‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 13 sur 136 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

animaux privés de léte, dont le corps n'est composé que du Tronc et de 1* Abdomen ; encore ces deux parties se confondent-elles à la fin en une seule; et dans les derniers genres de cette classe, chez les Leptus et les Tiques, il se forme de nouveau une quatrième Tête mobile, par Teffet d'ane nouvelle séparation de la partie antérieure du tronc.

Si Ton considère de même les membres locomoteurs qui reparaissent dans cetEHBRANCHEMENTduRÈGNE ANIMAL, on leur voit également parcourir la plus remarquable gradation, nonseulement dans leurs formes, mais aussi dans leurs fonctions, en se modifiant même au point d'être complètement changés, selon les circonstances dans lesquelles la volonté bu Créateur a successivement placé ces animaux; et gela suivant des lois dont on retrouve partout les effets ; lois dont j'ai déjà eu occasion de parler et par lesquelles aucun nouvel organe n*est introduit dans l'organisme animal, si un autre devenu inutile a pu t être employé en le modifiant simplement dans sa forme et sa structure. admirable économie où se dévoile non- seulement la science la plus profonde , mais encore la plus sublime prévoyance des conditions dans lesquelles les

DIVERSES FAMILLES d' ANIMAUX DOIVENT SUCCESSIVEMENT SE

TROUVER ; cc qui prouvc jusqu'à la dernière évidence que

TOUT A ÉTÉ FORMÉ d'aPRÈS UN PLAN QUI A PRÉEXISTÉ À LA CRÉATION.

En effet , les premiers Annélides réduits k Tétat le plus simple que comporte le mode d'organisation d'après lequel les Animaux articulés ont été formés , sont complètement privés de toute espèce de membres ; mais dont les premiers rudiments paraissent bientôt sous la forme de simples cirrhes enchâssés dans les téguments, et qui ne sont eux-mêmes qu'une espèce d'organes de transition , dont l'existence est bornée aux Annélides, étant remplacés plus loin comme leviers par les téguments des pattes qui prennent de la consistance. Ces organes locomoteurs appartenant aux segments

M TBiOLOCn Bl Là If ATUME.

aiftërienrs da oorps réunis pour former la prmiiire tête y deviennent aussi les première organes de mastication; et lorsque cette tête rentre dans le corps pour être remplacée par une seconds, également formée par les segments suivants , ces mâchoires, alors placées dans le Gésier^ constituent un appareil de rumination ou de seconde mastication dont il sera parlé plus tard.

A la seconde tète propre aux Myriapodes et aux Insbctes , les organes masticateurs sont bien évidemment des pattes transformées.

Quant aux membres ambulatoires dont chaque segment du corps porte une ou deux paires dans la première de ces deux classes, ils continuent k servir k la marche, à rexce(>tion toutefois de la paire postérieure chez les Scolopendres qui , bien qu'elle soit beaucoup plus grande qae les autres, et du reste absolument conformée de même, ne sert cependant plus en rien k la locomotion, ces animaux la traînant après eux comme des membres paralysés ; d'où il est très-probable qu'elle sert alors déjk k une autre fonction , et sans doute k un sens; bien qu'elle n'ait point encore changé de forme.

Chez les Lépismènbs (Forbicines) les trois premiers segments du corps sont seuls munis des membres ambulatoires, comme devant constituer plus loin chez les Insectes ailés les trois parties du tronc ou le corselet et le thorax ; tandis que les membres abdominaux se trouvent réduits k de simples rudiments paraissant sans fondions , conservés seulement pour ne pas abandonner brusquement ces membres , dans le plan général d'après lequel les Animaux articulés ont été créés. La dernière paire, toutefois , est transformée ainsi que la partie terminale du corps lui-même en trois longs filets coniques multiarticulés servant probablement k un sens, k en juger par la grosseur considérable des nerfs qui y pénètrent ; et sans doute au même sens que les pattes postérieures des Scolopendres.

ÇBAPITAI IV. 4T

Le$ IifUGTEs n^ davant plus avoir que troie paires de pattes, la partie du corps qui suit le trône ue pouvait plus être aussi longue que dans les Myriapodbs, vu que cet abdomen traînant sur le sol eût empêché le libre mouvement de ces animaux : aussi a-t-il été réduit à douze segments seulement, et les analogues des postérieurs des Myriapodes réduits dans les Forbidnes en un long filet mulliartieulé disparaissent complètement dans les Insectes ailés.

Quant aux membres abdominaux rudimentaires dans les Forbidnes ., ils disparaissent chez les autres Insectes » et la dernière paire en filets ne forme que de courts appendices accompagnant les organes génitaux , en formant cette grande pince qu'on connaît dans les Perce-oreilles.

L'organisation dçs Animaux articulés arrivant dans les Insectes k son période le plus élevé , les Pattes éprouvent aussi quelques légères modifications pour être mises bk harmonie AVEC LA FOKGTION TOUTE SPÉCIALE QU'ELLES SONT BBfih

TiKÉEs À REMPLm DANS CHAQUE ESPÈCE ; modificatious Comparables k celles que les membres éprouvent aussi chez les vertébrés. C'est ainsi qu'elles $ont conformées le plus ordinairement pour la marche, là pour le saut, chez d'autres pour la nage, pour fouir, pour la préhension, et même pour l'exécution de certains travaux.

Les Crustacés se rattachant comme les Myriapodes aux Annélides, on trouve au commencement de la Classe Tordre des IsopoDEs dont la tête est encore mobile^ et dont les organes de DQastication ne sont que des pattes transformées ; tête qui répond ainsi comme celle des Myriapodes à la première de remplacement.

Quant aux pattes du reste du corps , la plupart des antérieures conservent leurs fonctions locomotrices, mais ne servent qu'à la marche ; tandis que celles appartenant aux segments postérieurs du corps cessant de servir au mouvement progressif, sont transformées en lames minées et converties EN Branchies; à l'exception de la dernière paire

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qui , quoique petite et ne servant point à la marche, parait du moins ne pas non plus être transformée en branchie , étant plas renflée que les autres.

C*e8t dans TOrdre suivant , celui des âmphipodes (Crevettes des ruisseaux)^ que les changements de fonctions des membres sont le plus remarquables. Ces animaux ayant encore la tète mobile des Isopodes, leurs organes de la mastication sont de même des pattes transformées, et comme telles encore mieux caractérisées ; la dégradation par paires successives des pattes ambulatoires en organes masticateurs étant presque insensible. En eflet, les paires de membres qui suivent immédiatement la tête ne servent ni k la marche ni à la mastication , mais comme organes de préhension destinés à porter les aliments à la bouche , et k les maintenir pendant que l'animal les ronge. Les paires suivantes conservant leur fonction ambulatoire servent essentiellement à la marche ; tandis que les paires qui viennent immédiatement après celles-ci sont réfléchies sur le dos et employées à la nage. Enfin les membres postérieurs sont, comme dans les Isopodes , convertis en branchies, mais autrement conformés. C'est dans ces petits crustacés qu'on voit ainsi les membres employés à cinq fonctions difiérentes bien distinctes, en passant d'une paire k l'autre par une gradation insensible.

Ces changements de fonctions et les transformations qui en sont les conséquences sont surtout remarquables chez les autres Crustacés et les Arachnides qui, perdant d'abord la première tête de remplacement, ont leurs pattes suivantes transformées en m&choires et en organes de préhension : celles-ci représentées par les grandes Pinces des Êcrevisses , des Crabes ei des Scorpions, etc., et quand la seconde tête de remplacement disparaît k son tour avec ses nouvelles mâchoires, ce sont les membres suivants qui remplacent cellesci, en se transformant également; et ces nouvelles mâchoires ne sufiisant pas dans les Limulus , ces animaux mâchent et

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