‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 4 sur 77 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

listes rie font pas mention, ce sont pour la plupart précisément ceux dont la réalité est la plus douteuse , étant d'ordinaire en contradiction avec ce qui est dit dans les Evangiles de ces Apôtres ; observation qui s'applique plus particulièrement à Saint Li3C, qui parait avoir recueilli tout ce qu'on disait de Jésus- Christ , sans avoir peut-être eu l'intention d'écrire spécialement l'histoire de sa vie, mais uniquement une Notice devant servir d'avant-propos aux Actes des Apôtres.

Or si Saint Marc, et surtout Saint Luc, ont en grande partie puisé dans les Évangiles de Saint Matthieu et de Saint Jean, ils n'ont pas dû se faire scrupule d'emprunter également divers faits à d'autres, et rapporter même de simples histoires populaires , ou des variantes , semblables k celles que nous trouvons souvent , de nos jours , sur les événements actuels.

Personne ne nourrit au fond du cœur le sentiment d'une plus profonde admiration que moi pour les sublimes qualités de lésus- Christ, dont la douceur de caractère, l'ineffable bonté portée jusqu'à la plus généreuse indulgence , et surtout la piété si rigoureusement pure, commandent la plus respectueuse vénération pour lui -, pour lui qui a porté sa fervente foi et l'amour envers le prochain jusque se vouer à la mort des martyrs, pour sceller de son sang la nouvelle alliance en Dieu, qu'il a formée dans sa personne, entre ses disciples , en donnant par là aux hommes le sublime exemple de mieux aimer souffrir le supplice le plus affreux que de faiblir le moins du monde dans l'épreuve de leur foi en Dieu, sacrifice par lequel il a réellement été , comme on le verra plus loin, le Sauveur de l'humanité entière, en faisant comprendre aux hommes quels étaient leurs véritables devoirs envers l'Être Suprême. Mais ma conscience ne me permet toutefois pas de Tclever dans mon esprit jusqu'à Tassiniiler à la Divinité même, en acceptant comme article de foi l'assertion de ceux qui, de leur propre chef, l'ont pro-

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clamé le Fils uniqiAe du Dieu éternel , et cela contrairement h ce que Jésus-Christ a plusieurs fois dit lui-même; et je puis moins encore adopter Topinion simplement émise par les premiers chrétiens, qui , allant plus loin encore dans leur enthousiasme , le déclarèrent identique avec le Créateur même. Véritable blasphème par lequel ils ont rabaissé la Divinité au niveau des hoipmes, en prétendant que TÊtre Suprême était descendu jusqu'à prendre la forme d'un simple mortel, pour instruire les hommes dans la sainte doctrine qu'il voulut leur enseigner, où il s'offrit en holocauste pour racheter le genre humain. Or on verra plus loiii , par l'analyse que je donne des Évangiles, combien ces diverses croyances sont peu fondées.

Heureusement pour la plus sainte des vérités, Jésus-Christ et ses Apôtres ont eux - mêipes prévenu cette grande erreur dans laquelle sont tombés les hommes , en donnant d'avance à cette opinion, soit formellement, soit implicitenoent, de nombreux démentis. C*est ainsi que précisément S^nq* Matthieu {Évangile I , Yerset 18) , et Saint L«ug (Évangile I , Verset 26 ) , qui fournissent le texte sur lequel on se fopde pour établir la preuve de l'essence divine de Jésus, donnent en même temps la preuve du contraire, en établissant sa généalogie cornme descendant du Roi Davip ; le premier Chap. I, 1 , et le second Chap. III, 23 , celui-là eq le di* sant formellement fils de Joseph ; et celui-ci en y ajoutant toutefois , pour être conséquent (Verset 23) , qu'on le croyait fils de Joseph*

Mais cela n'est pastoqt, les depx Évapgélistes ne s'accor* dent même nullement sur la série des ancêtres de Jésu$, jsi ce n'est pour faire descendre Joseph de Zoroba^el et de Salatbel, père de ce derner; les deux listes étant du reste complètement différentes , ne s'accordent pas même sur le nom du pèr^ àe Joseph , que Saint Matthieu nonifne laçob , tandis que Saint Luc l'appelle Uè^i ; et selon le premier de ces deux Evangélistes, il serait descendu de Salomoi^, ^Is de

CBAPITIIB XV. il

David; et, suivant le second, de Nathan, autre fils de ce roi. Enfin , les deux généalogies sont loin de s'accorder même sur le nombre des générations. Or toutes ces différences si essentielles prouvent qu'au moins Tun des deux historiens a été fort mal renseigné, et bien certainement ce n*est, en conséquence , pas Dieu qui les a inspirés. Pour faire mieux apprécier Timmense différence qui existe à ce sujet, non-seulement entre les deux Évangélistes, mais aussi entre eux et la Chronique , pour la généalogie de Zorobabel, je transcris ici ces généalogies en les mettant en regard les unes des autres.

Tableau généalogique de Joseph , Père de Jésus ,

depuis le Roi David.

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