CHAPITRE XV. lOS
osûssance de Jésus? Car en les examinant dans leurs détails , on y trouve \k côté de la fiction poétique plusieurs cir* constances impossibles par elles-mêmes , ou du moins d'une probabilité fort douteuse. En effet, on sait que les Mages, mot qui signifie savant , étaient des Philosophes de Tancienne Perse et de la Chaldée qui remplissaient les fonctions de théologiens et de sacrificateurs,, et s'adonnaient particulièrement k Fétude de l'astronomie. Daprès Saint Matthieu , plusieurs de ces savants seraient venus ainsi de plusieurs centaines de lieues , du fond de la Perse jusqu'en Judée, guidés par une étoile qui devait leur indiquer où était le Roi des Juifs afin qu'ils l'adorassent; roi auquel les Perses n'avaient cependant ni hommage ni adoration k adresser, et notamment les Mages, en leur qualité de théologiens, d'une religion tout à fait différente de celle des Israélites. Mais d'ailleurs cette étoile qui les, guidait, comment ne les conduisit-elle pas directement et de suite k Bethléhem , mais d'abord à Jérusalem , où les Mages forent obligés de demander où était l'enfant , et que ce ne fat que par TelTet de l'arrivée de ces astronomes qu'Hé* rode fut instruit du grand événement de la naissance du soi-disani roi des Juifs? Enfin les Mages suivant de nouveau rétoile , elle les conduisit en dernier lieu k Bethléhem , où elle s'arrêta , dit le texte , sur la maison où était l'enfant.
Mais pourquoi les Mages avaient-ils besoin de voir cet enfant , qui devait leur être complètement étranger , et de Ik indifférent? Enfin comment cessavants astronomes pouvaientils être conduitspar une étoile, qui, parl'effet de sa prodigieuse distance , ne pouvait pas leur avoir paru s'arrêter sur cette maison 7 Fait impossible k reconnaître , en admettant même que cet astre extraordinaire avait réellement un mouvement très-marqué , appréciable k la vue simple ; car sa distance n'eùt-elle été que d'une centaine de lieues , et même beaucoup moins, il n'aurait pas pu, en s'arrêtant, fairedistinguerle lim où était l'enfant , sa posifiop paraissant k la fois au des-
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SUS de chaque maison de tout une grande ville. Et si le corps lumineux n'était qu'à une faible hauteur, d'une centaine de mètres, par exemple, certes les Mages ne l'eussent pas nommée une étoile , connaissant parfaitement la nature et l'éloignement prodigieux des corps célestes; mais l'auteur n'a pas réfléchi à tout cela.
Or ces objections ne sorit pas les seules qu'on puisse faire à l'assertion de Saint Matthieu. En effet, comment Hérode a-t-il pu ignorer la naissance de Jésus , et le lieu où il se trouvait, le jour AeY Epiphanie , quinze jours après qu'il fût venu au monde, alors que les bergers dont parle JSaint Luc avaient, au dire de cet Évdngéliste, publié partout lé jour même de la naissance ce qu'ils avaient vu et entendu? Ces faits étaient assez extraordinaires pour que la nouvelle dût s'en répandre partout dans le pays, et arriver à la connaissance d'Hérode; Bethléhem étant éloigné à peine de trois lieues de Jérusalem, et cependant, au dire de Saint Matthieu , lé gouverneur de la Judée a si longtemps ignoré un événement aussi important, et d'autant plus h craindre pour les Romains, que Jésus était annoncé par les Mages, comme devant devenir le Roi deà Juifs; circonstance qui engagea Hérode à faire mettre à mort tous les enfants de Bethléhem. Enfin comment expliquer qu'Hérode ait dit anx Mages qu'il désirait savoir où était Jésus, afin qu'il pût aller Y adorer , vu qu'on ne rendait point cet hommage à des rois; expression qui trahit lafpeusée de l'auteur, qui savait, quand il écrivit, que Jésus-Christ n'était pas un roi temporel, mais bien un souverain spirituel, que ses disciples ont adoré f Enfin comment se fait-il qu'un seul des Évangélistes ait parlé de l'adoration des Mages et de l'apparition de l'ange aux bergers? Faits cependant assez importants assurément pour mériter qu'ils en parlassent tous; et cela est d'autant plus étonnant, qu'ils se sont si souvent copiés les uns les autres, pour des choses d'un bien moindre intérêt.
Considéré sous un antre point de vue encore , on né con-
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çôit pds non plus, pourquoi Dieu, dans Fratérét même de son Messie, n'ait pas laissé ignorer sa naissance an cruel Hérode, et pourquoi il a inspiré, au contraire, k ce dernier Tenvie de le faire mourir; d'où Dieu se tit ensuite obliçfé de faire transporter Jésus en Egypte , pour le soustraire h la persécution de ce nléme roi.
Or ce n*est pas seulement un singulier rôle que l'Évan* géliste ait prêté k l'Éternel , mais il n'est en outre pas trèsreligieux de rabaisser ainsi la Divinité, en la soumettant de la sorte au caprice d'un seul homme , disant que Dieu fut obligé d'user de stratagème pour sauver l'enfant . en faisâtit coniialtre par un songe h Joseph qu'il devait fuir aVec Itii en Egypte, où il devait rester jusqu'k ce que Dieu l'en rappelât, et qu'en effet, il lui fut ordonné après la mort d'Hérode, et cela eficote par lita songe, de retourner dans sa patrie: mais que cette fois Vavis était faux. Dieu s' étant mépris sur f opportunité de i^e voyage y Arghélaus, fils d'Hérode; régnant k la place de son père en Judée ; d'où Joseph apprit encore par un songe (car c'est toujours par des songes qu'il se détermina) qu'il devait aller s'établir k Nazareth, ville de GaUlée. Mais malheureusement SaInt Luc (Chap. II, 39), en parlant de la naissance et de la circoncision de Jésus, ainsi que de sa présentation dans le Temple de Jérusalem pour être consacré k Dieu , en sa qualité de premier-né , vient encore contredire ce que Saint Matthieu affirme au sojel de la fuite en Egypte, disant qu'après cette dernière cérémonie et la purification de Marie , Joseph retourna de suite II Nazareth , d'où il était, et vidt ensuite tous les ans b Jérusalem, pour y faire la Pàque. D'après cet Évangéliste, Joseph et sa famille n'auraient donc pas été en Egypte; et en effet, pourquoi se serait-il expatrié pour sauver le saint enfant, s'il trouvait chez lui, en Galilée, la même sécurité? Si vers la fin de sa vie, Jésus-Christ s'est plus particulièrement nommé le Fils de Dwa , c'est, ainsi que je l'ai déjh dit ; uniquement parce qu'il se regardait comme plus spéciale-
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ment aoimé de l'Esprit divin que TÉternel avait mis en lai ; pensée exprimée dans le passage cité plus haut, (Saint Jean, X , 35) , où il dit : La loi appelle Dieu ceux à qui la parole de Dieu e$t adressée: mais on ne trouve nulle part qu'il ait jamais attaché à ce titre de Fils de Dieu l'acception ordinaire du mot fils ; et c'est bien évidemment aussi de même que l'entendaient les Ëvangélistes , qui, tout en le nommant le Fils de Dieu y le firent toutefois descendre en ligne directe de David.
J'ai, du reste, déjà fait remarquer plus haut que cette opinion que Jésus était le Fils unique de Dieu , conçu du Saint Esprit 9 conception annoncée à Sainte Marie par l'ange Gabriel , ne se trouvait exprimée que dans Saint Luc ; l'Évangéliste qui n'était point apôtre, mais simplement ua historien compilateur qui réunit , ainsi qu'il le dit lui-même , tous les renseignements et les traditions qu'il put recueillir au sujet de Jésus-Christ; d*où l'on peut fort bien expliquer pourquoi les Ëvangélistes apôtres ne parlent aucunement de ce fait, d'une si haute importance cependant, et que Saint Luc ne l'a accueilli que d'après de simples dires, ou des contes faits sur la vie de Jésus-Christ. Opinion qui prend même le caractère de. la certitude , par cela que dans la famille même de Jésus-Christ , on ne croirait ni k sa descendance divine , ni même à sa mission comme envoyé de Dieu , ainsi qu'on l'a vu plus haut.
Quant à la croyance aujourd'hui généralement adoptée par la plupart des chrétiens , et dont il a déjà été parlé plus haut, que Jésus-Christ n'est autre que le Créateur incarné, elle n a non- seulement jamais été soutenue par Jésus-Christ lui-même, qui a, au contraire, protesté contre, mais encore, parmi les Ëvangélistes , Saint Jean est le seul qui l'ait dit dans son premier chapitre, formant une espèce d'introduction à son histoire de Jésus-Christ, où il en parle < non pas en narrateur , mais dans un style figuré et poétique , dû, çpI|(lI9^ je l'ai déjà dit, à l'exaltation de son esprit pour son
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sublime ^naître, qui lui avait voué spécialement une affection toute particulière, et pour lequel ce disciple devait naturellement éprouver le sentiment de Tadmiration la plus parfaite , et un dévouement sans bornes ; dévouement qui a dû lai faire adopter , plus qu*k tout autre , Topinion que Jésus- Christ était plus qu*un simple mortel , et vraiment d'une essence divine.
Jésus-Christ, en voyant l'ascendant qu*il avait sur Tesprit de tous ceux qui Técoutaient, et surtout sur celui de ces disciples, qui dans leur admiration le nommaient le Messie et le Fils de Dieu , a dû naturellement le croire; et c*est par Ih qu'on peut expliquer facilement le sens de ce passage des Évangiles, où il est dit qu'il fut tenté par le Diable, passage, du reste, évidemment allégorique. En effet, il est dit dans Saint Matthieu (Ghàp. IY , 1) : c Alors Jésus fut emmené par T esprit dans un désert , pour être tenté par le Diable. »
2. < Et après qu'il eut jeûné pendant quarante jours et quarante nuits y il eut faim. »
3. €Et le tentateur s'étant approché de lui, lui dit : Si tu es le FUs de Dieu^ dis que ces pierres deviennent des pains. »
4. « Mais Jésus répondit : Il est écrit : Lhomme ne vivra fos seulement de pain, mais il vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
8. c Alors le Diable le mena dans la i)ille sainte , et le mit luf le haut du Temple , »
6. c Et il lui dit: Si tu es le Fils de Dieu , jette-toi en bas , car il est écrit qu*il ordonnera à ses anges d* avoir soin de toi ; et ils te porteront dans leurs mains ^ de peur que tan pied ne heurte contre quelque pierre. »
7. « Jésus lui dit : Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point U Seigneur ton Dieu. »
8. «X« Diable le mena encore sur une montagne fort haute ^ ti lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire ; »
9. « Et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses ^ si, en te prosternant , in m'adores. »
iiO TH^OLO^IS PB Li {ÏATURB.
10. » Alors Jésus lui dit: B,etire-toi, Satçin; eatil est écrit: Tu adoreras le Seigneur ton Dieu , et tu le serviras lui seul. »
il. (^ Alors le DiaHe le laissa; et aussitù^ des anges vinrent et le servirent. »
Prendre ce passage à la lettre, serait vraiment absurde; car il faudrait d'abord admettre Texistence du Diable , c'està-dire d'une Divinité malfaisante , dont le pouvoir , opposé à celui de rËt^e Suprêppie, le contre-balancerait, et le surpasserait même le plus souvent pour faire trioQiplier le vice , ainsi que le pensaient les aaciQ{)s paï^^s , et comme Tobservation de tous les jours semble ^n effet )e prouver.
Mais tout réels que soient ces faits comme résultats, peuton y avec quelque bon sens , attribuer Ip mal que produit le vice a l'action d'un Être intellectuel malfaisant réel , aussi puissant que Dieu même, et qu'on nomme le Diable, Satan ou Pémon ? et n'est'il pas.au contraire plus conforme au ban sens de désigner sous ces dénominations le vice personnifié? Et c'est bien certainement dans ce dernier sens que rÉvangéliste a employé ces termes dans le passage, évidemment allégorique , que je viens de rapporter, sur les tentations de Jésus.
En effet, commei^it peut-il entrer daps rintelligence d'un chrétien qui croit à la divinité de Jésus-Christ, que celui-ci ait, en cette qualité , jamais pu être tenté par le Diable , qui lui aurait proposé de se prosterner devant lui et de T adorer? Et comment Satan peut-il avoir offert en outre k la Divinité tous les biens de la terre pour prix de cette adoration? Car toute proposition suppose qu'elle puisse être acceptée. Cela devient tellement absurde que réellement on ne peut y répondre, et il ne serait en effet pas possible de pousser le blasphème plus loin que d'admettre que de semblables pro-positions puissent être faites à Dieu par le démon. D'où il est impossible que les Évangélistes qui ont écrit ce passage aient pu voir dans Jésus-Christ^la Divinité incarnée ; si toutefois ils ont cru, ainsi que beaucoup de personnes le pensent
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encore, à l'exUtence réelle de Satan » comme étant un Être puissant et intelligent.
Quel pouvait être d'ailleurs TEsprit qui a emmené ainsi Jésus dans le désert pour le faire tenter par le Djable? Ce n'était évidemment pas Satan lui-même; car TEvangéliste fait dans ce qu'il dit une distinction d'individualité entre eux. Etait-ce l'Esprit de Dieu? Outre qu'un acte aussi indigne ne saurait être attribué k l'Être Suprême, quoiqu'on en trouve plusieurs équivalents dans la Bible, telle que l'histoire de lob , il est tout k fait constant que TÉvangéliste fait là une distinction entre cet Esprit, qui serait Dieu, et Jésus ; c'est-a-dire qu'à ses yeux Jésus n'était pas Dieu luimême. Et admettant pour le moment qu'il fût le Fils de Dieuy c'est-k-dire un Être différent de l'Éternel, mais cependant de même essence, ce qui établirait, comme on voit, la pluralité des Dieux; comment le Créateur avait- il besoin, Youlant connaître l'immuable foi et la vertu inébranlable de Jésus-Christ, d'employer l'office du Diable pour l'éprouver, voire même pour le tenter ? Cela supposerait d'abord à ce dernier une faculté que Dieu lui-même n'avait pas , et ensuite quel est le rôle qu'on fait jouer ici k la Divinité?
Celui d'un indigne agent provocateur!!! Quelle religion !!!
11 est dit aussi que Jésus-Christ après avoir jeune pendant quarante jours, eut faim. Mais s'il était Dieu , comment pouvait- il faire pénitence de $e$ péchés par le jeûne et la faim ?
A la proposition de Satan , de converti^ des pierres en pains, l'Évangélistedit que Jésus-Christ répondit que V homme nç vivra pas seulement de pa^'n, mais il vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, Cette réponse ne satisfait d'abord pas k la question, vu qu il.est évident que si Thomme ne vit pas seulement d'aliments qui entretiennent l'existence nxatérielle du corps, cette nourriture est toutefois né* cessaire quand on a faim après un jeûne de quarante jours; et c'est ainsi bien dans le sens direct que la première propo«
iii THIÊOLOÛIB DB LA NATURE.
sition de Satan doit être prise , demandant simplement à Jésus de faire un miracle pour prouver qu'il est réellement le Fils de Dieu, ou du moins le Messie ; tandis que la réponse du Sauveur s'applique évidemment k la nourriture spi* rituelle, et n*a, du reste, rapport qu'à lui-même, mais elle prouve surtout qu'il ne se considérait du moins pas comme étant Dieu le Créateur lui-même, dont il parle à la troisième personne. Vérité qui ressort du reste aussi de toutes ses autres réponses , où Jésus-Christ repousse avec indignation les propositions du mauvais génie de se prosterner devant lui , pour obtenir par là tous les biens de la terre.
Mais en ne voyant dans ce passage de Saint Matthieu qu'une simple allégorie, le sens en devient parfaitement clair et logique. En effet, Jésus-Christ considéré non comme une divinité mais comme un sage , qui voyait dès le début de sa vie évangélique tout l'ascendant qu'il avait sur le peuple par ses enseignements, on comprend que des idées ambitieuses ont dû se former dans son esprit , qui le jeta d'abord dans le vague de l'incertitude sur ce qu'il avait k faire ; état que rÉvaugéliste désigne ici sous le nom de désert. Pendant ce temps, le vice de l'ambition, personnifiée sous le nom de ^Satariy Texcite k se détourner du chemin de la vertu pour se livrer k ce même démon.
Dans cette tentation , la pensée lui venant qu'il était un Être surnaturel , le Messie {Fils de Dieu), capable de faire ce qui était impossible aux autres hommes, l'Ëvangéliste a présenté cette tentation sous la forme du Diable , proposant k Jésus - Christ de convertir des pierres en pains, ou bien de se jeter en bas du hautdu temple , chutedont il ne devait éprouver aucun mal , si réellement il était le Messie ou l'oint de Dieu. Mais reconnaissant que cette épreuve marquerait un doute , une incertitude dans sa vie , il en repoussa Tidée , en disant : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. Enfin , il a vu dans son imagination le peuple oppressé par Tétranger, s'unir k lui comme k un Sauveur ou le Messie, et lui offrir
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en perspective la poHe$$ion de V empire de Davidj rétabli par son pouvoir; mais sa foi en Dieu , et sa sablime verta triompha également de ces suggestions du mauvais esprit, sentant que de telles pensées étaient indignes de la haute mission qu'il avait de ramener sa nation , et par elle tout le genre humain, au vrai culte plus éclairé de Dieu ; et repoussant à la fois avec Tindignation d'une âme aussi pure que la sienne, toutes ces idées comme des inspirations du mauvais génie, il y répondit en disant d*abord : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et le serviras lui seul. » Et ensuite k tous les vices en général : <( Retire-toi, Satan^ » et : c Alors le Diable le laissa. » Affranchi dès lors de toute pensée mondaine incompatible avec sa fervente foi en Dieu, « aussitôt des Anges vinrent et U servirent. » C'est-à-dire que son Esprit ne s'occupait plus que de la graade œuvre de ramener sa nation à la vraie doctrine religieuse , celle qui a pour dogmes fondamentaux là
CROYANCE EN UN SEUL DlEU ET A L*IMM0RTALITÉ DE L*EsPRIT, AVEC LA BÉATITUDE ÉTERNELLE POUR LES PERSONNES VER- TUEUSES ; dogmes qui ont constitué partout la base de ses enseignements.
Jésus-Christ ayant par sa foi inébranlable en Dieu aussi noblement triomphé de toutes les suggestions de Tambition, il conserva toutefois par là même, la pensée qu'il était le Messie promis par les Prophètes au peuple dlsraël ; c'està-dire ridée qu*il était Tenvoyé de Dieu pour régénérer la croyance religieuse des Juifs, mais non un libérateur temporel politique, ainsi que le voulait la croyance que les Israélites attachaient k ce nom. Cette dernière opinion était même si généralement admise , que ses propres Apôtres ne Tout jamais pensé autrement, et ne comprirent en conséquence pas Jésus-Christ quand il leur parlait de son royaume d'un autre monde. La pensée qu'il était un chef spirituel fut même si peu dans Tesprit de ses disciples, qu'au moment du danger, quand il fut saisi par les archers de Pilate, tous l'abandonnèrenten prensMit la fuite; et cela jusqu'k.Saint Pierre qui,