‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 27 sur 77 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

plement, selon Saint Jean : Tout est accompli, et expir^.

Après sa mort, Marie-Madelaihe vint le matin à la pointe du jour au sépulcre, et le trouvant ouvert, elle courut le dire à Saint Pierre et k Saint Jean; mais cet Évangéliste nb dit pas qu'elle y avait vu alors un ange, soit assis sur la pierre d'entrée , soit dans lintérieur du caveau^ soit même deux hommes qui lui dirent que le Sauveur était ressuscité ; mais que Saint Pierre et Saint Jean étant arrivés an sépulcre, le trouvèrent en effet vide , et s'en retournèrent ensuite chez eux ; et ce n'est qu'après que Marie-Madelaine , en regardant dans le sépulcre, y vit deux anges placés l'un à la tête el l'autre au pied du lieu ou Jésus avait été placé , el que l^s anges lui demandèrent simplement pourquoi elle pleurait, sans rengager à aller dire aux disciples que Jésus était ressuscité; mais rÉvangélisle ajoute que Jésus apparut lui; ménië a Marie-Madelaiiie , et lui dit d'annoncer aux Disciples qu'il était ressuscité ; il lui détendit, du reste, de le loucher, n'étant pas encore monté vers son Père ; et cependant le soir même il apparut aux Apôtres à Jérusalem , et encore huit . jours anrès , où il ûi toucher les stigmates de ses main$ et de soii côté à Saint Thomas, pour le convaincre qu'il était réellement ressuscité en chair et en os ; et cependant il n'était pas encore inorité vers l'Éternel.

D'après Saint Jean , ce fut aussi lors de la première app^irition aux Apôtres réunis , que Jésus-Christ leur communiqua le Saint-|!sprit, et leur donna la faculté de pouvoir remettre les péchés; tandis que dans les Actes des Apôtres » rédigés par Saint Luc (I, â), ce né fut que dix jours aprèâ son ascension que le Saint-I)sprit descendit sur jeux.

Enfin Saint Jean parle de l'apparition de Jésus à ses disciples en Galilée, siir les bords de la mer de Tibériade, apparition dont aucun autre Évangéliste ne fait mention; car celle qui eiit lieu dans ce pays , et dont parle en peu de mots Saint Matthieu , eut lieu sur une montagne.

Quant à l'ascension de Jésiià-Christ , Saint Jean n'en dit

pas un mot , et termine son Évangile par l'assertion hyperbolique que le monde entier ne saurait contenir les Livres qu'on pourrait écrire sur les miracles que Jésus a faits ; exagération qui montre l'enthousiasme qui présida k la rédaction de cet Évangile.

Après toutes ces contradictions que Je viens de signaler entre les Évangélistes , et dont j'aurais pu citer encore beaucoup d'autres, quelle croyance peut-on ajouter à la vérité des Évangiles , qui ne peuvent être considérés que simplement comme des ouvrages d'histoire, mais non comme inspirés à leurs auteurs par une révélation divine , ainsi qiie le croient la plupart des sectes chrétiennes; et la foi qu'on peut avoir dans leur exactitude doit être d'autant moindre, que (leux des Évangélistes, Saint Marc et Saint Luc ne sont nulle part indiqués , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, comme ayant été des disciples directs de Jésus-Christ, surtout le second , qui dit lui-même avoir compilé tout ce qu'il a pu réunir de renseignements sur la vie du sublime réformateur de la religion juive. Or les documents dans lesquels il a puisé ont été évidemment fort incomplets, et sans doute très-inexacts, l'auteur rapportant le plus souvent à des époques différentes ce qu'il a copié de Saint Matthieu ayec quelques additions qu'il a ramassées ailleurs, et quelquefois avec moins de détails; ce qui prouve ou qu'il a volontairement tronqué on altéré le récit de Saint Matthieu, ou bien qu'il n'a eu sous les yeux que des fragments de l'Évangile de cet Apôtre. Enfin une autfe preuve que l'Évangile de Saint Luc n'est pas une histoire exacte et complète de la vie et des actes du Sauveur, c'est qu'il manque dans Saint Luc, comme d'ailleurs dans Saint Matthieu et Saint Marc , presque tous les faits rap- . portés par Saint Jean , et réciproquement. Quelle confiance peut-on en conséquence attacher k l'autorité de Saint Luc et dé Saint Marc qui n'étaient pas Apôtres? Comment se fait-il même qu'il existe une si grande diflérence entre les récits des deux autres Évangélistes Saint Matthieu et Saint Jean,

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qui , ayant été l'un et l'autre Apôtres, auraient du moins dû s'accorder entre eux , s'ils n'avaient écrit que ce qu'ils ont vu et entendu? Le dernier surtout, qui parait n'avoir jamais quitté Jésus-Christ, comment concevoir qu'il ne fait absolument aucune mention d'une foule d'événements dont parient les autres Évangélistes » tandis qu'il rapporte, au contraire , seul d'autres faits sur lesquels ceux-ci se taisent complètement, Saint Jean ne parlant guère que de ce qui est arrivé vers la fin de la vie du Sauveur et immédiatement après sa résurrection , où , à ([instar de Saint Matthieu et de Saint Marc , il termine son récit.

On ne conçoit pas non plus que bien que les prédications de Jésus-Christ aient duré trois années , les Évangélistes ne rapportent cependant qu'un fort petit nombre de traits de son histoire , quoique Saint Jean dise que le monde entier ne saurait contenir les Livres qu'on pourrait écrire sur les miracles qu'il a faits; car, à lire leurs écrits , on dirait que tout s'est passé dans l'espace d'un mois. En considérant même les détails minutieux dans lesquels ils entrent pour les moindres choses , on voit que ce n'est ni le temps ni Timportance des événements qui les ont obligés de se borner k ne relater que les faits les plus remarquables; d'où l'on doit conclure qu'ils n'en ont pas connu d'autres, chacun ne rapportant que ce qui est venu a sa connaissance , en se copiant souvent à la lettre près.

Cette vérité, que chaque Évangéliste ne raconte qup le petit nombre de faits de l'histoire du Sauveur venus k sa connaissance, soit qu'il en ait été témoin, soit qu'il les ait recueillis de tous côtés, ressort surtout de cela que chacun rapporte des événements dont les autres ne font absolument aucune mention-, tandis que, d'autre part, ils se copient servilement entre eux. D'où résulte que les quatre Évangiles, même ensemble, ne sauraient être considérés commet une véritable histoire de la vie de Jésus-Christ, mais simplement comme des fragments réunis par tous les moyens

possibles, ainsi que l'avoue, pour lui-même , Saint Luc dans son premier Chapitre.

Quant à Saint Maîic, il commence même son Evangile au beau milieu d'un sujet , parlant de Saiiit Jean-Baptiste et de ses bafitémes coitime d'une chose généralement connue, sans parler de ce qui est relatif k Jésus-Christ avant cette époque; ce qui semble déjk indiquer qiiè son ouvrage n'est l|u'ùh siinple fragment d'un plus grand travail , ou bien également un' assemblage de tiôtes Recueillies çk et là, mises plus tard eh ordre, et souvent purement copiées de Saint Matthieu, qui, avec Saint Jean, étaient seuls Apôtres de Jésus-Chrlsl , dès lois tédddlnS de ses âcles , et en conséquence seuls Évangélistèâ originâilx. Èjïflri ^aint Jean dit en térininant son Évangile , que l{ii-méme hë iàpporte qu'iin petit nombre dès événements de là vie dil Sauveur.

Il est Surtout remarquable ^ûe Saint Jean , Tàmi intime de Jésus-fchrist , ne parle hiitle pah des événements qui ont précédé et suivi immédiatement là naissance du Sauveur; événements qui , s'ils étaient vrais , eussent pourtant bien mérité d'être rapportés dans l'histoire de sa vie.

En effet, comnierit se faît-îl que rarinoncialîori de l'Ange Gabriel k la Vierge Marie , qii'elle donnerait naissance au Messie, h^è soit exclusivement rapportée que par Saint Luc, le seul Èvatigélîste évidenimënt compilateur, ainsi qii'il l'àvoue lui-même ; tandis que le? trois autres , et préciséndent ceux <jui étaiedt Apôtres n'en fbnt absoluinent aucune mention, n'y faisant même ndlle part alli^sion? Je ne dirai rien ici du miracle qu'il y à dâtis là cohceptiorl de la Vierge immaculée, voulant laisser k chacuii, selon Isa conscience, la faculté de Croire ou de n^ pas croire k sd possibilité ; mais je la discuterai simplement sous le rapport pureiiient historique.

Suivaiït Saint Luc (I, S) , l'Ange Gabriel annonça k ZachdHe , sacriflcateur, qu'il lui iiâitrait un fils qu'il nommera jEXfi (ap[ielé plus iar<) plus particulièrement Jean-Èàptiste , ppur le dislitigùër dé Jean l'Âpôtre) ; que cet ent'ànt sei*ait

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