‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 22 sur 136 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vain à deviner le moyen que ces petits animanx emploient poar cela , on ne saurait l'imaginer ; et moi-même je n'eusse pu le croire si je ne l'avais pas vu et même expérimenté. Mais rien n'a été impossible à la sagesse suprême du Créateur , et ici , comme partout , le moyen qu'il a mis bans l'instinct de ces petits Êtres est aussi simple qu'é* tonnant. Pour cela, l'Araignée même encore jeune et fort petite attend un moment où le vent souffle avec quelque force dans la direction dans laquelle elle veut établir sa toile, et se plaçant alors de façon que le bout de son abdomen portant les filières soit tourné de ce côté , elle lâche le fil de soie en l'air au gré du vent, qui le fait défiler par la force de traction qu'il exerce sur lui.

Ce fil , devenu ainsi très-long , finit par atteindre quelque objet fixe placé dans la direction du vent, et s'y accroche; et k Vinstant où l'animal sent qu'il est fixé , il l'attache aussi là où lui-même se trouve , et passe immédiatement dessus comme sar un pont. On dit même que ces araignées , encore petites , voyagent ainsi en l'air, portée par le fil que le vent soutient, en les emportant avec lui.

Je me suis assuré, même par l'expérience, de ce moyen que les Diadèmes employaient pour franchir l'espace : me trouvant un jour assis dans un jardin , une de ces araignées , moins grosse qu'un grain de chènevis, vint tout à coup tomber sur ma main, soit qu'elle ait voyagé librement dans Tair, soit qu elle ait lancé son fil sur moi ; et en examinant ce petit animal , je le vis tout k coup s'envoler sur un arbre placé k un mètre de distance de moi. Voulant m'assurer s'il y avait passé au moyen d'un fil ainsi abandonné au vent, je repris l'animal sur mon doigt, et passant une canne entre lui et l'arbre , je m'assurai qu'il n'existait , pour le moment, aucun fil de l'un k l'autre , quelque fin et imperceptible qu'il pût être. Au bout de quelques minutes la petite Araignée reprit le même chemin k travers Tair pour se rendre sur le même arbre, où je la laissai k elle-même.

M THSOLOGtÈ ht LU IfATURt.

D*autres Atdaéiâed, les SaltiqneSy espèces généralement petites , qui ne forment point de toiles , mais qu'on rencontre souvent courant sur les appuis des fenêtres, ou le long des murs , où elles s'élancent sur leur proie , en sautant dessus potir la saisir, produisent toutefois de la soie , dont elles se servent pour se garantir contre les chutes, lorsque placées sur des objets qui ne sont pas horizontaux , elles veulent cependant sauter sur quelque petit insecte. Pour cela , la SaU tique attache son fil au corps sur lequel elle pose , et sautant dans quelque direction que ce soit, elle ne peut jamais tomber que de la hauteur mesurée par la longueur du fil qu'elle a lâché.

Beaucoup de larves d'Insectes exercent diverses industries dans leurs manières de vivre ; mais comme dans ce premier état ces animaux sont encore imparfaits, et en quelque sorte des Fœlm àiarchant et mangeant , je n'en parlerai qu'à l'ocesston de la génération.

Le Système nerveux ne disparaissant rigoureusement èhez aucun animal, dont il constitue, par sa fonction, le caractère le plus essentiel , celui de lui donner la conscience de son propre Être, continue en conséquence d'exister dans I'Embranchememt des Animaux articulés , où ce système prend toutefoifs une autre disposition dans sa partie centrale formant la moelle épinière, que celle qu'il affecte chez les Vertébrés. J'ai déjà dit en signalant les caractères qui distinguent les Animaux articulés des vertébrés, que cette moelle épintère était située le long de la ligne ventrale du corps au lieu d'être placée le long du dos ; mais que le pre* mier renflement , d'ordinaire le plus volumineux de tous , et qu'on compare avec raison au Cerveau^ reste toutefois placé dans la partie supérieure de la tête, et en conséquence audessus de l'œsophage ; tandis que tous les autres sont sous le canal intestinal. Telle est la situation du Système nerveux principal, celui qui , à l'instar du Système encéphalo-rachidien des Vertébrés , dont il est l'analogue , produit tous les

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n^fs tolotitaifes , ainsi que ceui des sens; ihais j^ai aussi déeoutert chez lès Ii^sectes l'analogue du Système automatique ou du Grand sympathique , qui fournit les nerfs des organes non soumis h la tolonté.

Le Système encèphalo-rachidien se compose , en principe , toujours d'un Cerveau ou Encéphale^ formé principalement d'une grosse paire de Ganglions placés , sans exception , près àt la bouche, an-dessus de TOEsophage , et en outre d'une série d'autres Ganglions situés par paires dans la partie inférieure de chacun des segments dont se compose le corps.

Dans chaque série, ces ganglions sont unis entre eux par on gros tronc nerveux ou Cordon de la fnoelle épinière; et ih sont en outre liés dans chaque paire par des commis* sures transversales, de manière à ne former qu'un tout.

Le cerveau étant placé au-dessus de l'œsophage, les deux premiers cordons de la moelle épinière embrassent latéra- Eftent ce dernier, en formant ce qu'on appelle le Collier de T Œsophage.

La partie terminale des cordons , placée au delà des derniers ganglions, se comporte comme les autres troncs nerveux , en se distribuant aux divers orgaùes de la partie postérieure du corps.

Cette double série de ganglions subit ensuite diverses modifications, tant pour le volume que pour le lieu que chaque poire occupe; modifications résultant de plusieurs Lois de relations auxquelles ce Système d'organes est soumis, et que j'ai âéfii fait connaître dans un autre ouvrage (1). Ces lois sont les suivantes :

PREMIÈRE LOL « Toutes les fois que le corps se compose de segments semblables , on trouve à la moelle épinière autant de paires de ganglions quil y a de sternums au corps (les sterettams ave les muscles qui se répètent avec eux), variant en

(t) Consid. génér. «ur VAnat, eomp. des Ànim. articulés, 1828.

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volume selon la masse des organes de la vie de réUuion que chaque segment contient , et suivant la plus ou moins grande activité de ces mêmes organes. >

» Ces gaDglioDs sont ordinairement placés au milieu des pièces sternales, le plus souvent à Tentrecroisement des axes des deux hanches.

» La longueur des cordons de la moelle épinière étant déterminée par la distance des paires de ganglions, elle est ici égale dans tous les segments. Les Scolopendres présentent un exemple de cette loi. »

DEUXIÈME LOL « Lorsque le tronc est composé de segments soit mobiles^ soit immobiles ^ soit même soi^déSj tandis que V abdomen est formé de segments bien mobiles y les paires de ganglions se répètent dans chaque segment de l'une et de C autre partie y ensuivant pour la grosseur la proportion des organes de la vie de relation renfermés dans chaque segment; et la longueur des cordons de la moelle épinière rentre dans les conditions de la loi précédente. Tel est le Système nerveux des Êcrevisses. »

TROISIÈME LOI. c Quand le tronc se trouve formé de segments soit mobiles , soit immobiles , soit soudés , mais distincts dans leur partie stemale , tandis que ceux de ï abdomen sont

immobiles et dépourvus inférieurement de muscles moteurs , les ganglions se répètent dans les segments du tronc seulement , comme dans le cas précédent; mais V abdomen n'en renferme points et reçoit ses nerfs de la dernière paire de ganglions du tronc , qui est alors pltM grosse que les autres. La partie terminale des cordons de la moelle épinière se prolonge jusque vers V extrémité de Vabdomen , où elle se distribue. Les Crabes en offrent un exemple. »

QUATRIÈME LOI. « Dans les espèces où le tronc est composé de segments entièrement réunis et confondus en un seul^ sans qu'il soit possible d'apercevoir aucune trace des sutures qui distinguent les diverses pièces sternales (alors les pattes rayonnant autour du sternum commun), et que Vabdomen

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