‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 112 sur 136 · II · texte numérisé non relu

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hemimê qu'il y etUiurla terre. » Mais quelle que fût la prétendue douceur de son caractère , nous ne trouvons pas moins au Chap. XXI, 3, que « V Éternel exauça le vceu Shraël , et il livra entre ses mains les Chananiens , qu*il détruisit à la façon de V interdit^ avec leurs friUes , et il nomma ce lieu Horha. »

4. € Puis ils partirent de la montagne de Hor^ tirant vers la mer Rouge ^ pour faire le tour du pays d*Êdom; et le peuple perdit courage par le chemin. »

Ceux qui croient à la révélation des Livres de TAnden Testament, doivent toutefois avoir de la peine à comprendre pourquoi l'armée des Hébreux, si efficacement protégée par la Divinité, qui lui a donné le pays de Chanaan en héritage, ne s*y soit pas maintenue la première fois qu'elle y arriva, en y pénétrant jusqu'à Ritkma et Horma, alors surtout que, par la protection de TÉternel , les Israélites auraient anéanti les Chananéens à Horma , d'où , quoique vainqueurs , ils ont cependant battu en retraite jusqu'à Hor. Enfin comment les orthodoxes comprendront -ils le Livre des Nombres^ qui dh qu'après son séjour à Eatséroth, le peuple d'Israël est allé à Kadis , et de là , directement k Hor, sans faire aucunement mention de ce qui s'est passé pendant trente-six ans, alors que ce peuple allait d'un cantonnement à l'autre , ainsi ^oe le dit formellement le Livre des Nombres XXXIII. Quant ï moi , je pense qu'il y a non-seulement beaucoup d'omissions dans ces passages des Livres de Moïses, et surtout de grandes inexactitudes.

En quittant le campement de Hor pour tourner le royaume d'Édom vers l'Orient, afin de tâcher d'arriver en Chanaan par le pays de Moab , le peuple d'Israël ayant encore eu beaucoup à souffrir de la misère dans les déserts qu'il fut obligé de traverser, commença de nouveau non-seulement à s'élever contre Moïses , mais aussi contre l'Étemel , leur reprochant (Chap. XXI, 5) de l'avoir tiré d'Egypte pour le faire périr dans le désert.

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Maig quoique sa plainte fût au moins excusable , par les souffrances que ce malheureux peuple eut k supporter, il n'en fut pas moins puni, c^lt {Verset 6) « V Éternel enooya sur le peuple des Serpents brûlants , qui mordaient tellement le peuple ^ qu'il en mourut un grand nombre de ceux d'Israël. »

Les Israélites se voyant ainsi poursuivis par ces Reptiles , eurent recours à Moïses, le priant , en reconnaissant d'avoir péché contre TËternel , de demander leur pardon k TËtre Suprême, qui le leur accorda à la prière de ce chef, auquel il ordonna de faire un Serpent d'airain , qu'il suffirait de regarder pour être guéri des morsures des Serpents vivants (Chap.XXI, 8).

Hais qu'était donc ce Serpent artificiel formé par l'ordre de Dieu même , sinon une Idole capable de faire des miracles , et que le peuple devait de là adorer comme une véritable Divinité , ce qui eut en effet lieu plus tard , au dire même des saintes Écritures ( II , Rois , XYIII , 4) , où il est dit que Ézéchias , roi de luda , qui vécut près de neuf cents ans après Moïses, ayant aboli Tidolàtrie dans ses États, c brisa le Serpent d'airain que Motses avait fait , parce qtAe jusqu'à ce jour-là les enfants d'Israël lui faisaient des encensements; et il le nomma Néhusghtam. » Ce qui prouve que les Hébreux transportèrent cette idole partout avec eux, comme an objet très-vénéré, qui, malgré les nombreuses défaites qu'éprouva cette nation, ne tomba jamais entre les mains des ennemis, ainsi que cela arriva à l'Arche d'alliance, le sanctuaire des Hébreux.

Le peuple d'Israël ayant été repoussé par les Chananéens, à l'occident de la mer Morte , il tenta d'attaquer leur pays à l'orient de cette dernière , en passant par le pays de lUoab ; et partant à cet effet du cantonnement de Hor, l'armée , se dirigeant vers le nord , arriva k son quatrième campement à HOè-Hobarim (Nomb. XXI, il), sur les frontières de Moab, pays séparé par le torrent à'Arnon de celui des Amor^ rhéensy que les Israélites avaient à traverser. Le passage leur

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ayant été refusé , ils y pénétrèrent de force , s'emparèrent de tout le pays et occupèrent Henchbon sa capitale ( Chapitre XXI , 25).

Us défirent de même, à Êdrehi , Bog, roi de Baschan , qua rante ans après la sortie d'Egypte ( Dcutéronowe , I, 3), et s'établirent définitivement dans ces den\ Royaumes ( NmnbresXXl, Verset 33).

Après avoir pris possession de ces deux pays, les Israélites se tournèrent vers les Moabites , descendants de Lot , neveu d'ÂBRAHAM , peuple dont le roi Balak , pour mieux leur résister, s'allia contre eux avec les Madianites, et envoya une députation au devin BALAAMde Béthoren Aram on Mésopotamie (Ghap. XXII , 5) , pour le prier de donner sa bénédiction à son peuple contre les Israélites (Verset 6); mais le devin ayant consulté TËternel sur ce qu'il devait faire (Verset 12), « Dieu dit à Balaam : Tu n'iras point avec eux^ et tu ne maudiras point ce peuple ^ car il est béni. > Réponse que Balaam rapporta aux députés de Moab. Le roi ayant envoyé une seconde députation à Balaam , pour le prier de se joindre à lui, ce dernier, après avoir formellement résisté, dit: (Verset 18) c .... Quand Balak me donnerait sa maison pleine d'or et d'argent , je ne pourrais pas transgresser le commandemerU de l'Éternel mon Dieu , pour faire aucune chose, ni petite ni grande, » Ajoutant toutefois qu'il consulterait encore l'Éternel à ce sujet.

20. « Et Dieu vint à Balaam la nuit , et lui dit : Puisque ces hommes sont venus f appeler , Uve-toi , et va-Ven avec eux; mms qturi qu'il en soit , tu feras ce que je te dirai. »

Le devin partit donc dès le matin , monté sur une ânesse.

22. « Mais la colère de Dieu s'alluma parce quil s'en allait^ et un ange de VÊternel s'arrêta dans le chemin , pour s'opposer à Balaam »

Or Tânesse apercevant l'ange refusa de marcher ; et son maître l'ayant battue pour la forc>er d'avancer, elle finit par se coucher it terre.

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28. « Alors V Étemel fU parler Vànesse , qui dit à Balaam: Que fai'je fait , que tu tn^as déjà battue trois fois ? »

29. (( Et Balaam répondit à l'ânesse : Cest parce que tu m'as foulé. Que n'ai-je une épée en mes mains l je te tuwais maintenant, »

30. < Et Vànesse dit à BalcM/m: Ne suis-je pas ton ànesse^ que tu as toujours montée depuis que je suis à toi jusqu'à ce jour? Ai- je accoutumé de te faire ainsi? Et il répondit: Non. »

Ce ne fut qu'après ce dialogue que Balaam aperçut également l'Ange , qui lui reprocha d'avoir injustement battu sa monture , lui disant que c'était lui qui avait empêché cet animal d'avancer.

Le devin reconnaissant qu'il avait péché , quoiqu'il ne sût pas qu'il eût un Ange de l'Éternel devant lui , ajouta que , si cet envoyé de Dieu ne voulait pas qu'il allât plus avant, il s'en retournerait chez lui.

35. < Et VAnge de ï Éternel dit à Balaam : Va avec ces hommes ; mais tu ne diras que ce que je (aurai dit, Balaam donc s* en alla avec les Seigneurs qui avaient été envoyés par Balak. 9

On voit , d'après ce chapitre, que non-seulement les Moa* bites, maisaussi les habitants de laMésopotamie (Ghàp. XXIY , 4 et 16) , parlant de TÉternel , le Dieu fort et tout-puissant , adoraient également le vrai Dieu. Mais comment expliquer cette étrange contradiction, où rÉternel défend d'abord à Balaam de se rendre auprès du roi de Moab , puis le lui permet, et envoie ensuite un Ange pour l'empêcher d'y aller, Ange qui enfin le lui permet encore? N'est-ce pas traiter la Divinité d'une manière indigne que de la faire agir d'une façon aussi inconséquente? Ensuite le dialogue entre râaesseetson maître, n'est-ce pas de la Mythologie toute pure?

Balaam ayant par trois fois consulté l'Éternel en lui offrant des sacrifices, prononça sa bénédiction sur Israël, au lien

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de le maudire , ei prophétisa même qu'il yainera Moab et Êdom , ainsi qmSéhir , en ajoutant qu'il « détruira les enfants de Seih » {Versets 17 et suivant), ainsi que tous les descendants de Seth , et par conséquent les Israélites eux-mêmes , car c'est de cette manière qu'il faut l'entendre pour être conséquent. Balaam prédit de même la chute des rois des Hama- Ukites et des Kéniens^ ainsi que la captivité en Babylonie.

Comment surtout expliquer et justifier cette guerre contre les Moabites , et surtout la protection si efficace que Dieu accorda aux Israélites , alors que rÉternel avait formellement défendu k Moïses de les inquiéter , ainsi que les JSfammonites^ peuples également protégés par rÉternel , comme descendants de Moab et de Hammon, fils de Lot, le neyea d'Abraham, desquels Dieu avait dit k Moïses ( Deutirotiome^ Chap. II, 9) : L Éternel lui dit : uNe traitezpoint les Moabites en ennemis , et n'entrez point en guerre avec eux ; car je ne te donnerai rien de leur pays en héritage , parce que j'm êonné Har en héritage aux enfants de Lot. »

Et Verset 19 : tEttu approcheras de la frontière des en-fants de Hammon; tu ne Us traiteras point en ennemis , et tu n'auras point de démêlés avec eux^ car je ne te donnerai rien du pays des descendants de Hammon en héritage , parce que je Vai donné en héritage aux descendants de Lot. >

Il estvraiment impossible de concevoir que Moïses, homme d'une haute intelligence , ait pu écrire de semblables contradictions , et surtout comment il n'a pas compris l'indigne rôle qu'il a fait jouer k la Divinité. Encore si ce n^était que dans ce seul endroit de ses ouvrages qu'on trouve de semblables impossibilités ; mais ses livres, ou du moins les livres qu on lui attribue, en sont remplis, ainsi que j'ai déjà souvent eu l'occasion de le faire remarquer : et ce sont de tels ouvrages qu'on nous présente comme dictés par la Divinité même , et comme sacrés par conséquent.

Mais a peine les Israélites furent-ils établis dans le royaume de Moab , qu'ils abandonnèrent le culte de l'Ëlernel , pour

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