‹ Théologie de la nature (volume 2)Chapitre 46 sur 79 · CHAPITRE XV. [TA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. [TA

§111. Apocalypse.

Il me reste k dire quelques mots de Y Apocalypse oii Prophétie de Saint Jean T Apôtre , dît le Théologien , qui, se trouvant dans l'île de Pathmos, où il prêchait TÉvangile, y eut des visions qu'il décrit, en apnonçant qu*elles indiquaient ce qui devait bientôt arriver (Chap. I, 1), et le répète encore ailleurs. Or ce Livre de fort peu d'étendue est écrit dans un style tellement énigraatique , que jamais personne n'a pu le comprendre, bien que beaucoup de commentateurs aient cherché h l'expliquer, dans le désir d'y trouver la prédiction de certains événements qui devaient arriver, même encore de nos jours ; ne se rappelant pas que Saint Jean a formellement dit que ces faits devaient arriver peu après qu'il eut ces visions. Il n'est cependant pas difficile de se faire une idée juste de tout ce qui est rapporté dans ce singulier ouvrage; vu qu'il suflSt de se rappeler que l'auteur dit lui-même que ce n'est que la description de diverses visions qu'il eut pour y reconnaître de suite des récils de songes singuliers, le plus souvent fantastiques, parfaitement analogues k ceux que tout le monde fait parfois; songes où il vit d'ordinaire paraître, comme par enchantement , une foule de choses extraordinaires , tels que des animaux des formes les plus bizarres qui parlaient et se métamorphosaient à vue. C'est ainsi qu'il vit une fois sept chandeliers et au milieu quel* qu'un qui ressemblait au fils de Vhomme, mais dont les yeux étaient comme une flamme de feu , ses pieds comme 'de V airain dans une fournaisey sa voix comme le bruit des grosses eaux^ et ayant une épce à deux tranchants qui sortait de sa bouche. C'est dans cette singulière figure que Saint Jean dit avoir reconnu Jésus-Christ qui lui parla.

Dans la suite de cette vision il dit avoir vu des animaux extraordinaires qui parlaient; même des animaux à sept têtes, etc., et ainsi de suite. Or on trouve partout dans la

Bible que les anciens, comme (railleurs encore les gens peu cultivés de notre époque, attachaient l'idée de prédiction aux rêves qu'ils faisaient, rêves que les prétendus Prophètes regardaient comme des révélations divines, et qu'ils communiquaient comme telles au peuple.

C'est également ainsi que , sans aucun doute. Saint Jean crut que les choses fantastiques qui lui apparurent en songes indiquaient quelques événements ; mais il ne dit pas lesquels : ce qui eût été bien difficile, l'ensemble n'offrant aucune allusion prophétique. Il se borna simplement k décrire ce qu'il avait vu en laissant à d'autres k deviner ce que cela pouvait signifier : tache que bien des personnes ont inutilement entreprise.

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