CHAPITRE iV
devant de ces organes dans une espace du tét resté membraneux.
Le corps se compose, comme dans la famille des Scorpions y de trois parties : le Tronc portant les Pattes , la Boache , et en même temps la majeure partie des viscères ; f Abdomen^ qui lui fait suite, formé de plusieurs segments confondus contenant le reste des viscères, et portant en dessus cinq paires de membres élargis en lames, garnis SUT les côtés de nombreux feuillets très-minces, superposés et formant les Branchies. Enfin le corps se termine par une queue en forme de long stylet d'une seule pièce, dans lequel aucun viscère ne se prolonge.
Quoique la description que je viens de donner de la forme générale du corps et des organes locomoteurs des âmbiàux ARTICULÉS soit déjà très-succincte , je crois devoir la résumer encore en peu de mots , pour faire mieux ressortir la remarquable gradation ascendante et descendante qui a successivement lieu dès la première famille de cet Embranchement du Règne animal ; gradation déjà signalée dans mes ouvrages antérieurs , et par laquelle le Créateur , en partant des
ESPÈCES très-simples PLACÉES EN TÊTE DE LA ClaSSB DES AnNÉLIDES, a PROGRESSIVEMENT RECOMPOSÉ DE NOUVEAUX ORGANISMES PLUS COMPLIQUÉS, COMPLÈTEMENT DIFFÉRENTS DE
CEUX DES Animaux vertérrés , mais tout aussi remarquables DANS leur riche ORGANISME ET LES ADMIRABLES EFFETS physiologiques qu'ils produisent. Et parvenu au POINT LE plus élevé , où LE ToUT-PuiSSANT A VOULU ARRIVER DANS LE PLAN qu'il A SUIVI DANS LA CRÉATION DES ÊTRES , IL EST I>E NOUVEAU GRADUELLEMENT DESCENDU k DES ORGANISMES DE PLUS EN PLUS SIMPLES, TOUT EN ACCORDANT À CHAQUE ESPÈCE LES ORGANES ET LES FACULTÉS PROPRES i REMPLIR LES CONDITIONS EXIGÉES PAR LE GENRE DE VIE AUQUEL IL LA DESTINE DANS SA SUBLIME SAGESSE.
En effet , les Animaux vertébrés étant arrivés , par la dégradation que leur organisme a éprouvée, jusqu'aux dernier^
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genres de Poissons qui sont non-seulement privés de membres , mais encore de presque tout le squelette qui se trouve réduit à un simple rudiment ; animaux où le système musculaire ne constitue plus guère qu'une couche de muscles doublant uniformément les téguments auxquels ces organes se fixent exclusivement ; nous voyons les Animaux placés plus loin , et plus simples encore , formant le genre Dragonneau^ le premier de la classe des Annélides , offrir ^ peu près la même forme générale que ces derniers Poissons auxquels ils font suite, mais avec une organisation encore plus simple, où le squelette a complètement disparu, et dont le corps, réduit k un tuyau multîarticulé , ouvert aux deux bouts sans aucune apparence de tète et de membres , offre l'état le plus simple possible.
Dans le genre Lombric , placé un peu plus loin , nous avons déjà vu paraître, sous la forme de Cirrhes à peine apparents, les premiers rudiments de nouveaux membres locomoteurs, mais encore aucune indication d'une tête quelconque : les deux extrémités du corps tie différant presqu*en rien Tune de l'antre.
Dans les Annélides supérieurs cependant, les Cirrhes deviennent déjà des organes locomoteurs plus compliqués et plus parfaits, en même temps que les téguments se prolongent sur eux en forme de mamelons ; premier commencement des pattes articulées fort compliquées qui doivent caractériser les classes supérieures. Nous voyons en outre plusieurs segments de l'extrémité antérieure du corps se renfier et s'unir en une seule masse, pour former une première Titê^ renfermant des organes masticateurs souvent fort robustes , de substance cornée ou même calcaire , disposés par plusieurs paires latérales , avec lesquels ces animaux peuvent entamer et briser des corps fort durs; organes que , par analogie de disposition , on doit considérer comme étant les analogues des membres de ces mêmes segments céphaliques qui les portent.
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Sur cette preoiîère tète paraissent aassi déjà des prolon gemeots filiformes charnus, on Tentacules, serrant trèsprobablement k quelque sens, et souvent aussi d'autres filets cornés multiarticulés qui paraissent avoir des fonctions semblables; mais qui, vu leur forme articulée, ont plus particulièrement reçu le nom A" Antennes , et subsistent plus tard seuls; tandis que les Tentacules, qui paraissent être les némes organes sous une autre forme, disparaissent en ekangeant de nom.
Nous voyons en outre les téguments généraux qui revêtent le corps être d'abord partout entièrement membraneux, puis former déjh, chez les Annélides supérieurs, des lames transversales plus on moins cornées sur le milieu des segments; tandis qu'ils restent membraneux sur leurs bords antérieurs et postérieurs pour permettre h ces derniers de se rapprocher ou de s'éloigner, pour faciliter les mouvements de reptation de ces animaux, tous vermîformes.
Dans la Classe des Myriapodes, les segments deviennent parfaitement distincts, en ce que leurs arceaux supérieurs et inférieurs, forment des lames cornées fort consistantes, et sent liés entre eux par des ligaments tégument^ires membraneux plus ou moins larges , permettant k ces segments de se mouvoir facilement ; et les membres, formant déjk de véritables pattes k téguments également cornés et articulés, sontsuseeptibles de permettre k ces animaux de se soulever sur eux.
Ces animaux présentent aussi , comme les Amnélides supérieurs , une tête bien distincte , et de plus parfaitement mobile, composée de même de plusieurs segments anté-* rieurs du corps réunis; mais dont les parties, et surtout les pattes, sont encore parfaitement semblables k celles servant k la marche. Mais déjà cette iéie n'est plus Vanalogue de celle des AnnéKdes qui a disparu , oti si je puis m'expri^ mer ainsi ^ qui a été avalée. Sa cavité buccale étant transportée dans l'intérieur du corps par l'effet de la partie antérieure du corps qui rentre en elle-même comme un doigt de
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gant; singulière transposition prouvée, d'une part, par la disposition des parties chez les Polynoë^ Annélides dont Textrémité antérieure du corps est prolongée en une grosse trompe cylindrique, tronquée, ouverte au bout par la Bouche , et dans laquelle se trouvent placées des mâchoires latérales analogues à celles des autres genres de cette classe ; mais l'animal , après s'être servi de ces organes pour entamer et broyer comme k l'ordinaire les objets dont il se nourrit, fait, dans l'état de repos, rentrer cette trompe dans son corps, de manière que les m&choires se trouvent au fond d'un large canal ayant la disposition d'un œsophage où la cavité buccale prend la disposition d'un Gési^ ou d'un Estomac; et l'extrémité antérieure du corps offre alors une autre Bouche dépourvue de mâchoire ; de manière que dans cette seconde condition ces animaux ont des mâchoires dans l'intérieur du corps ; circonstance qu'on retrouve régulièrement chez une foule d'autres âniiiaux articulés qui ont en outre d'autres mâchoires à la bouche , et cela déjà chez les Myriapodes; c'est-à-dire que l'analogue de la tête des Annélides rentre dans l'œsophage, et qu'il s'en forme, chez ces derniers , une seconde aux dépens des segments antérieurs suivants du corps , qui se groupent k leur tour ensemble à cet effet. Cette nouvelle disposition persiste ensuite chez tous les Insectes et les premiers Crustacés , dont la tête est mobile. Mais cette seconde tête disparait déjk presqu'en entier chez les Stamopodes qui en ont réellement deux, une antérieure analogue â celle des Myriapodes , des Insectes et des premiers Crustacés, mais réduite â un simple rudiment; et une autre portant la bouche formée, par les segments antérieurs du corps, et constituant une troisième tête ou seconde de remplacement , qui subsiste seule chez les Décapodes , pour disparaître â son tour déjà chez les derniers Bronchio- PODES , qui n'en ont pas du tout ; animaux où les organes buccaux sont portés sur le Tronc suivi de YAbàomm, Il en est de même dans toute la Classe des Arachnides,