CHAPITRE XVI. iTi
dans celui de tous les animaux, un amour passionné pour leur progéniture. Ce sentiment d*une aussi vive affection , FÉtre Suprême le plaça surtout dans le cœur de la mère, plus apte à rendre a ses enfants les soins assidus que leur faiblesse réclame ; sentiment admirable , qui assure k ces Êtres si délicats tous les secours dont ils peuvent avoir besoin ; et la mère elle-même, faible et le plus souvent hors d'état de les protéger seule, trouve pour cela un appui naturel dans son mari . animé comme elle du même amour pour ses enfants; affection qui ne saurait être fondée que sur Tidée qu il en est réellement le Père. Or cette assurance, il ne peut la trouver elle-même que dans la certitude de la fidélité que sa femme lui a promise en Tacceptant pour époux , et que les lois qui régissent la société lui garantissent en punissant sévèrement r adultère.
Pour assurer toutefois cette protection de la loi k la communauté entre Tbomme et la femme , afin de légitimer leurs enfants, il a nécessairement fallu que leur union, ou le Mariage , fût publiquement constaté par un acte authentique qui en règle les droits ; droits naturels que tout le monde doit scrupuleusement respecter, afin de pouvoir réclamer, k juste raison, la même protection pour lui; et cela d!autant plus qu'à cette foi en la fidélité est en grande partie attachée le bonheur intérieur des familles : aussi Tétat du mariage a-t-il en tous temps été considéré comme sacré chez toutes les Nations, et cela même jusque chez les moins civilisées.
Par l'effet des conséquences directes qui découlent des lois qui règlent ainsi, d'une part, le droit k la propriété , et de l'autre celui des familles , chacun étant maitre de disposer à son gré de ce qu'il possède , il était naturel aussi que dans chaque famille on cherchât à en augmenter la valeur, afin d'arriver k un plus grand bien être , avec la faculté de la transmettre aux enfants pour satisfaire a l'affection qu'on leur porte; justes avantages d'où sont nées a leur tour les lois assurant ihérédUé directe.
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. ilH THÉOLOGIE DR LA NATURE.
Enfin le même droit ^ la propriété devait nécessairement garantir en outre k chaque possesseur la faculté de transûiettrc son âvotr à un tiers , par un acte convenu , faisant loi, afln de pouvoir modifier, selon les convenances, là position sociale qu'il a ; d'où le droit de vente , de testament et de iimpit donation.
C'est ainsi que les lois fondamentales qui règlent le droit à la propriété et ceux de la famille ont du nécessairement être établies par la nécessité , dès les premiers temps de l'existeùce de Thomme sur la terre ; lois parfaitement naturelles , comme Conformes aux droits acquis par le travail et T industrie de chacun ^ et comme fondées sur V amour inistinctif tèciproque des membres de là même famille* Aussi combien serait en conséquence injuste et même absurde toute loi qui autoriserait de dépouiller un homme du fruit de son labeur, pour le partager entre ceux qui vivant dans Toisiveté , s'enrichiraient k ses dépens , pouf aliéner presque aussitôt de noUvièiaû leur fortutle ainsi acquise, afin de soutenir momen* tanément leur oisive existence , avec l'espoir de rentrer peu après ^ eh partagé avec l'homme laborieux , et ainsi à tout ibstant; vu qu'il faudrait toujours recommencer. Aussi ce {}ftntipei appelé tantôt la Loi agraire et tantôt le Commu-ikisme, ou le Sodûlism^, impossible à pouvoir être mis en pratiqué, n'a, ainsi t|u'on l'a dit, été imaginé qm par des frip&nspùur faire peur à des imbéciles.
Or ce n*^t ^as seulement la rigoureuse observation ût ces lois qui régissent les droits de propriété et ée famille, qui t^onstitue les devoirs que lesftommes ont k remplir en-^ vers îettr prochain , ces devoirs s'étendent aussi au respect qu'ils ^^iVent au toême titre de justice et d'égalité devant Weu, ^au bonheur 'mcg^t de chacun ; objet qui constitue sa propriété là plus chère, rieh ne pouvant la remplacer; et en conséquence , personne ne peut injustement lui porter atteinte sans commettre une faute grave aux yeux de l'Être Suprême
M«is Si le droit de famille doit être rigoureusement res-
CMAFITRE XVI. 17V
pecté par Tétranger, la loi naturelle se fondant sur Tindé-^ pendaoce réciproque des époux par leur naissance, commande aussi la plus parfaite égalité de droits entre ces der- Biers; quoique les lois civiles, partout formulée» par les hommes dans leur intérêt privé, ne soient pas en teut conformes k ce droit imprescriptible basé sur la justice divine.
En effet, la Femme que Dieu créa physiquement plu^ faible que Thomme, pour la mettre mieux en harmonie avec' la grâce, la délicatesse et la beauté de ses formes, ainsi qu'avec la douceur et Taménité de son caractère , fut par là , dès l'origine, subjuguée par la force brutale de celui-ci , et réduite par lui k un véritable esclavagis, malgré les émixientes qualités de son cœur et de son esprit, qui relèvent presque en toute chose au-dessus de Thomme. Privée ainsi de ses droits naturels, la femme n'occupe plus dans la société qu'un rang secondaire; condition qu'elle a fini par accepter, sinon comme naturelle, du moins comme conforme à la loi existante de fait, que Torgueilleux égoisme du législateur n*a pas craint de faire remonter jusqu'à la volonté divine même, d*où il la dit émanée, pour tâcher de la faire considérer par là comme ayant une origine sacrée; afin que cette loi pût en tirer toute la force morale dont elle avait besoin pour être justifiée ; tandis que la loyauté la plus vulgaire n'aurait j'amais dû permettre fux hommes de croire qu'ils ont sur le^ femmes quelque autre avantage naturel que celui de la force musculaire, qui leur fut donnée comme moyen de protéger leurs familles, et non pour en être les . tyrans.
S'appuyant de cette force matérielle dont ils sont pourvus, les hommes en abusent encore , en se persuadant même , dans leur orgueil/ que la Providence U^-a également doués d'une intelligence supérieure à celle dé la femme, intelligence par laquelle ils prétendent avoir plus essentiellement le droit de domination sur celle-ci.; tandisque partout où une loyale comparaison peut être établie entre les deux sexes» on
trouve, sous le rapport de la puissance intellectuelle , Tégalité la plus parfaite.
C'est ainsi que partout dans la vie privée , où les femmes s'occupent des mêmes affaires que les hommes, telles que lé commerce , les arts et même le gouvernement des États absolus, celles-là égalent ces derniers, et les surpassent même. En effet, combien de Rois ont gouverné avec une honteuse faiblesse, tandis que jamais le gouvernement d'une reine n'a manqué d'illustration et d'énergie ; et si je blâme en quelque chose les femmes, c'est de n'avoir pas partout et toujours protesté contre la violence qui les opprime.
L'égalité dé droit de l'homme et de la femme résulte déjà de leur naissance comme frère et sœur ; et si l'association d'une famille à Tautre, par le mariage, pour former de nouvelles familles, présuppose d'une part des conditions naturelles ayant cette famille pour but, et de l'autre, des obligations réciproques à remplir pour en assurer le bienêtre , il n'est nullement nécessaire d'admettre que l'un soit de droit naturel le despote de l'autre ; pas plus que cela ne doit exister entre deux associés commerçants , qui restent toujours l'égal l'un de l'autre, quelle que soit la spécialité dans les occupations de chacun d'eux; et cela existe de même quant à Thomme et à la femme, unis par le mariage, dans le but prescril par la Divinité de régénérei" et d'augmenter la population , afin de réparer les pertes qu'elle éprouve continuellement par les décès. Or dans cette même association les époux ont en outre en vue le bonheur moral et matériel de la vie domestique, fondé sur l'affection réciproque de tous les membres de la famille; d'où naissent, parles devoirs que chacun a à remplir envers la communauté, les occupations auxquelles chaque époux doit naturellement se livrer selon les facultés que la Providence lui a départies, sans que rien puisse autoriser l'une à primer sur l'autre.
C'est ainsi qu'il est naturel que les soins du bien-être domestique soient répSirtis de manière que chacun des époux