CHAPITRE XV
grand devant le Seigneur et rempli du Saint-Esprit dès sa naissance ; « qu'il convertira plusieurs des enfants d'Israël au Seigneur leur I>îeu , et marchera devant lui dans T esprit et dans la vertu d'Êlie, pour tourner les cœurs des pères vers l'es enfants^ èl les rebelles à la sagesse des Justes ; afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposi (Versets 15 , 16 et 17) . »
Sdiht Jeân-Ëapiiste n'était donc pas Élie ressuscité, comme Saint Matthieu le fait dire k Jésus-Christ (Chap. XI, Î4 , et ChaI». XVII, H) , mais marchait simplement sur ses traces dans le chemin de la vertii.
Le tnêine ange Gabriel annonça aussi quelques inbis après à Sainte Marie (Saint Luc , tuAP. I, 2fe) , « quelle concevra du Sairit-Ésprit , et que Venfànl qu'elle mettra au jour elle devra le nommer Jésus; que cet enfant sera grand, et sera appelé Fils du iVès-ÉCàut , et que lé Seigneur i)ieu lui àonnera tè trône de David son père. Qu'il régnera étemeltement sur ta fnaison de Jacoh , enfin qu'il n'y aura point àe fin a son règne. » Or Sainte Marie , au lieu de faire part de cet événement si extraordinaire à Saint Joseph à qui elle était fiancée, ce qui eût été si essentiel piour l'un et pour l'autre, vu la circonstance d'un prochain mariage qui devait les ynir, d'où il était pour lui de la plus grande iiâportance qu'il le sût, pour être convaincu de là pureté de sa femme, elle alla au contraire au pays des montagnes , dans une ville dé la tribii dé lehôuda , chez sa cousine ËlisabetiI, alors enceinte de Jean- Baptiste, lui faire part de ce qui venait dé lui arriver, et y resta trois niois;'après quoi seulement elle retourna chez elle, et toujours sans en instruire Joseph, son bancé, qui ne l'apprit pas d'elle; mais pliis tard par un simple songe {Saint lUalthieu , I ; âO) .
L'enfant de Zacharie et d'Elisabeth sa femme étant verni an monde, on voulut Tappieler Zachairie, du nom de son père; mais celui-ci et Elisabeth s'y opposèrent, et lé nommèrent Jean, ainsi que cela leur avait été prescrit par l'Âiige Gabriel,
Au même instant Zacharie fut rempli du Saint-Esprit et il prophétisa et dit, suivant Saint Luc (Chap. I) :
Verset 68. « Béni soit le Seigneur , le Dieu d* Israël , de ce quil a visité et racheté son peuple^ »
69. « £^ de ce qu'il nous a suscité un Sauveur, dans la maison de David son serviteur; »
70. < Comme il en avait parlé par la bouche de ses saints prophètes, qui ont été depuis longtemps; i^
71. (( Que nous serions délivrés de nos ennemis, et de la main de tous ceux qui nous haïssent, »
72. « Pour exercer sa miséricorde envers nos pères , et se souvenir de sa sainte alliance ; »
73. « Selon le serment qu*il avait fait à Abraham notre père, »
74. a De nous accorder, qu'après a^oir été délivrés de la main de nos ennemis, nous le servirions sans crainte^ »
75. <( Dans la sainteté et la justice ^ en sa présence , tous les jours de notre vie. »
Ainsi, d'après TAnge Gabriel lui-même, Jésus, nommé le Fils du Très -Haut, devait recevoir de Dieu le trône de David, et régner éternellement sur la maison de lacob ; c'est-à-dire posséder le règne temporel comme V avait possédé David, et non le règne spirituel, dont il n'est évidemment pas question ici. Et dans les expressions qu'il régnerait éternellement sur la maison de David on ne peut aussi voir que la pensée à. un règne temporel de père en fils , exprimée en style hyperbolique ; le successeur au trône de David ne pouvant pas régner lui-même éternellement. Or on sait que les Juifs ont toujours cru, d'après les Prophètes, que leur Messie devait être un puissant Roi temporel qui les délivrerait de l'oppression des étrangers. D'où il est naturel que TÉvangéliste ait rédigé sa phrase suivant cette pensée, dominante; tandis que Jésus- Christ lui-même n'a jamais pailé que de son règne spirituel, et par Ik éternel.
C'est aussi cette idée d'un règne terrestre qui est exprimée