‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 50 sur 77 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

§ II Actes des Apôlrea et leicrs ÊpUres à divers peuples.

J*ai déjà fait remarquer plus haut que le plus léger examen des écrits que les véritatbles Apôtres de Jésus-Christ nous ont laissés, fait voir qu'ils ont très-peu fait pour la propagation de la doctrine de leur Maître; ce qui est d'ailleurs formellement exprimé par Saint Paul, dans s^ première Êpïtre aux Corinthiens , Ghap. XV , 10 , oii il dit : « J*ai travaillé beaucoup plus qu'eux tov^ (les Apôtres). » Saint Pierre même, sur qui Jéstis - Christ avait le plus compté pour la continuation de la grande œuvre qu'il commença , n'a prêché le christianistisme qu'aux Juifs de la Palestine et aux Galates (Saint Paul, Épître aux Galates, II, 7). Et il est plus que probable que la religion du Christ eût bientôt cessé d'être enseignée sans les grands efforts que fit Saint Paul pour la propager partout; ayant prêché l'Évangile pendant de longues années en Arabie , k Damas , dans TAsie Mineure, et surtout en Grèce et h Rome; chez ces peuples placés alors au premier rang parmi les nations civilisées. Saint Paul , d'abord violent persécuteur des disciples de Jésus, se convertit k la fin lui-même k la doctrine du Sauveur, dont il devint le plus zélé promoteur. C'est lui qui établit la première Église chrétienne a Rome, alors qu'il fut conduit prisonnier dans cette ville {Actes des Apôtres, XXVII, 1 , et XXVÏII , 16 k 31 ) , pour se justifier , devant César même , du crime d'avoir voulu soulever le peuple de Judée contre l'autorité de cet Empereur, ainsi qu'il le dit dans son Êpïtre aux Romains (Ghap. XV, 19), où l'on trouve : « ..,Tai répandu l'Évangile du Christ, depuis Jérusalem et les lieux voisins, jusquàTlllyrie. »

20. « Et cela^ de manière que fai pris à tâche ^annoncer T Évangile où Von n* avait point encore parlé de Jésus-Christ, afin de ne pas bâtir sur le fondement qu'un autre aurait L »

loO THlSoLOGIE DS LA NATURE.

Ce fait de l'établissement de l'Église de Rome par Saint Paul ressort ensuite encore d'une manière tacite d*un passage de VÉpître de cet Apôtre aux GalatesÇCniiP. II, 7), où ij dit que cest à lui que fut confiée la mis$i(m de prêcher rilvangUe aMx incircençis (Païens), tandis qm Pierre fut chargé de l'enseigner aux circoncis. {i\ii{s),

.Ce n*est isn conséquence pas Saint PiBRBf! qui établît rËglise de Rome , ainsi que le prétendent les catholiques rorpgiQs ; aucun passage ^es Actes des Apôtres au autre li^jpe canonique n^ dis^pt même qu^ ce principal disciple de Jésus- Christ ait jamais été à Rom^ ; et s'il f vint, ce ne fut du moins qq'après S^int Paul.

On trquve égalen^ent dans ces mêmes Actes de$ Àpètres plusieqrs contradictions soit ^vec eux-ménies, soit à l'égard des Evangiles. C'est ainsi que Jésus-Christ y est nommé d'ordinaire le Fils de J)ieu ; tandis que dans divers autres endroits il est formellement dit qu'il n'était qu'un simple homme. (Voyez à c^ i^pjet les passages cités 4éjà plus haut, tome m, page 16.)

C'est de même aussi que Saint Paul dit dans son ÊpUre aux Galates, Chap. I, 19, qu'après trois ans d'Apostolat en Arabie et à Damas, il revint pour la première fois à Jérusalem, ou il ne vit des Apôtres que Pierhe et Jacqpes, frère dw Seigneur; or Jacques l'Apôtre ét^it fils de Zébédée et frère de Jean, également Apôtre (Saint Matthieu, IV, 2^), et cependant Saint Paul jure devant Di^u que ce qu'il dit est vrai. Jl est toutefois possible qu'il n'ait point attac^^é It ce titre la signitication que Jésus-Cbrist lui avait donnée, et qu'il ait siiqplement vpulu parler de Jacques, frère c|q Jésus ; de même aussi qu'on considère géqér^^lement Saint Pîiul lui-même comme Apôtre, quoiqu'il ne le fût point.

GHAPITEE XV. iol

§ m. Apocalypse.

Il me reste k dire quelques mots de VÀpocalypêe on PrtH phétie de Saint Jean l'Apôtre « dit le Théologien , qui, se trou^ Tant dans Tile de Patbmos, où il prêchait TÉvaiigile, y eut des visions qu'il décrit, en annonçant qu'elles indiquaient ce qui devait bientôt arriver (Chap. I, i), et le répète encore ailleurs. Or ce Livre de fort peu d'étendue «st écrit dans un style tellement énigmatique , que jamais personne n'a pu je comprendre, bien que beaucoup de commentateurs aient cherché k l'expliquer, dans le désir d'y trouver la prédiction de certains événements qui devaient arriver, même encore de nos jours ; ne se rappelant pas que Saint Jean a formellement dit que ces faits devaient arriver peu après qu'il eut ces visions. Il n'est cependant pas difficile de se faire une idée juste de tout ce qui est rapporté dans ce singulier ouvrage; vu qu'il suffit de se rappeler que l'auteur dit lui-même que ce n'est que la description de diverses visions qu'il eut pour y reconnaître de suite des récits de songes singuliers, le plus souvent fantastiques, parfaitement analogues k ceux que tout le monde fait parfois;. songes où il vit d'ordinaire paraître, comme par enchantement, une foule de choses extraordinaires , tels que des animaux des formes les plus bizarres qui parlaient et se métamorphosaient a vue. C'est ainsi qu'il vit une fois sept chandeliers et au milieu queK qu'un qui ressemblait au fils de Vhomme^ mais dont les yeux étaient comme une flamme de feu, ses pieds comme de Tatrain dans une fournaise, sa voix comme le bruit des grosses eaux^ et ayant uneépée à deux tranchants qni sortait de sa bouche. C'est dans cette singulière figure que Saint Jean dit avoir reconnu Jésus-Christ qui lui parla.

Dans la suite de cette vision il dit avoir vu des animaux extraordinaires qui parlaient; même des animaux a sept têtes, etc., et ainsi de suite. Or on trouve partout dans la

Bible que les anciens, comme d'ailleurs encore les gens peu cultivés de notre époque, attachaient Fidée de prédiction aux rêves qu'ils faisaient, rêves que les prétendus Prophètes regardaient comme des révélations divines, et qu'ils communiquaient comme telles au peuple.

C'est également ainsi que , sans aucun doute. Saint Jean crut que les choses fantastiques qui lui apparurent en songes indiquaient quelques événements ; mais il ne dit pas lesquels : ce qui eût été bien difficile, l'ensemble a'offrant aucune allusion prophétique. Il se borna simplement k décrire ce qu'il avait vu en laissant k d'autres k deviner ce que cela pouvait signifier : tâche que bien des personnes ont inutilement entreprise.

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