DES DEVOIRS DE L^HOMME
Si , par l'examen que je viens de faire des Évangiles, j'^i prouvé que, de même que l'Ancien Testament, ces Livres canoniques des chrétiens ne sauraient avoir été inspirés k leurs auteurs par la Divinité, ce n'est nullement, ainsi qu'on a pu s'en convaincre , dans l'intention de jeter du discrédit sur les principes fondamentaux de la vraie religion , celle conforme au respectueux hommage que les hommes doivent au Créateur, mais uniquement pour garantir les personnes vraiment religieuses des erreurs auxquelles elles pourraient être entraînées par la lecture de ces Livres , en adoptant comme articles de foi des croyances évidemment contraires au dogme essentiel de Tunité de Dieu et aux immuables attributs DE perfection DE l'Être Supréme ; dogme qu'il est non-seulement de la plus haute importance de bien établir comme vérité fondamentale, irréfragable, mais qui doit encore être affranchie de toute croyance secondaire qui pourrait altérer le sens rigoureux qu'on doit attacher à ce principe, en se fondant sur une fausse interprétation de ces Livres dits sacrés.
C'est également dans ce même but que je me suis élevé contre la croyance k l'essence divine de Jésus-Christ, et non pour cherchera diminuer en rien ce quç la sublime doctrine du Sauveur a d'admirable dans sa parfaite pureté, doctrine qu'il a si rigoureusement appliquée pendant sa vie dans la pratique de toutes les vertus ; mais j'ai dû faire disparaître Terreur k juste raison inexplicable de la Trinité. Cela était d'autant plus important que certains hommes profitent de cette erreur, qu'ils font remarquer, pour tâcher de faire rejeter
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avec elle tout autre principe religieux, soit qu'ils aient euxmêmes besoin de se convaincre qu'il n'existe aucune justice omnisciente rémunératrice devant laquelle ils auraient à rendre compte de leurs actions , soil qu'ils aient, par Ik , l'espoir d'être entièrement anéantis au jour de leur mort, événement que pour cela même ils n'auraient pas k redouter; et font en conséquence non-seulement tous leurs efforts pour se convaincre que tout ce qui existe n'e§t dû qu'à son éternité même, mais que la doctrine de Jésus-Christ n'est que le résultat de la collaboration de plusieurs Moralistes qui ont écrit sous ce nom si vénéré dont ceux-ci ont k la fois imaginé le nom , l'histoire et jusqu'k son martyre^ tandis qu'il n'a en réalité jamais existé.
C'est ainsi que dans un ouvrage qui a, par son titre, l'apparence d'être fort savant,^DuPuis a cherché k prouver, par réchafaudage des sophismes , les plus singuliers et en forçant les analogies, que Jésus-Christ n'est qu'un Etre imaginaire, le personnage d'un véritable mythe, en quelque sorte le Mithrds des anciens Perses, afin de pouvoir jeter le discrédit sur la doctrine que le Sauveur a enseignée. Or les assertions de cet auteur athée ne sont fondées le plus ordinairement que sur des spéculations astronomiques dont les données ne sont en grande partie que des hypothèses les plus hasardées, faciles k établir par lui qui, en affirmait l'exactitude, mais dont la preuve de la fausseté exigerait un travail long et pénible pour celui qui voudrait les réfuter ; vu qu'il serait obligé de lire les nombreux ouvrages cités, et en même temps exécuter d'interminables calculs astronomiques; aussi personne n'a jamais jugé k propos de se donner la peine d'entreprendre cette lâche inutile : l'ouvrage de Dupuis se jugeant parfaitement pour ce qu'il est k la première lecture. M. J-B. Pères, a. o. a. m. Bibliothécaire de la ville d'Agen, lui a toutefois répondu k la fin, en faisant simplement ressortir tout le ridicule de cette opinion, en employant le même genre de sophismes pour prouver que Na -