‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 51 sur 77 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DES DEVOIRS DE l'HOMME.

Si , par l'examen que je viens de faire des Évangiles, j'ai prouvé que, de même que TAncien Testament, ces Livres canoniques des chrétiens ne sauraient avoir été inspirés à leurs auteurs par la Divinité, ce n*est nullement, ainsi qu'on a pu s'en convaincre, dans l'intention de jeter du discrédit sur les principes fondamentaux de la vraie religion , celle conforme au respectueux hommage que les hommes doivent au Créateur, mais uniquement pour garantir les personnes vraiment religieuses des erreurs auxquelles elles pourraient être entraînées par la lecture de ces Livres , en adoptant comme articles de foi des croyances évidemment contraires au dogme essentiel de Tunité de Dieu et aux immuables attributs DE PERFECTION DE l'Ëtre Suprême ; dogmc qu'il est non-seulement de la plus haute Importance de bien établir comme vérité fondamentale, irréfragable, mais qui doit encore être affranchie de toute croyance secondaire qui pourrait altérer le sens rigoureux qu'on doit attacher à ce principe, en se fondant sur une fausse interprétation de ces Livres dits sacrés.

C'est également dans ce même but que je me suis élevé contre la croyance à l'essence divine de Jésus-Christ, et non pour cherchera diminuer en rien ce que la sublime doctrine du Sauveur a d'admirable dans sa parfaite pureté, doctrine qu'il a si rigoureusement appliquée pendant sa vie dans la pratique de toutes les vertus ; mais j'ai dû faire disparaître l'erreur à juste raison inexplicable de la Trinité. Cela était d'autant plus important que certains hommes proBtent de cette erreur, qu'ils font remarquer, pour tâcher de faire rejeta

iM THlSOLOGIB DE LA NATURE.

avec elle tout autre principe religieux» soit qu'ils aient euxmêmes besoin de se convaincre qu'il n*existe aucune justice omnisciente rémunératrice devant laquelle ils auraient k rendre compte de leurs actions , soit qu'ils aient, par Ta , Tespoir d'être entièrement anéantis au jour de leur mort, événement que pour cela même ils n'auraient pas à redouter; et font en conséquence non~seulement tous leurs efforts pour se convaincre que tout ce qui existe n'est dû qu'à son éternité même, mais que la doctrine de Jésus-Christ n'est que le résultat de la collaboration de plusieurs Moralistes qui ont écrit sous co nom si vénéré dont ceux-ci ont k la fois imaginé le nom , l'histoire et jusqu^h son martyre , tandis qu'il n'a en réalité jamais existé.

C'est ainsi que dans un ouvrage qui a; par son titre, Tapparenee d'être fort savant, Dupuig a ohercbé h prouver, par l'échafaudage des sophismes , les plus singuliers et en forçant les analogies, que Jésus-Christ n'est qu'un Être imaginaire, le personnage d'un véritable mythe, en quelque sorte le MUhra$ des anoiens Perses, afin de pouvoir jeter le discrédit sur la doctrine que le Sauveur a enseignée. Or les assertions de cet auteur athée ne sont fondées le plus ordinairement que sur des spéculations astronomiques dont les données ne sont en grande partie que des hypothèses les plus hasardées , faciles k établir par lui qui , en affirmait l'exactitude, mais dont la preuve de la fausseté exigerait un travail long et pénible pour celui qui voudrait les réfuter ; vu qu'il serait obligé de lire les nombreux ouvrages cités, et en même temps exécuter d'interminables calculs astronomiques; aussi personne n'a jamais jugé à propos de se donner la peine d'entreprendce cette tâche inutile : l'ouvrage de Dupuis se jugeant parfaitement pouroe qu'il est k la pre* mière lecture. M. J-B. Perbs. à. o. a. m, Bibliothécaire de la ville d'Agen, lui a toutefois répondu k la fin, en faisant simplement ressortir tout le ridicule de cette opinion, en em* ployant le même genre de sopbismes pour prouver que Na-

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POLÉON Bonaparte n*a jamais existiê, et n'est autre chose qu* Apollon ou le Soleil sous un autre nom , et dont le Mythe est rapporté au \v%^ siècle.

II ressort d'ailleurs avec )a plus grande évidence de l'examen de Touvrage de Dupuis que son auteur ne Ta composé qu'en haine du christianisme. Celu est si vrai que, traitant d'abofd des religions des peuples plus anciens dont il expose les principes, il en parle avec la convenance due à un sujet aussi respectable par lui-même; tandis qu'il ne nomme pas une fois la religion chrétienne ou son sublime auteur sans y ajouter quelques expressions inconvenantes : preuve de la mauvais foi que Dupuis y apportait, et de son désir de nuire à la doctrine du Christ.

Or, sans qu'il soit nécessaire de chercher li prouver la faqsseté des assertions ^e cet auteur, il suffit de faire remarquer h ceux qui pourraient encore partager son opinion, que la meilleure preuve que Jésus-Christ a existé, et qu'il a lui-même enseigné sa doctrine, est que, d'une part, Thisto* rien Flavius Ioseph en parle. Cet auteur qui fut de la caste des Grands prêtres hébreux , et presque contemporain du Sauveur, étant né sous Tempereur Caïus César, en fait mention comme d*un sage dont il admire les principes ; et , d'autre part, les Juifs en général, qui auraient eu tant d'intérêt à faire croire que Jésus-Christ n*a point existé, ou que ses enseignements évangéliques ne sont pas de lui, ne l'ont au contraire jamais nié.

Et d'ailleurs , quand même Jésus n'eût jamais véeu , la doctrine qui porte son nom n'en serait pas moins sublime , et cela sufiit pour qu'elle doive exciter dans le oœur de tout homme qui a Tamour du bien, le sentiment de la plus pro* fonde admiration pour les principes de morale religieuse si pure et si élevée qu'elle renferme. Or, comme rien ne nous empêche de* croire qu'un enseignement aussi rigoureusement conforme à l'idée de perfection que nous nous formons du culte le plus digne d'être rendu i l'Être Suprême ne nous

i5$ THÉOLOGIC DE L\ NATURE.

soit venu de Jésus-Christ, qui s'est sacrifié pour sceller de son sang la nouvelle alliance qu'il a formée en Dieu avec le genre humain, nous n'avons, pénétrés du sentiment de la plus sincère reconnaissance, qu'à nous incliner respectueusement devant lui qui a ainsi sauvé les hommes de la perdition, en leur enseignant le vrai chemin qui conduit à la félicité éternelle an sein du Créateur où Jésus-Christ a dit qu'il attendait les siens.

§ 1. Devoirs envers Dieu.

Quels que soient le culte extérieur qu'on rende à l'Être Suprême et les formes dont on juge convenable de raccompagner dans l'intention de lui complaire , il peut toujours lui être agréable en conséquence des intentions qu'on y attache; mais les véritables principes de la doctrine religieuse ne sauraient être fondés sur l'autorité d'aucun mortel , toute personne étant sujette à l'erreur ; mais uniquement sur des dogmes dont la vérité est démontrée par des preuves irréfragables ; base que nous ofifrent les attributs essentiels de Dieu, et dont j'ai parlé plus haut. Il suit de laque, toute croyance et même tout acte du culte qui ne serait pas rigoureusement conforme aux conséquences naturelles qui découlent de ces principes , doivent , ainsi que je l'ai déjk fait remarquer ailleurs , être repoussés comme impies.

Malheureusement cette loi naturelle , base de toutes les religions , n'est que trop souvent enfreinte ; et combien de fois n'a-t-on pas lieu d'être indigné quand, dans les temples mêmes où l'on se réunit pour adresser des actions de grâce au Très-Haut, on entend ceux chargés d'enseigner la morale religieuse se permettre de parler de la colère, de la vengeance et desi malédictions de Dieu, de lui qui n'est que perfection , et ne punit le mal qu'avec le calme d'un bon Père, qui rend à chacun selon ses œuvres? Enfin ce n'est qu'avec indignation qu'on peut entendre même des prédica-

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