5tmon Pierre^ prenant la parole^ dit: Tu es le Christ^ le Fils du Dieu vivant, •

17, (n Et Jésus lui répondit : Tu es heureux^ Simon, fils de Jona; car ee nest ptis la chair et le sang qui font révéli cela , mais c'est mon Père qui est dans les deux, »

Or tout en se disant lui-même le Fils de Vhomme , il accepta avec satisfaction l'expression de la haute idée qu'il avait inspirée à Saint Pierre, se regardant en effet comme le Messie, n'attachant du reste point au moi Fils qu'employa Saint Pierre le sens qu'on lui donna plus tard, ainsi qu'on le verra plus bas.

Cette opinion que Jésus-Christ était réellement le fils de

Joseph, est en outre formellement exprimée dans différents

, endroits des Actes des Apôtres , rédigés par Saint Luc

rÉvangéliste lui-même, et entre autres par Saint Paul, céllii-^i disant dans son ÊpitTt aux JRomamcRoM. i^ 1| < Paul^ serviteur de Jésus^Chriit^ appelé à être Apôtre^ miè à part pour annoncer V Évangile de DieUy t

2. a Qu'il avait promis auparavant par ses prophètes^ dam k$ Saintes Écritures^ »

3* c Touchant son fils , qui est né dé la race de David selon la cAair, »

4. « Et qui^ selon î Esprit de sainteté^ a été déclaré Fils de Dieu avec puissance^ par sa résurrection d'entre les m&rts; savoir^ Jésus-Christ Notre Seigneur, »

Ce passage prouve que Saint Paul n'a point appliqué ce mot de Fils dans son sens propre, absolu, mais simplement dans cette acception que tous les hommes sont enfants de Dieu, ainsi qu'il s'exprime au Chap. VIII, 16, de la même Épitre, disant : « Cest ce même Esprit qui rend témoignage à notre esprit , gue nous sommes enfants de Dieu* >

Saint Paul dit ainsi formellement que Jésus est né sui^ vaut la chair, c'est-à-dire comme homme , dans la famille de David, ou, en d'autres termes, qu'il est fils de Joseph, et qu'il ne fut déclaré fils de Dieu que pour son esprit de sainteté. Ce passage est ensuite d'autant plus remarquable, que Saint Luc , qui seul a parlé dans son Évangile de l'Annonciation de TAnge Gabriel k la Vierge Marie , qu'elle était enceinte par Tefiet du Saint-Esprit, a partout et longtemps voyagé avec Saint Paul, auprès de qui il remplissait les fonctions de secrétaire, sans avoir convaincu ce dernier de la vérité de cet événement d'une aussi haute importance; fait dont TApôtre, s'il y avait cru, n'aurait pas manqué de tirer le plus grand parti dans ses instructions apostoliques. Or cette opinion de Saint Paul , au sujet de la nature de Jésus-Christ par sa naissance , se trouve en outre précisée au Chap. IV, où il dit. Verset i : « Quel avantage dirons-nous donc qu Abraham^ notre père selon la chair ^ a obtenu? » Cette locution , Père selon la chair ^ que l'Apôtre emploie m k

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regard de tous lés Israélites comme descendants d'Abraham, et qu'il emploie aussi en parlant de Jésus-Christ comme fils de David , fait voir que , dans son opinion , le Sauveur était descendant de ce roi au même titre que tous les Juifs k l'égard d'Abraham leur ancêtre.

De même aussi les paroles dont se sert Saint Pierre au second Chapitre dès Actes- des Apôtres^ rapportant la prophétie du roi David au sujet de Jésus-Christ, disant Verset 30, en parlant de ce roi : « Mais étant Prophète , et sachant que Dieu lui avait promis avec serment qu'il ferait naître le Christ de sa postérité selon la chair, pour le faire asseoir sur son trône ^ » ne laissent aucun doute que , malgré le nom de Fils de Dieu, qu'il avait donné avant par admiration k Jésus-* Christ, il ne Tait cependant toujours considéré comme descendant de David , et , par conséquent , comme fils de Joseph, passage d'autant plus à remarquer, qu'il se trouve également dans les Actes des Apôtres rédigés par l'Évangéliste Saint Luc.

Cette croyance k l'essence purement humaine de Jésus- Christ est en outre clairement exprimée dans divers autres passages des Actes des Apôtres* C'est ainsi que dans la première Êpître aux Corinthiens ^ Sk\m Paul dit(CHAP. XV, 21 et 22) : « Car, puisque la mort est venue par un homme ^ la résurrection des morts est venue aussi par un homme. 3>

22. « Car y comme tous meurent par Adam , de méms tous revivront par Christ.

Saint Paul dit en outre, dans sa première Êpître à î'tmothée^ Chap. II, Verset 5 : « Car il y a un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes^ Jésus- Christ homme. »

Le même Apôtre dit aussi dans son Êpitre aux Philippiens, Chap. II, 5 : « Ayez les mêmes sentiments que Jésus- Christ aeus, ^

6. < Lequel étant en forme de Dieu^ n'a point regardé comme une usurpation d'être égal à Dieu ; »

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7. € Mais il $^e$t anéanti lui-même^ en prenant la forme de serviteur^ et se rendant semblable aux hommes. »

Cette même opinion est encore exprimée par Saint Pierre dans les Actes des Apôtres, Chap. II, des Versets 14 h 30, où il est dit au Verset 29 : « Mes frères , je puis bien vous dire avec assurance^ touchant le patriarche David , qu*il est mort y et quHl a été enseveli , et que son sépulcre est encore aujourd'hui parmi nous. »

Enfin Saint Jean» V Apôtre, qui prêcha TÉvangile dans l'ile de Pathmos , dit (dans V Apocalypse, XXII , 16), en rapportant des paroles de Jésus-Christ qui lui avait apparu : « Moi y Jésus ^ j'ai envoyé mon Ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton de la postérité de David ^ T étoile brillante du matin. » Telle était la croyance de Saint Jean; que peut*on vouloir de plus?

Si, vers la fin de sa vie, Jésus-Christ s*est donné lui-même la qualification de Messie, c'est qu'il a dû croire, en effet, qu'il était l'envoyé de Dieu , ayant mission de régénérer le genre humain , en le ramenant sur la seule voie qui conduit à Dieu et à la félicité de la vie éternelle.

Pour ce qui est du nom de Fils de Dieu quW prit souvent aussi lui-même, il ressort de la manière la plus évidente, des Évangiles, qu'il n'attachait k cette qualification que la seule idée que tous les hommes étaient les Enfants de leur Père éternel ; titre que méritent du moins surtout ceux qui , à Finstar de Jésus-Christ, vivent dans la foi en TÉtre Suprême. C'est partout dans cette acception de ce nom , qu'il exhortait les hommes à persévérer dans leur fidélité envers Dieu pour mériter la béatitude éternelle qu'il promettait au nom de son Père à ceux qui suivraient sa doctrine.

Quant aux Miracles de Jésus-Christ, dont parlent les Évangélistes, je n*ai, de merae que pour ceux de Moïses, pas \k en discuter la réalité dans le présent ouvrage ; et fidèle au principe de ne rien croire sans preuves , je ne dois exprimer en conséquence ici aucune opinion k ce sujet, objet de pure m. ?

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conscience» entièrement en dehors de la question qui nous occupe. Si Jésus -Christ a réellement eu le pouvoir de faire des miracles, il ne m'appartient pas de le lui dénier; n'ayant pas les preuves démontrées de leur impossibilité; preuves sur lesquelles je fonde partout les assertions négatives que j'avance; et je dois en laisser l'appréciation aux Métaphysiciens et aux Psyçhologistes, plus capables que moi d'en juger.

En effet , quand même le Sauveur n'eût fait aucun miracle, la morale qu'il a enseignée, ses vertus et sa piété si pure , n'en seraient pas moins sublimes ; et ce sont précisément ces principes religieux qui doivent faire le sujet de notre examen.

Mais arrêtons ici cette discussion générale sur ces grands principes de la doctrine du Christ; l'examc^n des Évangiles qui suit, où je me permets simplement de comparer les divers faits et assertions qui s'y trouvent consignés , éclaircira parfaitement ces questions de la plus haute importance pour la vraie Religion que Jésus-Christ a enseignée ; religion rigoureusement basée sur les deux dogmes fondamentaux de la croyance en un seul Dieu y et de Vmmorlaliié de V Esprit; principes qui, ne pouvant blesser la conscience de personne, sont de là seuls capables de réunir tous les hommes dans les mêmes sentiments d'amour pour le Créateur, en n'adorant exclusivement que lui , à qui ce respectueux hommage est exclusivement dû.

§ I. Évangiles.

On sait que les Évangiles, tels que nous les connaissons» nous ont été transmis en grec et non en hébreu ou en syriaque , langues que parlaient Jésus-Christ et ses Apôtres^ ainsi que cela est déjà indiqué, d'une part par le nom même de ces écrits , et de l'autre par le mot Christ qui signifie Otne, terme qui est la traduction grecque du mot Messie ^ ou plutôt

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Mischiah , qui , eu hébreu , a la même signification ; et sous lequel on désignait l'envoyé de Dieu , qui , suivant les Pro* phètes , devait venir pour sauver le peuple d'Israël , et qu'on reconnut dans Jésus.

Or ces Livres, écrits en langue étrangère k leurs auteurs, n'auraient-ils pas été de simples traductions des véritables originaux , et de là peut-4tre déjà altérés , ou bien écrits plus ou moins longtemps après la mort de Jésus-Christ par de sijnples historiens plus ou moins bien renseignés? Cette opinion devient assez probable, vu qu'on y remarque, d'une part, de npmbreuses contradictions entre les quatre Évangélistes ; et; d'autre part^ soit tantôt une telle similitude de rédaction lorsqu'ils parlent des mêmes faits, qu'il e3t impossible qu'ils n'aieqt pas copié le même document ; soit qu'il existe entre eux des omissions ou des additions, même souvent des interversions dans la série des événementSi ce qui prouve qu'ils n'étaient pas tous témoins oculaires des faits qu'ils rapportent. Mais ces nombreuses irrégularités prouvent en outre surtout que les. Évangiles n'ont pas éU écrits sous Vinspiration divine , ainsi qu'on le prétend : Dieu ne pouvant se contredire dans ce qu'il veut qui soit écrit.

J'ai déjà fait remarquer que Saint Matthieu et Saint Jean sont les seuls des quatre Évangélistes qui aient été Apôtres, tandis que Saint ÏIarg et Saint Luc ne l'ont pa6 été; et d'après ce que dit ce dernier lui-même (Ghap: I » i ) , il n'a pas même été disciple de Jésus , et en conséquence pas témoin de ses miracles et de ses enseignements, et ne rapporte que ce qu'il a appris par d'autres; disant au lieu cité :

i . « Plusieurs ayant entrepris d'écrire Vhistoire des choses dont la vérité a été connue parmi nous avec une entière certi" tudê; 9

2. < Selon que nous les ont apprises ceux qui les ont crues eux-mêmes dès le commencement , et qui ont été les ministres de la parole; 9

3. «J'ai cru aussi ^ très-excellent I^éophile^ que je devais ie

ÎO TH^LOGIB DE LA. NATURE.

les écrire par ordre ^ après m'en être exactement informé dis leur origine ; »

i. <iAfin que tu connaisses la certitude des choses dont tu as été instruit. »

Saint Luc n'a donc, bien évidemment, pas écrit sous rinspiration divine, comme on le prétend , disant lui-même que son récit estformé d*après les renseignements qu'il a pu se procurer , et de Ik, sans doute , d'après les écrits des autres évangéiistes ; et en effet, une foule de passages sont copiés mot k mot de Saint Matthieu ou de Saint Marc ; et ce dernier qui, lui aussi, n'a pas été apôtre, a, très-vraisemblablement, lui-même copié Saint Matthieu ; et d'autres fois Saint Luc est en contradiction formelle avec eux. Cet Évangéliste est, comme je Tai déjà dit, également auteur de la partie du Nouveau Testament nommée les Actes des Apôtres^ ainsi que cela ressort du nom de Théophile , donné à la personne k laquelle il adresse ces deux écrits , et en outre du Verset i du Chap. I de ce dernier ouvrage, où il dit : « J'ai parlé dans mon premier Livre , à Théophile , de toutes les choses que Jésus a faites et a enseignées, i»

2. « Jusqu'au jour qu'il fut élevé dans le ciel , après avoir donné ses ordres^ par le Saint-Esprit ^ aux apôtres quil avait choisis. » *

D'après ces mêmes Actes des Apôtres, Saint Luc a accompagné Saint Paul dans ses différents voyages apostoliques , vu que dans la narration de ces voyages , il parle non-seulement k la première personne du pluriel , comme par exemple au Chap. XVI , 10 , mais Saint Paul le nomme plusieurs fois dans ses Épitres comme étant son compagnon et son collaborateur. (Voyez Êpîire aux Colossiens, IV, 14; II. Êpî^ tre à Timothée, IV, 11 , et Êpître à Philémon^ verset 24.)

Quant k Saint Marc , il n'est également nulle part fait mention de lui dans les Évangiles , mais bien dans les Épitres de Saint Paul, comme étant un de ses compagnons apostoliques ; si toutefois il désigne sous ce nom la même

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personne qui a écrit rÉvangile. ( Voyez ÊpUre aux Colassiens^ lY, 10. ) Saint Pierre, nomme également un Marc qu'il appelle son fils ( probablement son disciple ). ( Voyez première Êpître de Saint Pierre ^ V, 15.)

Lorsque plusieurs hommes écrivent Thistoire de leur temps et rapportent des faits dont ils ont une parfaite connaissance, ils s'accorderont bien quant k Tenchainement des événements et au sens précis des divers faits dont ils rendent compte ; mais il est impossible qu'ils puissent s'accorder , k la virgule près , sans avoir puisé k la même source. Or on pourra juger par les citations ci-après de plusieurs passages des quatre Évangiles , si leurs auteurs se sont purement et simplement copiés, ou non :

Saint Matthieu , Chap. III , 3 , dit : « Car cest celui dont léschaïa le prophète a parlé , en disant : La voix de ce^ lui qui crie dans le désert^ dit : Préparez le chemin du Seigneur j dressez ses sentiers. »

4. Cl Or ce Jean avait un Itabit de poil de chameau ^ et une ceinture de cuir autour des ses reins y et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage, »

5. « Alors ceux de Jérusalem y et de toute la Judée ^ et de tout le pays des environs du Jourdain venaient à lui; »

6. « £^ ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain , confessant leurs péchés. »

7. « Lui donc voyant plusieurs des Pharisiens et des Saducéens venir à son baptême , leur dit : Race de vipères^ qui donc a appris à fuir la colère à venir ?

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